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Charafat Afilal, Secrétaire d’État chargée de l’eau

La Commission interministérielle chargée de la question de l’eau se réunit aujourd’hui sous la présidence du chef du gouvernement. Charafat Afilal, secrétaire d’État chargée de l’eau, nous présente le premier bilan des travaux de cette instance et les défis à venir pour le Maroc dans ce domaine.

Les Inspirations ÉCO : Où en sont les travaux de la commission interministérielle mise en place sur instructions royales pour se pencher sur la situation du stress hydrique au Maroc ?
Charafat Afilal : Suite aux instructions royales, une commission composée de toutes les parties prenantes s’est penchée sur le sujet et apporté des réponses aux problématiques resurgies l’été dernier, causant pas mal de perturbations en termes de dessertes de l’eau potable pour la population et pour l’irrigation. Nous avons constitué par la suite une commission technique qui a travaillé d’arrache-pied pendant deux mois.

Quels sont les résultats obtenus ?
Nous disposons d’un programme en deux parties. La première a un caractère urgent et elle est déjà mise en œuvre. Nous nous préparons pour l’arrivée de l’été. Des interventions sont en cours dans les zones qui ont été touchées et enclavées. Ces régions sont desservies par des systèmes fragiles comme les points d’eau aménagés et donc assujettis aux impacts des changements climatiques.   

Le gouvernement peut-il promettre que le scénario à Zagora ne se reproduira plus cet été ?
La situation à Zagora est un engagement personnel et j’en ai fait un dossier prioritaire au sein du département de l’eau. Depuis l’été, nous travaillons pour améliorer la disponibilité de l’eau dans cette région. Nous avons pu réaliser plusieurs forages et des arbitrages ont été nécessaires pour trancher entre les besoins en eaux pour les habitants et l’activité agricole.

Qu’en est-il de la deuxième partie du programme  ?
La deuxième partie a développé la vision à moyen terme. La commission propose d’accélérer le programme d’investissement dans les infrastructures hydrauliques. Ceci se traduira par le respect des engagements et des deadline annoncés. Un barrage annoncé pour 2018 doit être lancé cette année là, on ne peut plus tolérer les retards.  

Le dessalement est aussi une option. Pourquoi  ?
Nous avons opté pour le dessalement de l’eau de mer et la diversification des modes d’approvisionnement en eau. Au départ ce mode était réservé aux régions désertiques comme nos provinces du sud. Maintenant, ce n’est plus possible  de se limiter aux ressources conventionnelles et attendre les pluies. Notre approche à moyen terme est de desservir tout le littoral et spécialement les grandes métropoles à partir de l’eau dessalée. Des chantiers sont déjà lancés dans ce sens comme la station d’Agadir. Les études pour la future station de Casablanca seront lancées dans les jours qui viennent. Un projet similaire est en cours de développement à Al Houceïma. L’objectif est de sécuriser l’accès à l’eau pour la population et l’agriculture. Par contre, la ressource en eau conventionnelle sera consacrée aux villes internes sans façades maritimes. Ce plan sera présenté aujourd’hui au chef du gouvernement pour des arbitrages nécessaires avant d’être présenté prochainement à sa majesté le roi.

Le dessalement est coûteux  financièrement....  
Oui. Quel que soit le mode choisi, dessalement ou barrage, les deux se valent. Un barrage coûte 1,5 MMDH, c’est le prix à payer pour une station de dessalement. Mais l’eau dessalée revient cher à cause du coût d’exploitation et de l’énergie. Mais parfois nous n’avons pas le choix. Il faut investir et supporter le surcoût.  Si on veut sécuriser l’accès à l’eau pour la population marocaine, il faut que l’État supporte une partie des coûts, bien entendu, tout en préservant le pouvoir d’achat des populations défavorisées.

Ne faut-il pas revoir le mode de  production agricole au Maroc ?
Partout dans le monde, l’agriculture est le premier client et consommateur de l’eau dans le monde. Le Maroc ne fait pas exception. Dans ce contexte, des efforts sont déployés pour améliorer la qualité de l’irrigation. Un programme très ambitieux pour une reconversion vers un programme plus économe en eau est développé. D’ailleurs, les agriculteurs se sont portés volontaires pour supporter une partie du coût de la station d’Agadir. Ceci dit, nous ne pouvons pas mettre en péril des investissements colossaux ainsi que les emplois agricoles et les enjeux sociaux qui les accompagnent. Nous n’avons pas le choix, nous devons en même temps assurer la sécurité hydrique et la sécurité alimentaire de la population marocaine.

 

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