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Après la déclaration de Donald Trump de sortir les États-Unis de l’Accord de Paris, les réactions ont fusé des quatre coins de la planète, dans la sphère politique mais aussi économique, entre stupeur, colère et effarement. Les détails.

Jeudi  1er juin, Donald Trump, le président des États-Unis d’Amérique a pris tout le monde de court en annonçant la sortie de son pays de l’Accord de Paris, qui compte donc désormais 194 pays signataires. Pour justifier sa décision, l’homme d’affaires président a invoqué trois principales raisons : la première d’entre elles est de tenir sa promesse de campagne électorale, la seconde consiste à préserver 2 millions d’emplois dans les industries du charbon, du gaz et de l’automobile, tandis que la dernière est de renégocier un accord plus favorable pour son pays qui, rappelons-le, est le deuxième plus grand pollueur au monde derrière la Chine avec 14% des émissions de gaz à effet de serre. C’est donc naturellement, que tout de suite après sa déclaration, les réactions ont fusé des quatre coins de la planète, dans la sphère politique mais aussi économique, entre stupeur, colère et effarement. La réponse cinglante des Européens ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué commun, Berlin, Paris et Rome ont dit «regretter cette décision» avant de souligner que l’accord ne pouvait en aucun cas être renégocié.

«L’Accord de Paris durera. Le monde peut continuer à compter sur l’Europe», a martelé le commissaire européen à l’Action pour le climat, Miguel Arias Canete. Emmanuel Macron s’est adressé aux Américains en appelant à «rendre sa grandeur à notre planète» («Make our planet great again» ), paraphrasant le slogan de Donald Trump. Dans une déclaration prononcée depuis l’Élysée, d’abord en français, puis en anglais, le président de la République française fraîchement élu a déclaré que «nous partageons tous la même responsabilité» pour la planète. Il a également accusé le président américain d’avoir commis «une faute pour l’avenir de notre planète» car «il n’y a pas de planète B». La France «ne négociera pas d’accord moins ambitieux» pour lutter contre le réchauffement climatique, a-t-il ajouté. Ségolène Royal, présidente de la Cop21 et ancienne ministre de l'Environnement, a dénoncé «le coup de bluff» du président américain Donald Trump. «On n'a pas le droit de prendre en otage un travail collectif en faisant un coup de bluff.

L'Accord de Paris n'autorise pas la sortie unilatérale d'un pays. Juridiquement cela n'a pas d'impact», a-t-elle déclaré. Ségolène Royal a, par ailleurs, estimé que la décision du président américain va se retourner contre les États-Unis, qui «se portent préjudice à eux-mêmes». Laurent Fabius, qui avait présidé la COP21, a, lui aussi, dénoncé «une faute honteuse et une erreur majeure», soutenue par «un lot de mensonges». Le premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen a, pour sa part, déploré une «triste journée pour le monde». Barack Obama a amèrement regretté l’arbitrage de son successeur : «J’estime que les États-Unis devraient se trouver à l’avant-garde. Mais même en l’absence de leadership américain ; même si cette administration se joint à une petite poignée de pays qui rejettent l’avenir ; je suis certain que nos États, villes et entreprises seront à la hauteur et en feront encore plus pour protéger notre planète pour les générations futures». Le ministre de l’Environnement indien, Harsh Vardhan, a déclaré vendredi que son pays reste engagé dans l’Accord de Paris «quelle que soit la position d’autres, n'importe où dans le monde». Lors du sommet qui les a réuni les 1er et 2 juin à Bruxelles, la Chine et l’UE ont déclaré leur détermination à «avancer sur des politiques et mesures» nécessaires pour l’application concrète des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris. Quant à Vladimir Poutine, il s’est refusé à condamner Donald Trump, appelant à un «travail en commun» avec lui pour arriver à un accord. «Je ne jugerais pas Obama, oh je veux dire Trump, pour la décision qu’il a prise», a déclaré le président russe lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg.

Le président de la COP22, Salaheddine Mezouar, a exprimé «sa profonde déception» suite à la décision de retrait des États-Unis d'Amérique de l'Accord de Paris sur le climat, accord historique fruit d'une collaboration de longue haleine entre toutes les parties prenantes.

Dans un communiqué de la présidence de la COP22, Mezouar a souligné que «malgré cette décision, la dynamique de l'action climatique reste indéniable et irréversible», ajoutant que «les efforts collectifs de lutte contre le changement climatique ne s'arrêtent pas là, pas aujourd'hui, bien au contraire». «Les nations du monde, les acteurs étatiques et non étatiques, gouvernements, société civile, entreprises, ONG, villes ou universités sont déjà pleinement engagés dans la transition vers un futur propre et durable, riche en emplois et en opportunités économiques, tout en étant respectueux de l’environnement», a affirmé le président de la COP22. «Nous garderons notre esprit d’ambition et de collaboration et poursuivrons nos efforts pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris, confirmé dans la proclamation de Marrakech», a-t-il dit. Avant de conclure que «nous réaffirmons notre engagement plus fort que jamais et poursuivrons notre action collective en faveur du climat et du développement durable, particulièrement pour les plus vulnérables. Le futur de nos enfants et de notre planète en dépend». En réaction à la décision de Trump, de nombreuses figures du monde économique ont également affiché leur déception et affirmé leur engagement à poursuivre la lutte contre le réchauffement climatique.

Le patron de General Electric, Jeff Immelt, s’est dit «déçu». «Le changement climatique est une réalité. L’industrie doit montrer l’exemple et ne pas être dépendante du gouvernement». Elon Musk, le très médiatique PDG du constructeur de voitures électriques Tesla et ardent défenseur des énergies renouvelables, a immédiatement annoncé qu’il quittait les différents cénacles de grands patrons conseillant Donald Trump. «Le changement climatique est réel. quitter Paris n’est pas bon pour l’Amérique et le monde», a-t-il tweeté. Bob Iger, le PDG de Disney, lui a emboîté le pas. Lloyd Blankfein, le PDG de la banque d’affaires Goldman Sachs, a également jugé que le retrait des États-Unis était un «revers» pour l’environnement et «pour le leadership des États-Unis dans lemonde». En réalité, selon le journaliste Jacques Cardoze, correspondant de France Télévisions aux États-Unis, le président Donald Trump a fait ce choix, «tout simplement pour des questions de politique intérieure.

Donald Trump est très mal en point avec l'enquête sur ses liens avec la Russie et il ne peut pas se permettre de se mettre à dos la majorité républicaine. À travers cette décision, il conforte également sa base au sein de son électorat, car c'est ici que l'on trouve le plus de climato-sceptiques». Sur la question des emplois, le journaliste ajoute que «Trump entend préserver, grâce au refus de cet accord, deux millions d'emplois. Évidemment, ça se discute, mais c'est intellectuellement faux d'une certaine façon car c'est faire fi des millions d'emplois qui sont à créer dans les énergies renouvelables. Et les entreprises américaines n'ont pas besoin de Donald Trump pour créer ces emplois». Quelles sont les conséquences économiques de cette décision de Trump ? Nous y reviendrons dans notre prochaine livraison.

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