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Le Maroc s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à 30% à l'horizon 2030. Aujourd’hui, de plus en plus d'entreprises prennent conscience de la notion de Responsabilité climatique des entreprises (RCE) et font leur bilan carbone. Cependant, certaines se posent encore des questions.

La Chambre de commerce suisse au Maroc (CCSM) s’invite dans le débat de la responsabilité climatique de l’entreprise. Conduit par son président, Mehdi Benzaari, le staff dirigeant de la Chambre a en effet organisé une conférence-débat très instructive sur le thème : «Environnement et responsabilité climatique de l’entreprise», le 22 juin à Casablanca. Y étaient notamment conviés autour de l’invité principal Said Mouline, directeur général de l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE) et président de la Commission climat et économie verte à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Tahra Al Abaddan, responsable de financement de projets à Attijariwafa bank, Bouchra Nakara, directeur environnement du Groupe OCP, Salim Hassar, directeur marketing de Sika Maroc et Mohamed Labraimi, directeur ingénierie de Nareva Holding.

De plus en plus d'entreprises prennent conscience de la RCE
Dans son mot de bienvenue, le président de la CCSM a situé le contexte dans lequel s’inscrit cette rencontre, notamment «l'engagement du Maroc à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à 30% à l'horizon 2030 où de plus en plus d'entreprises prennent conscience de la Responsabilité climatique des entreprises (RCE) et font leur bilan carbone». Cependant, a-t-il poursuivi, si certaines ont déjà franchi le pas, beaucoup d’autres se demandent encore comment elles peuvent connaître leurs émissions ? Quelles sont les actions qu’elles doivent mener pour réduire l'impact des émissions de gaz à effet de serre (GES) et lutter contre le changement climatique ? Le directeur général de l’AMEE a quant à lui campé le décor en confirmant qu’effectivement, de plus en plus d’entreprises s’engagent dans une démarche bas-carbone. Selon lui, c’est parce qu’elles ont finalement compris qu’il y a des gains écologiques, mais également économique et sociaux à engranger au bout de la chaîne de valeur de la transition énergétique. C’est pourquoi, la CGEM mise beaucoup sur la sensibilisation, a-t-il expliqué.

La CGEM mise sur la sensibilisation
À ce sujet, d’ailleurs, le patronat organise un forum «Entreprises climat Maroc», le 6 juillet prochain à Casablanca. À cette occasion, promet Said Mouline, il y aura plusieurs nouveautés. En plus de la diffusion du guide destiné aux entreprises pour leur permettre de se situer par rapport au changement climatique, plusieurs entreprises membres de la corporation patronale viendront présenter leurs expériences qui, à coup sûr, feront des émules. Les grandes lignes d’une étude sur le secteur privé marocain face aux défis/opportunités liés au changement climatique (CC) y seront également présentées. Sans oublier l’expertise et les financements que la CGEM est parvenue à mobiliser grâce notamment à des partenariats noués avec plusieurs institutions nationales et internationales pour accompagner la mise en œuvre de l’Initiative entreprises climat Maroc (IECM). En attendant ce rendez-vous, il faut savoir qu’«en matière de finance climat, le Maroc a un vrai potentiel», souligne Tahra Al Abaddan d’Attijariwafa bank.

