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14-12-2017 12:05

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L’objectif de la rencontre, organisée la semaine dernière par le Secrétariat d’État au développement durable est de mobiliser au plus vite toutes les parties prenantes locales dans la lutte contre le changement climatique pour élaborer rapidement la feuille de route nationale. Une feuille de route intégrée où sont notamment définies les responsabilités de chacune des parties ainsi que la coordination entre elles.

La semaine dernière, le département de Nezha El Ouafi a organisé une conférence sur «l’Action climat post-COP22». L’événement s’est notamment déroulé à Rabat sous la présidence du chef de gouvernement, Saâdeddine El Othmani, qui a mobilisé une forte assistance constituée d’acteurs gouvernementaux, du secteur privé et des territoires. Son objectif était d’examiner les voies et moyens pour mettre en œuvre l’agenda élaboré lors de la COP22, tenue à Marrakech du 8 au 18 novembre dernier. Plus concrètement, il s’agissait de mobiliser au plus vite toutes les parties prenantes locales dans la lutte contre le changement climatique pour élaborer rapidement la feuille de route nationale. Une feuille de route intégrée où sont notamment définis et délimités les rôles et les responsabilités de chacune des parties ainsi que la coordination entre elles. C’est ainsi que dès l’ouverture, le premier ministre a annoncé la couleur en déclarant dans son allocution que son «équipe gouvernementale s’engage à prendre toutes les dispositions nécessaires pour la mise en œuvre des programmes prévus dans le cadre de la stratégie nationale de développement durable et le suivi de tous les projets qui s’y rapportent».

D’ailleurs, «cette stratégie nationale du développement durable sera adoptée dans les toutes prochaines semaines», a tout de suite renchéri Nezha El Ouafi, après le discours du chef du gouvernement, rappelant ainsi l’urgence d’agir sur ce dossier. Avant d’ajouter que «c’est une démarche qui vise à doter le royaume d’un outil lui permettant à la fois de mettre en œuvre les fondements d’une économie verte et inclusive et de répondre à ses engagements nationaux et internationaux en matière de lutte contre le changement climatique». Selon toute vraisemblance, le document en cours de finalisation auprès du Secrétariat d’État au développement durable, qui fera donc office de stratégie nationale de développement durable, reprend les principaux éléments du plan de développement résilient au climat du Maroc. Dans ce plan déjà élaboré par les autorités compétentes, rappelons-le, les contributions de tous les secteurs sont déjà déterminées à travers 55 programmes et mesures devant mener le royaume à une réduction de 42% de ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030.

Nouvelles orientations
Le coût global de sa mise en œuvre est estimé à 50 milliards de dollars. Pour financer la première moitié de ce montant, le Maroc compte sur la mobilisation de ressources domestiques tandis que pour l’autre moitié, le royaume compte sur les bailleurs de fonds internationaux de la finance climat, notamment sur le Fonds vert qui, comme on le sait, devra être alimenté à hauteur de 100 milliards de dollars chaque année jusqu’en 2020, date projetée de son entrée en service. Alors, pourquoi cette énième conférence sur «l’Action climat post-COP22»? C’est parce que la donne a «un peu changé» au niveau international. En effet, selon une source proche du dossier, qui a gardé l’anonymat, «depuis sa participation aux négociations de Bonn, qui se sont déroulées du 8 au 18 mai dernier, la Secrétaire d’État au développement durable s’est rendu compte qu’il y a urgence à élaborer rapidement la feuille de route du Maroc, précisément en intégrant les acteurs non étatiques». Autrement dit, il semblerait que les signaux envoyés par les ministres du G20 sont depuis devenus les nouvelles orientations auxquelles il va falloir maintenant se fier en matière de finance climat. Pour rappel, lors de cette réunion, les ministres des 20 premières puissances mondiales avaient explicitement choisi de dédier le Fonds vert au financement du secteur privé, ce qui est somme toute un message très inquiétant pour les États dont le Maroc qui compte sur ces appuis financiers internationaux pour réduire 25% de ses émissions de GES à l’horizon 2030. Aussi, pour chercher à contourner cette tendance qui s’apparente de plus en plus à «une mesure» qui ne fait pas du tout l’affaire des États dans leurs efforts de lutte contre le réchauffement climatique, le Maroc cherche à mobiliser davantage les acteurs non-étatiques à qui la parole a été donnée pour la première fois lors de la COP22, tenue en novembre dernier ici à Marrakech.

Parmi eux, heureusement, le secteur privé et les collectivités locales se sentent particulièrement investis d’une mission. En effet, comme l’a souligné, Meriem Bensalah Chaqroun, présidente de la CGEM, «le rôle du privé est déterminant dans la lutte contre le réchauffement climatique». Toutefois, pour réussir la transformation progressive de l’économie marocaine en une économie décarbonisée, les entreprises ont besoin d’adapter leurs outils de production, ce qui requiert de lourds investissements.

Dépendance
Bien entendu, dans l’actuel contexte, l’État n’a pas du tout les moyens de subvenir à ces besoins en équipements industriels. D’ailleurs, la patronne des patrons l’a bien compris. Dès lors, elle a clairement affiché la couleur en affirmant que «les entreprises ne veulent pas être financièrement dépendantes de l’État». Par contre, elles sont prêtes à accompagner les actions d’adaptation des pouvoirs publics à travers leur propre cadre, en l’occurrence l’Initiative entreprises climat Maroc (IECM) qu’elles sont en train de dérouler.

Du côté des territoires, Mohand Laensar, le président de l’Association des présidents de régions, se réjouit enfin de la main tendue des pouvoirs publics. «Écoutez, cette main tendue du gouvernement est une chose que nous attendions depuis longtemps. Nous voulions en effet que les territoires soient reconnus dans toute leur plénitude. Maintenant que c’est chose faite, nous allons rencontrer le chef du gouvernement, mais également les ministres de l’Intérieur et de l'Économie et des finances au cours de cet automne», a-t-il déclaré. Laensar précise que c’est à l’issue de la rencontre de ces partenaires que la feuille de route des régions pour la lutte contre le changement climatique sera définitivement balisée. Pour l’heure, il avance que 60% des Plans de développement régionaux (PDR) concerneront des projets de développement durable.

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