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Ahmed Baroudi, directeur général de la Société d’Investissements Energétiques (SIE)

Cette semaine, nous avons invité Ahmed Baroudi, le directeur général de la Société d’investissements énergétiques, qui est le bras financier de l’État pour la réalisation du mix énergétique à l’horizon 2020 pour nous entretenir des ambitions de la vision et des projets de la société publique, actuellement freinés par la longue attente pour la constitution du gouvernement. Entretien.

Les Inspirations ÉCO : Comment va la Société d’investissements énergétiques ?
Ahmed Baroudi : Comme beaucoup de sociétés publiques, nous sommes en attente de la Constitution du gouvernement. Plusieurs projets sont en souffrance de décision de la part de notre gouvernance et pour cela il faut pouvoir tenir un conseil d’administration. Autrement, la SIE continue son action sur le terrain en développant de nouveaux projets avec des partenaires privés et en apportant son soutien aux communes et régions qui nous sollicitent.

Quel est l’encours à ce jour de vos investissements et leurs affectations depuis la création de la SIE ?
À ce jour, plus de la moitié du capital SIE est engagé essentiellement dans le programme solaire. Des petits investissements moindres sont aussi engagés (éclairage public et petites centrales solaires).

Est-ce que vos prises de participation sont plafonnées par type de projets ?
Nous avons une politique d’investissement qui a été approuvée par notre conseil, elle définit les niveaux d’engagements par projet et secteur.    
Lors de la COP22, vous avez organisé un workshop et un side event orienté sur les villes durables et le financement de projets énergétiques durables en Afrique. Comment se sont passées ces deux conférences ?
Nous avons en effet co-organisé avec la Banque Islamique de Développement un événement sur le développement des villes durables en Afrique ; ce fut un beau succès et surtout l’occasion de présenter le projet commun de création d’un fonds d’investissements dédié aux énergies renouvelables et à cette thématique générale. Ce fonds a vocation à agir au Maroc et en Afrique de manière générale, il adresse un secteur très porteur en pleine croissance. Pour le reste, la SIE a apporté une contribution active au secteur Transport avec la coalition Transport qui comprend des acteurs de renom tels le PPMC, SloCat, l’UITP, …

Avez-vous des ambitions sur le continent?
Je pense que sa majesté délivre un message clair à tous les Marocains. Ne pas avoir de telles ambitions n’est pas concevable.

Plus concrètement, avez-vous déjà sauté le pas ? Si oui, où êtes-vous présents en Afrique et sur quels créneaux ?
La SIE ne peut pas sauter le pas sans un accord clair de sa gouvernance. Cette dernière doit se réunir pour décider si oui ou non la société est autorisée à adresser le continent africain. La question est en tout cas posée et la demande émanant de plusieurs pays africains est là aussi.

Est-ce que vos approche et montage financier sont les mêmes, quel que soit le lieu où vous investissez ?
N’étant pas encore sortie du royaume, la SIE intervient en effet exactement de la même façon sur l’ensemble du territoire.

Revenons au Maroc. Où en êtes-vous dans votre programme des mosquées vertes ?
Les premières mosquées sont aujourd’hui livrées. Le lot COP22 qui porte sur 37 mosquées est réalisé avec notamment trois mosquées emblématiques : As-Sounna à Rabat, Koutoubia et Moulay Yazid à Marrakech. Pour ce qui concerne les chantiers en cours, le lot des 64 mosquées lancé fin 2016 sera bientôt finalisé. Nous nous apprêtons également à lancer un lot de réhabilitation d’éclairage dans environ 400 mosquées. L’inventaire pour ce lot étant finalisé, le lancement est programmé pour les semaines à venir. Parallèlement, un autre lot avec les trois technologies est en préparation.
Quelle est la place de la maintenance dans ce programme et dans vos programmes d’investissement en général ?
Elle est importante. Il serait irresponsable d’engager des contrats d’installations sans prévoir la fonction maintenance. La maintenance fait partie intégrante du contrat de performance pour tous nos programmes, au même titre que l’exploitation et l’investissement.