Finance climat : le Maroc a du potentiel
Sur les fonds climatiques approuvés pour la région MENA par pays entre 2003 et 2016, le Maroc a en effet frôlé la barre des 650 millions de dollars US (environ 6,5 MMDH) contre loin derrière en seconde position l’Égypte avec 200 millions de dollars US, le Yemen (50 millions de dollars), Djibouti (30 millions de dollars), etc. S’agissant des instruments de la finance climat à destination des PME/TPE au Maroc, Al Abaddan a présenté les fonds, lignes et programmes gérés par le groupe Attijariwafa bank. Comme fonds, il y a notamment le FODEP (Fonds de dépollution industrielle) dont l’objet est de soutenir des investissements de dépollution ou d’économie de ressources à travers un don pouvant atteindre 40% du programme d’investissement plafonné à 15 MDH par projet. Comme programme, il y a celui de Maroc PME qui vise à accompagner les PME dans leur démarche de modernisation et d'amélioration de leur compétitivité qui couvre également le développement durable notamment l’optimisation énergétique et la gestion environnementale. C’est précisément d’un don pouvant atteindre entre 60 et 80% des prestations de conseil TTC, plafonné à 100.000 DH. Comme ligne de financement, la représentante d’Attijariwfa bank a présenté la ligne Morseff, laquelle est un financement bancaire de l’énergie durable destinée aux entreprises privées pouvant atteindre 100% du programme d’investissement plafonné à 50 MDH avec une subvention pouvant atteindre 10% du programme d’investissement. Néanmoins, seuls sont éligibles à Morseff les programmes d’investissement permettant de réaliser une économie d’énergie de plus de 20% ou une réduction des émissions de CO2 supérieure à 20%. Al Abaddan a également présenté deux lignes de co-financement auxquelles les entreprises engagées dans la transition énergétique peuvent recourir. Selon la responsable projets d’Attijariwafa bank, le problème du financement ne se pose pas vraiment au Maroc puisqu’à côté de ces instruments, il existe plusieurs autres sources de financement climatique au Maroc. En plus des agences de développement et institutions multilatérales, figurent les green bonds auxquels Masen et la BCP qui ont recouru l’année dernière, et récemment la Société d’investissement énergétique (SIE), le Fonds Capital Carbone, le Clean Technology Fund, etc.

L’OCP et son empreinte carbone
Dans le registre des entreprises venues présenter leur stratégie bas-carbone, figurait notamment l’OCP dont le principal engagement porte sur la réduction des GES par l’amélioration de l’efficacité énergétique et le recours aux énergies alternatives. La démarche mise en place consiste précisément à suivre l’évolution de l’empreinte carbone dans le temps et le long de la chaîne de valeur, notamment en cherchant à comprendre comment les activités du groupe ont une incidence sur celle-ci et identifier les gisements de réduction tandis que sont à définir des actions d’atténuation et d’adaptation, et qu'il reste à quantifier les réductions d’émissions de GES associées à ces actions. Selon Bouchra Nakara, OCP suit l’évolution de son empreinte carbone depuis 2007 à travers le référentiel de calcul ISO 14064-1. Et le périmètre de calcul des émissions de GES comprend les complexes industriels de Jorf Lasfar et de Safi, les sites miniers de Khouribga et Gantour, la filiale Phosboucraâ et le siège à Casablanca. L’empreinte carbone 2014 a été vérifiée suivant la norme ISO 14 064 par l’organisme certificateur agréé GUTcert, représentant d’AFNOR. Aujourd’hui, les empreintes carbone 2015 et 2016 sont en cours de vérification par le même organisme. 


Said Mouline
Directeur général de l’AMEE et président de la Commission climat et économie verte à la CGEM.

Vous savez au niveau mondial, l’efficacité énergétique représente 14% des investissements qui sont opérés dans le cadre de la transition énergétique. Et vous savez quoi, cet élan va aller crescendo y compris ici au Maroc, puisque les entreprises ont compris qu’elles ont beaucoup à gagner en faisant le saut. D’ailleurs, nous présenterons des success stories lors du forum Entreprises climat Maroc que la CGEM organise le 6 juillet 2017 à Casablanca».

Mehdi Benzaari
Président de la Chambre de commerce suisse au Maroc et directeur général de SGS Maroc

 Une démarche bas-carbone n’est jamais réduite ou insignifiante ! L’essentiel est de s’engager sur cette voie qui peut revêtir plusieurs formes. Par exemple, chez nous à SGS Maroc, le statut de Directeur -on en a quatre- ne se reconnaît plus par la longueur et la grosseur de la voiture de fonction mais plutôt par le taux d’émission de cette dernière».

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