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La Conférence de Rabat pour le développement durable, qui a accueilli le 21 mars des responsables venus des quatre coins de la planète, s’était fixé pour objectif de recueillir les doléances des différents membres de la Coalition transport africaine, constituée lors de la COP22 à Marrakech.  Il s’agit de dresser la feuille de route du continent qui sera finalement versée dans celle de la Coalition transport COP22 qui participera à la COP23, en novembre prochain à Bonn, en Allemagne.

Mardi 21 mars, la capitale administrative du Maroc, a abrité la 2e édition de la Conférence de Rabat pour le développement durable (CRDD). L’événement, qui a accueilli du beau monde venu des quatre coins de la planète, s’était fixé pour objectif de recueillir les doléances des différents membres de la Coalition transport africaine, constituée lors de la COP22 à Marrakech, pour dresser la feuille de route du continent qui sera finalement versée dans celle de la Coalition transport COP22 qui participera à la COP23, en novembre prochain à Bonn en Allemagne. Aussi, dès l’ouverture des travaux, Hakima El Haite, COP22 High Level Champion et ministre déléguée auprès du ministre de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement chargée de l’Environnement, a donné le ton. En campant le décor, elle a commencé par féliciter et remercier les membres de la Coalition transport COP22, dont le directeur général de la Société d’investissements énergétiques, Ahmed Baroudi, est l’un des vice-présidents. «Parmi les 80 coalitions mondiales actuellement répertoriées dans différents secteurs et sous-secteurs pour défendre les intérêts des acteurs non-étatiques dans le domaine du changement climatique, vous êtes l’une des coalitions mondiales les plus organisées et les plus dynamiques que je connaisse. Vos rapports nous sont toujours parvenus à temps et laissez-moi vous dire que vous suscitez beaucoup d’espoir», a-t-elle avancé. Avant de rappeler que «le secteur du transport est un secteur important dans l’action pour la lutte contre le réchauffement climatique. Au niveau mondial, il représente 23% des émissions de Gaz à effet de serre (GES) dont 4% seulement en Afrique. Un continent où le transport a encore un important potentiel de développement, puisque 75% des infrastructures de transport des pays du Sud n’existent pas encore». Face à cette donne, on ne peut plus, particulière au secteur du transport, la High Level Champion pense que les membres de la Coalition transport Afrique sont plus interpellés que les autres à créer un vrai partenariat durable pour le développement climatique.

À ce titre, les acteurs étatiques des différents pays membres africains sont également appelés à faciliter cette transition notamment en mettant en place tout le dispositif juridique et institutionnel nécessaire pour créer un environnement de travail idoine. Devant l’assistance, constituée de quelques représentants de pays africains, Hakima El Haité a cité le cas du Maroc qui a inscrit le développement durable dans sa Constitution en 2011. Auparavant, le royaume s’était doté dès 1994 d’une loi cadre sur le développement durable et d’une stratégie nationale du développement durable en 2008 axée sur 16 mesures, ce qui a permis d’inscrire la durabilité dans les politiques publiques où pratiquement tous les départements ministériels se sont sentis concernés.

À l’époque se rappelle-t-elle, l’eau était au centre des préoccupations des pouvoirs publics, c'est-à-dire que c’est le principal domaine où les investissements étaient orientés. Toutefois, certains autres secteurs, dont celui du transport, bénéficiaient quand même d’une certaine attention notamment pour diminuer son empreinte carbone à travers la mise en application de la prime à la casse, une subvention destinée au renouvellement du parc des taxis. Bref, «dans le cadre de la transition énergétique, les réformes des politiques publiques sont nécessaires. Elles donnent de la profondeur et sans elles, il nous sera difficile, voire impossible, de satisfaire les attentes de votre coalition qui vise à réduire ses émissions mondiales de GES à 3,5 gigatonnes de CO2 à l’horizon 2030», a expliqué la High Level Champion, qui a également émis des conseils pour orienter les travaux de la 2e Conférence de Rabat pour le développement durable.

Selon elle, au-delà des doléances qu’ils sont en train de recueillir auprès des acteurs africains, puis sud-américains, européens, asiatiques, etc, les membres de la coalition doivent œuvrer à mettre en place un système de suivi avec des indicateurs pour mesurer l’impact des initiatives lancées par rapport aux Objectifs pour le développement durable (ODD). Et cette démarche, doit être un argument placé au cœur d’un dossier bien ficelé, pour faciliter les actions de lobbying auprès des organes décisionnels internationaux tels que l’UE, l’ONU, l’OCDE, l’OMC, le G20, etc…et aider à l’accès aux fonds disponibles au niveau du Fonds vert. Succédant à la ministre de l’Environnement, Patrick Oliva, président du PPMC (Paris Process on Mobility and Climate) et ex-directeur Relations extérieures et mobilité durable & transition énergétique de Michelin, a rappelé les engagements de la Coalition transport à la COP22. C’est de mettre en place une feuille de route mondiale pour décarboniser le secteur du transport dans les 40 années à venir.

Dans ce cadre, les membres de la coalition se fixent pour objectif majeur de créer une alliance de pays pour définir des politiques publiques régionales. Ils aimeraient annoncer la naissance de la coalition mondiale de ces pays lors de la COP23, prévue en novembre prochain à Bonn en Allemagne. En attendant, de réaliser cet objectif somme toute très ambitieux en si peu de temps, la Conférence de Rabat sur le développement durable a quand même tenu toutes ses promesses. Le programme déroulé était à la hauteur des ambitions de la Coalition transport COP22. Dans le premier panel, axé sur «le transport public urbain, quelle approche durable en Afrique ?», Mohamed Mezghani, secrétaire général adjoint de l’UITP (Union internationale des transports publics), qui compte 1.400 membres dans 80 pays et 16 bureaux régionaux dont trois en Afrique (Casablanca, Abidjan et le Cap), a fait un diagnostic sans concession du secteur du transport public urbain dans le continent.

Expansion urbaine, accroissement de la demande de mobilité, manque d’infrastructures, sévère embouteillage, ratio nombre de voitures/habitants très élevé, la marche reste le moyen de déplacement le plus élevé, le taux de transport informel atteint des sommets, accroissement de l’utilisation des motos de mauvaise qualité qui augmentent la pollution sont les maux identifiés. Pour venir à bout de ces goulots d’étranglement, Mezghani recommande de confier l’organisation et la gestion du transport public aux autorités locales. Si ces dernières n’existent pas, il faut alors les créer et les inciter à mettre en place une politique intégrée de différents modes de transport avec une forte densification et basée sur une seule et unique réglementation à laquelle tous les acteurs sont soumis. Selon le secrétaire général adjoint de l’UITP, ce modèle s’est révélé le plus efficace, en plus il coûte moins cher.

Dans le second panel, portant sur «les solutions de financement en Afrique», deux grandes institutions multilatérales et une institution privée de financement étaient représentées. Il s’agit d’un côté de la BAD et de la Banque mondiale, et de l’autre de 3A Timor. Ces dernières ont été approchées par la Coalition transport COP22, l’année dernière lors de la conférence de Marrakech, pour les pousser à créer un partenariat visant à faciliter le financement des acteurs non-étatiques. L’équation consiste précisément à transformer les lignes de crédit multilatérales de la BM et de la BAD en lignes de financement accessibles au privé. Ce qui permettra d’éviter les 15% de financement attribués pour l’adaptation aux pays africains tous secteurs confondus. Une décision de la Communauté internationale qui irrite plus d’un !

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