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Proposée par la société Exochems, cette solution serait capable de faire disparaître ces jus de poubelles abondamment stockés dans les 17 décharges contrôlées en service dans le royaume. Comment ? Les détails sur le mode opératoire.

 C'est enfin un soulagement ! Les lixiviats, ces jus de poubelles abondants au Maroc ont désormais une solution toute faite de traitement pour les faire disparaître ! Proposée par la société Exochems, ladite solution serait même capable de faire disparaître tout le stock actuellement recensé dans les bassins édifiés au sein des 17 décharges en service et contrôlées dans le royaume, et ceci en l’espace d’une année et demie. Selon Sylvia Pariente-Salama, pdg du Groupe Exochems, qui a présenté la solution le 12 septembre dernier à Agadir, en marge du 2e sommet mondial Climate Chance des acteurs non-étatiques, «nous avons besoin exactement de 18 mois pour dérouler notre plan 0 lixiviats. Nous sommes capables en effet de le lancer simultanément dans les bassins de lixiviats sur tout le territoire national et au bout de cette durée, on ne parlera plus de ce jus nauséabond qui engendre des conséquences désastreuses sur les sols en général et la nappe phréatique en particulier dans notre pays».

Plusieurs avantages
Disons qu’il ne sera plus nécessaire de disposer de plus d’un bassin de stockage dans chacune des décharges concernées. «Le lixiviat sera traité sur place au quotidien et les nuisances olfactives qui en proviennent seront complètement traitées», explique la pdg d’Exochems qui ajoute qu’il y a bien d’autres avantages après traitement, à savoir que les communes ne penseront plus à investir dans des bassins de stockage supplémentaires ; le foncier précédemment occupé par les bassins sera ainsi libéré pour être valorisé ; les sociétés délégataires seront définitivement épargnées du tournis causé par ce résidu ; et les populations riveraines des décharges pourront vivre dans un environnement plus sain, loin des risques sanitaires qu’elles encouraient chaque jour en présence des bassins de lixiviats. «économique et simple à mettre en œuvre», la solution d’Exochems est un procédé biologique qui est déployé dans les bassins de stockage de lixiviats et dans les boues des stations d’épuration. Elle repose sur le travail de micro-organismes (bactéries) de classe 1 et 100% éco-compatibles qui, non seulement s’attaquent directement à la cause des nuisances olfactives, mais également permettent une triple action sur la fermentation des matières. Ces bactéries, qui sont injectées dans les bassins ou les stations d’épuration, commencent en effet par déstabiliser l’écosystème responsable des nuisances olfactives notamment en le modifiant ; ensuite elles détruisent les molécules longues qui caractérisent les eaux usées lourdement chargées ; et enfin transforment les gaz (NH4+, NH3, H2S) en protéines (azote organique). Autrement dit, les bactéries injectées dans les bassins absorbent toutes les matières organiques contenues dans le lixiviat; ensuite elles meurent puis grâce à l’oxygène dissous dans les bassins, elles sont détruites et homogénéisées avec l’eau résiduelle qui devenue légère s’évapore facilement sous l’effet des rayons solaires ou de dispositifs artificiels d’évaporation.

Un mode opératoire simple
Quel que soit le client, le mode opératoire proposé par Exochems porte en fait sur sept étapes distinctes : l’étude et l’analyse des matières à traiter ; le dimensionnement des besoins (micro-organismes et matériels adéquats) ; l’adaptation du complexe bactérien propriétaire en fonction des types de matières à traiter ; la mise en production et livraison du complexe bactérien propriétaire et du matériel nécessaire à la réalisation de la prestation ; la formation des équipes clients pour accompagner le traitement ; l’assistance dans la mise en traitement, notamment la définition du mode d’ensemencement des bassins en fonction du volume à traiter, la fourniture et le suivi de la pose des systèmes d’apport d’oxygène dissous et le suivi des performances, les rapports périodiques des différents traitements en cours et la livraison de fin de chantier. «Notre équipe est présente durant toute la durée de traitement. C’est l’occasion pour nous de former les techniciens de la décharge afin qu’ils puissent prendre la relève, notamment en s’occupant correctement du matériel qui devient propriété de la décharge», explique Sylvia Pariente-Salama qui, à la question que nous lui avons posée sur le prix du m3 de lixiviat traité, a répondu que «l’investissement moyen pour la construction d’un bassin de lixiviats de 10.000 m3 est de l’ordre de 1,2 MDH. Pour traiter la même superficie et faire disparaître 50% du lixiviat, cela coûte 250.000 DH». Faites votre calcul et vous trouverez, sans doute, la même chose que nous, c’est-à-dire que pour traiter complètement un bassin de 10.000 m3 de lixiviats et le faire disparaître, il faut payer 500.000 DH. D’ailleurs, Exochems compte déjà parmi ces clients Pizzorno, qui gère la décharge d’Oum Azza à Rabat, Suez qui est à Meknès, Ecomed à Marrakech, sans oublier Mohammédia, Agadir et bientôt Casablanca où son équipe a réussi un test dans la décharge de Médiouna. Malgré ces succès, la patronne d’Exochems reconnaît que le marché demeure quand même très difficile. Les exploitants des décharges ont du mal à concrétiser. Et selon elle, il faut une réelle volonté politique pour venir à bout des bassins de lixiviats dans le royaume. «Il faut l’alignement du ministère de l’Intérieur, du wali, du gouverneur et de la commune», explique-t-elle, pour que les décisionnaires s’engagent enfin dans cette solution salutaire face aux lixiviats.

