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Les Cahiers des ÉCO / Afrique

Les investissements dans les projets d’infrastructures portent la croissance camerounaise, très dépendante des matières premières.

Au Cameroun, la croissance de l’économie devrait reposer sur l’investissement dans les projets d’infrastructures. La mise en service du port en eau profonde de Kribi, la construction de trois barrages et la finalisation du deuxième pont sur le Wouri en sont les principales réalisations. Par ailleurs, le secteur gazier serait en voie d’expansion, du fait de l’avancement des champs gaziers offshore de Kribi. Cependant, cette industrie ne connaîtrait pas un développement uniforme, comme l’atteste l’annulation d’un autre projet d’usine de GNL. Le secteur primaire joue toujours un rôle important (20% du PIB en 2014) et tire des recettes non négligeables de son agriculture d’exportation (bois, cacao, banane, coton…). La production de cacao serait, pour sa part, moins importante en 2017 en raison de la sécheresse en 2016, au moment du semis. Ainsi, l’économie demeure fortement dépendante des aléas climatiques, malgré la douce reprise des cours mondiaux des produits de base en 2017 (à l’exception de ceux du cacao).

Croissance inclusive
Grâce à la découverte de nouveaux gisements et à la mise en œuvre de nouvelles technologies de forage, la production pétrolière s’est redressée, pour au moins quelques années. En mars 2017, les équipes du FMI ont engagé des échanges avec le Cameroun afin de mettre en œuvre un programme économique, appuyé par le fonds et visant, notamment, à dynamiser l’investissement privé, à soutenir une diversification de l’économie, rendre la croissance plus inclusive et améliorer l’environnement des affaires. L’inflation devrait augmenter en 2017, conséquence de la hausse des produits alimentaires (la sécheresse de 2016 affecterait les récoltes en 2017) et de celle des prix de l’énergie. Cependant, l’ancrage du franc CFA à l’euro continuera d’entretenir la stabilité des prix. En demeurant sous le seuil des 3%, celle-ci devrait soutenir la consommation des ménages, un des piliers de la croissance.

Dette publique
Le pays avait bénéficié d’un important allègement de dette en 2006 suite à l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE. En quelques années, il s’est cependant rapidement ré-endetté. Le rythme élevé de progression de l’endettement extérieur à des conditions de plus en plus onéreuses (notamment auprès de la Chine), conjugué au recours grandissant aux émissions obligataires sur le marché régional (dont la dernière date d’octobre 2016) pour financer les projets d’infrastructure expliquent ainsi la tendance haussière de la dette publique. En outre, la faiblesse de la performance financière des entreprises publiques pourrait engendrer des risques de dette latente pour l’État. En 2015, le risque pesant sur la dette externe est passé de «modéré» à «élevé», selon le FMI. Les échanges visant à la mise en place du plan économique triennale, débutés en mars 2017, s’attacheront notamment à retrouver une maîtrise de la trajectoire de la dette.


Fiche pays
Cameroun

Taille
23,1 millions de consommateurs

Monnaie
Franc CFA

PIB/Hbt
1.235 dollars

Croissance
4,2% (2016p.)

Région économique
Afrique Centrale

Note Coface
C

Doing business 2017
166e/189 


Montée des tensions avec la minorité anglophone

Le pays est dirigé par le président Paul Biya (83 ans), au pouvoir depuis 1982, et dont le sixième mandat court jusqu’en 2018. Le chef de l’État a su maintenir jusqu’ici un certain équilibre entre les différentes ethnies et communautés linguistiques. Cependant, depuis la fin du mois d’octobre, la minorité anglophone (au Nord-Ouest et au Sud-Ouest du pays) se mobilise pour exprimer son mécontentement face à la perception d’une marginalisation politique et économique croissante, au profit de la majorité francophone. Les manifestations pour faire entendre ces revendications ont néanmoins rapidement dégénéré. La réaction du gouvernement de Paul Biya - déploiement massif de policiers pour disperser les manifestants, arrestations musclées, incarcération des leaders du mouvement, poursuite des activistes pour rébellion, actions terroristes ainsi que des coupures d’internet dans les deux régions anglophones - alimente les tensions et ravive le malaise entre les deux communautés. Dans ce contexte, l’environnement des affaires resterait difficile, le pays se classant 166e sur 190 à la dernière édition du classement Doing Business

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