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En plus de la Stratégie nationale de développement durable qui vise la création de 250.000 emplois à l’horizon 2020, le Plan marocain de développement résilient au climat a été présenté au public lors de la 2e édition du Forum des métiers verts. Ce plan offre un énorme gisement d’emplois verts à pourvoir d’ici 2030. Les détails.

Et de deux pour le Forum des métiers verts ! Comme prévu, l’événement a eu lieu le mardi 16 mai à Rabat, en présence d’une forte assistance majoritairement composée d’étudiants, de chercheurs d’emplois et de porteurs de projets. Après l’allocution d’ouverture de Sidi Mohammed Lamghari, directeur du forum et de la publication de la revue Énergies et environnement, organisatrice de l'événement, le ton a été tout de suite donné par Said Mouline, directeur de l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE). «Le Forum des métiers verts a de beaux jours devant lui.

En effet, on ne connaît pas encore exactement les ¾ des métiers et des postes à pouvoir d’ici 2030, ce qui veut dire que le forum a un important rôle à jouer d’ici cette échéance», a-t-il déclaré. Et d’ajouter qu’entre-temps, le Maroc se dote progressivement d’un savoir-faire qui peut être exporté vers les pays d’Afrique subsaharienne. Le directeur de l’AMEE veut notamment parler des compétences acquises et en cours d’acquisition dans les domaines de l’énergie solaire et de l’efficacité énergétique. En effet, plusieurs nouveaux emplois y ont vu le jour pour accompagner l’installation et la maintenance des centrales solaires de Ouarzazate, mais également pour l’application de la réglementation thermique dans le bâtiment (RTBM). Succédant à Mouline, Mohamed Benyahia, directeur de la communication, du partenariat et de la coopération au Secrétariat d’État au développement durable, a présenté le programme Cleantech pour l’innovation et les métiers verts, dont l’objectif est d’accompagner la Stratégie nationale de développement durable qui vise la création de 250.000 emplois à l’horizon 2020.

À cet effet, cette compétition s’adresse aux porteurs de projets, auto-entrepreneurs, startups, TPE et PME ayant des projets innovants dans les domaines de la valorisation des déchets, l’utilisation rationnelle de l’eau, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les bâtiments verts. C’est une déclinaison nationale du Programme global d’innovation en technologies propres (Global Cleantech Innovation Program/GCIP), basée sur une initiative mondiale de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), visant la promotion de l’innovation en matière de technologies propres et la création d’emplois verts. Les lauréats de la compétition bénéficient d’une dotation financière et d’un accompagnement technique ciblé (formation, coaching, mentoring, etc.) destinés à les propulser sur le marché. Lors de la 1re édition de Cleantech Maroc, organisée en marge de la COP22, 6 projets innovants portés par des startups ont été récompensés.

D’ailleurs, le lauréat du «Grand Prix Cleantech Maroc» a été primé à 2 reprises lors de la Cleantech Week 2017 à San Francisco, le rendez-vous mondial des startups cleantech. Cette année, le deuxième appel à projets, lancé dans le cadre de cette compétition, vient d’être clôturé. Au total, 218 candidatures ont été reçues. Se succédant à lui-même, notamment dans le premier panel autour du thème «COP22: six mois après, quel impact sur les métiers verts au Maroc», Benyahia, qui était responsable du pôle side events lors de la COP, s’est fait un plaisir de planter le décor.

Selon lui, le Maroc a déjà élaboré son plan de développement résilient au climat où les contributions de tous les secteurs sont déterminées à travers 55 programmes et mesures devant le mener à une réduction de 42% de ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030. Le coût de la mise en œuvre de ce plan est estimé à 50 milliards de dollars. La première moitié devra être financée à travers des ressources domestiques et l’autre par le biais de la finance climat, notamment le Fonds vert qui devra être alimenté à hauteur de 100 milliards de dollars chaque année jusqu’en 2020, date de son entrée en service. «Même si les signaux perçus à travers la récente réunion des ministres du G20 ne sont pas très favorables pour les États, voici en réalité comment la problématique est actuellement posée dans le dossier de la lutte contre le changement climatique au Maroc ». En attendant la réunion des chefs d’État du G20, Benyahia veut dire que les ministres ont explicitement choisi de dédier le Fonds vert au financement du secteur privé, ce qui rendrait la situation des États encore plus problématique. D’autant plus qu’en prenant en charge la moitié des dépenses requises par son plan, le Maroc ne parviendra en fait qu’à réduire de 17% ses émissions de GES contre 25% avec les financements internationaux. Ceci étant, la communauté internationale est «théoriquement prête» à financer des projets technologiques, de renforcement de capacité, etc. dans le cadre de programmes déjà existants, comme le Plan national d’assainissement par exemple.

À ce niveau, il y a d’importants gisements d’emplois verts à pourvoir, notamment à travers des formations complémentaires. Mais c’est dans le développement du management environnemental qu’il y aura les nouveaux métiers dans le recyclage, les énergies renouvelables, l’exploitation des ressources génétiques, etc. Malheureusement, ces énormes gisements d’emplois ne sont pas encore quantifiés. Le Forum des métiers verts devra peut-être se positionner là-dessus, en partenariat avec les autorités compétentes, notamment pour fournir une cartographie des métiers actuels et à venir dans le domaine du green business au Maroc, avec un éclairage en termes de profils, de diplômes, de tranches d’âge, d’appartenance géographique, etc.

En attendant, l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN), partenaire du forum, a clairement montré comment il contribue à la dynamique de création d’emplois verts au Maroc. Dans ses deux domaines d’excellence que sont la production et la distribution d’énergies renouvelables d’un côté, et la performance énergétique des bâtiments de l’autre, l’IRESEN a déjà accompagné, dans le cadre de ses appels à projets, 149 enseignants chercheurs ainsi que 356 doctorants et étudiants en masters au niveau de presque toutes les universités et écoles d’ingénieurs marocaines. Au niveau interne, notamment depuis le lancement du Green Energy Park (GEP), 50 emplois directs ont été créés dont des recrues ayant des profils de chercheurs (50%), docteurs (28%), ingénieurs (16%) et techniciens (6%).

L’objectif de Badr Ikken et de son équipe est de porter, à moyen terme, les emplois directs au GEP à 150 personnes dédiées à la R&D, et les emplois indirects à 400 personnes. D’ailleurs, c’est le même schéma qui est prévu en matière d’emplois dans le Green Building Park, qui entrera prochainement en service. 

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