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Ruben Nizar, économiste de l’Afrique subsaharienne, Direction de la recherche économique chez Coface

Chez Coface, on estime que l’entrée probable du Maroc dans la CEDEAO est une bonne nouvelle pour le commerce intra-africain. Interview avec l’économiste Ruben Nizard qui se prononce également sur la présence économique du royaume au sud du Sahara.

Les Inspirations ÉCO : Que pensez-vous de l’adhésion probable du Maroc à la CEDEAO et peut-être à l’OHADA par la suite ?
Ruben Nizard : Compte tenu des liens qui unissent déjà l’Afrique de l’Ouest et le Maroc, l’adhésion à la CEDEAO et éventuellement à l’OHADA paraît logique et constitue une opportunité de renforcer ce partenariat. L’adhésion du Maroc à la CEDEAO pourrait éventuellement permettre de dynamiser le commerce intra-régional mais aussi de rééquilibrer les puissances économiques au sein du groupe où aujourd’hui le Nigéria pèse plus de 75% du PIB de la zone qui compte 15 pays. Il y aura néanmoins des difficultés ; notamment la question sahraouie qui demeure un point de débat avec certains pays de la CEDEAO dont le Nigéria.

Après l’Afrique de l’Est,  le Maroc doit-il se lancer en Afrique australe anglophone malgré les divergences politiques avec les pays de cette sous-région ?
La question politique demeure également un frein au développement des relations avec l’Afrique australe, Afrique du Sud en tête. La concurrence de cette dernière dans la région reste également un obstacle à l’implantation marocaine en Afrique australe. Néanmoins, compte tenu de la faible base de coopération entre ces deux entités, un engagement plus dynamique entre le royaume et cette région n’est toutefois pas à exclure.

Quel regard portez-vous sur la percée du Maroc dans les économies africaines ?
En regardant de plus près les données sur les échanges entre le royaume et l’Afrique subsaharienne, plusieurs constats s’imposent. Le premier est effectivement celui de l’augmentation des flux commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne depuis la crise de 2008. Ils ont ainsi enregistré une croissance moyenne de 9% au cours de ces 8 dernières années. Néanmoins, la part de ces échanges dans le total des échanges commerciaux du Maroc avec le monde reste faible ; elle n’était que de 3% en 2016. L’autre élément à prendre en compte est que la relation est particulièrement développée avec les pays d’Afrique de l’Ouest (près de 60% des échanges commerciaux avec l’Afrique subsaharienne). Si les échanges commerciaux avec l’Afrique de l’Est ont augmenté plus rapidement sur la période, ils ne représentent pas plus de 16% du total des échanges entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne, à peine plus que l’Afrique Centrale (12%) et l’Afrique australe (13%). Les flux d’investissements dépeignent également une domination des liens avec l’Afrique de l’Ouest, suivie par l’Afrique de l’Est. Néanmoins, à la différence des flux commerciaux, le poids des flux d’investissements prenant la direction de l’Afrique subsaharienne dans le total des investissements marocains est relativement élevé (entre 40% et 50%).

Quelles sont les perspectives économiques pour les économies africaines en 2018 ?
En 2018, la croissance en Afrique subsaharienne devrait confirmer une reprise, déjà entrevue en 2017 après une année 2016 qui a été, au niveau régional, l’année de progression la plus faible depuis plus de 20 ans. Après une progression de 1,3% en 2016, Coface prévoit 2,7% en 2017, puis 3,3% de croissance l’année prochaine. Ce dernier chiffre de croissance reste néanmoins modeste, bien loin des 5% de croissance annuelle de la région sur la première moitié de notre décennie. Ce chiffre plus bas s’explique, en partie, par une reprise inégale sur le continent. Plus particulièrement, la croissance sera tirée vers le bas par les trois plus grandes économies d’Afrique subsaharienne - le Nigéria (2%), l’Afrique du Sud (1,2%) et l’Angola (1,5%) - pour lesquelles la croissance restera faible. Les pays producteurs de minerais et métaux sont, eux, convalescents mais connaissent globalement une reprise un peu plus vigoureuse. Les économies qui ont connu des rythmes de croissance très élevés ces dernières années, l'Éthiopie et la Côte d’Ivoire par exemple, ne devraient pas voir leurs dynamiques interrompues, en dépit d’une plus grande prudence dans la dépense publique. 

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