Je pense au programme solaire marocain et au programme national éolien intégré de 2.000 MW. Pouvez-vous nous détailler vos interventions dans ces programmes ?
Aujourd’hui, en dehors de l’important apport financier concédé, la SIE n’intervient dans aucun des deux programmes. MASEN comme l’ONEE n’ont pas besoin du soutien de la SIE, raison pour laquelle notre effort se porte vers le privé, les municipalités et les régions, en complémentarité avec ces opérateurs nationaux.

L’investissement dans l’efficacité énergétique est aussi un de vos axes prioritaires. Vous intervenez précisément dans l’éclairage public, le bâtiment public et l’industrie. Que faites-vous exactement dans ces domaines ?
À travers les projets que nous réalisons dans ces secteurs, nous concrétisons deux visions très importantes. En premier lieu, nous mettons en place des modèles économiques construits sur la base d’un partage équitable de risques et de responsabilités entre les partenaires privés et publics. Deuxièmement, nous œuvrons à atteindre une maturité du marché portée par le financement privé et impliquant de moins en moins les financements de l’État ; une maturité du marché qui se réalise à travers l’évolution de ses outils financiers disponibles. Revenons au partage équitable des risques et responsabilités, nous sommes fermement convaincus que c’est l’évolution et le signal attendu par le secteur privé. Ce partage se fait par l’introduction de notions élémentaires telles que la garantie, la performance, le régime de pénalité, «le fait de pouvoir explorer le champ des possibles» par des procédures non engageantes, la définition exacte des objectifs. À titre d’exemple, dans l’éclairage public, nous n'appuyons pas l’aboutissement d’un service d’éclairage public mais plutôt un service énergétique garantissant l’investissement, la disponibilité, la réduction de la facture, la performance et la conformité. Ces deux visions sont parfaitement transposables dans tous les secteurs mais surtout sur toutes les tailles «d’entreprises». Ainsi, nous sommes très fiers de contribuer à la réhabilitation des mosquées de notre pays par le biais de partenariats publics-privés et aussi d’appuyer le champion national de la sidérurgie «Maghreb Steel» à se doter d’un contrat d’approvisionnement d’énergies de sources renouvelables et d’un contrat de performance énergétique. Sans oublier notre engagement à répondre positivement à la demande croissante des communes pour les accompagner, entre autres, dans l’éclairage public. Cette vision séduit aujourd’hui les opérateurs à notre grande satisfaction.

Arrêtons-nous un peu sur l’efficacité énergétique dans le bâtiment. À votre avis, que faut-il faire pour que les professionnels appliquent enfin la nouvelle réglementation thermique ?
La règlementation thermique (RT) est un bon signal pour le cadre réglementaire énergétique national. Ce décret marque en effet le début d’un changement dans notre façon de construire mais aussi de concevoir la notion de confort dans les bâtiments que nous occupons. Je pense que l’une des étapes les plus importantes pour promouvoir cette réglementation serait de sensibiliser le citoyen au confort thermique auquel il a droit, mais aussi et surtout faire évoluer cette réglementation afin de quadriller les systèmes actifs qui sont les réels points de consommation dans un bâtiment. La RT a pour objectif de minimiser les déperditions thermiques ; or celles-ci ne peuvent être générées que par une production de froid ou de chaud dans les bâtiments. Il faut donc introduire des équipements performants tout en éliminant les ponts thermiques, au même titre que des plages de confort thermique à respecter (et exiger) afin d’atteindre les objectifs de la loi de l’efficacité énergétique. Réussir cette expérience dépend de l’implication de tous, des organes de contrôle relevant du ministère de l’Urbanisme, des architectes qui doivent contribuer conformément à la loi par la tenue d’un cahier de chantier prenant en considération des étapes de mises en place de l’isolation thermique, de la douane qui doit être sensibilisée aux équipements médiocres et énergivores, des banques et du secteur privé en général qui doit davantage y voir l’opportunité d’un nouveau marché qu’une nouvelle restriction.

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