Un marché local difficile
En fait, la tâche n’est pas du tout facile. En effet, même si les sociétés délégataires qui exploitent actuellement les 17 décharges contrôlées en service dans le royaume ont été obligées de se soumettre à une nouvelle obligation qui les intime à séparer les lixiviats des éléments solides pour les traiter à part, peu d’entre elles sont allées au-delà, notamment en franchissant le pas du traitement de ces lixiviats. C’est simple, l’opération de traitement à un coût et ce coût n’a malheureusement pas été prévu dans la plupart des contrats signés suite à l’attribution des marchés d’exploitation des décharges. Les cahiers des charges des appels d’offres élaborés par les communes pour attribuer ces marchés de traitement de déchets ménagers n’avaient également rien prévu à ce propos. Du coup, c’est l’impasse ! Même certains délégataires qui voulaient surfer sur ce changement de réglementation pour pouvoir renégocier leur contrat n’ont rien pu faire. Elles en appellent encore au département chargé du Développement durable qui a introduit cette nouvelle mise en conformité des décharges pour les appuyer…en vain. Rappelons que ladite réglementation fait partie des recommandations de l’étude portant sur la conception de la NAMA «Traitement mécano-biologique - TMB - accouplé à la co-incinération», validée par le ministère de l’Énergie, des mines et du développement durable.

Cette étude a été réalisée par le département de l’Environnement du ministère de l’Énergie, des mines et du développement durable avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Lancée dans le cadre de la mise en œuvre du projet de «Renforcement des capacités sur les faibles émissions au Maroc (Low Emissions Capacity Building)», elle visait à réaménager la stratégie d’atténuation des émissions des gaz à effet de serre du secteur des déchets ménagers. Plus concrètement, l’objectif de cette NAMA consistait en un traitement permettant de réduire les déchets à enfouir dans les décharges mais également de produire une panoplie de produits, notamment le compost, les matières recyclées, les combustibles de substitution, etc. La production de combustibles de substitution permet de limiter le tonnage des déchets dans les décharges et de produire des combustibles ayant les mêmes caractéristiques que les combustibles usuels. Le traitement mécano-biologique des déchets (TMB) en question regroupe différents procédés de traitement des déchets ménagers qui associent des traitements mécaniques comme le criblage ou le broyage à des traitements biologiques. Les produits valorisables dépendent des techniques utilisées : matières recyclables, compost, biogaz et combustible de substitution. La fraction stabilisée biologiquement sera mise en décharge. Le procédé MBT accouplé à la co-incinération consiste en la réalisation de plusieurs opérations : tri mécanique et broyage ; opérations biologiques avec séchage aérobique qui transforment la fraction fermentescible en déchets à pouvoir calorifique ou en produits «stabilisés» pouvant être enfouis en décharge. Le combustible produit connu sous le nom de combustible de substitution (RDF : Residual Derived Fuel) est destiné à être valorisé énergétiquement dans les fours à ciment, ce qui explique l’intérêt du leader du secteur de la cimenterie au Maroc, qui s’est lancé dans une opération de gestion de la décharge d’Oum Azza à Rabat (Voir les Inspirations ÉCO).

Un déploiement en Afrique
En attendant, l’intégration de cette nouvelle solution dans le dispositif de traitement des déchets ménagers, Exochems est parvenue à se déployer hors des frontières nationales. Notamment en Afrique où il opère déjà au Gabon, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et en République centrafricaine. «Les aventures africaines sont extrêmement gratifiantes. Elles nous emplissent d’humanité», a déclaré Sylvia Pariente-Salama.  

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