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L'invité des ÉCO
Rémy Rioux, DG de l’Agence française de développement (AFD)

Depuis 1992, l'AFD a  mobilisé plus de 6 milliards d'euros dans des projets structurants au Maroc qui est son premier partenaire et client. Depuis qu'elle a été recapitalisée par le gouvernement français qui y a injecté 2,5 milliards d'euros fin 2016, l'Agence a revu sa stratégie au Maroc. Elle a augmenté sensiblement son apport financier au Maroc à 400 millions d'euros par an avec un focus sur le capital humain, l'égalité homme-femme, la régionalisation et les transitions énergétiques et numériques que le royaume est en train de mener. 

Les Inspirations ÉCO : Quels sont les choix qui ont motivé l'augmentation de l'apport financier de l'AFD dans les projets de partenariat avec le Maroc à 400 millions d'euros par an ?
Rémy Rioux : C'est d'abord le développement du Maroc, le lien qu'il entretient avec la France et la projection du royaume sur le continent africain...Ce sont des évolutions qui nous intéressent beaucoup. Nous avons alors décidé après une recapitalisation de 2,5 milliards d'euros de l'AFD de consacrer plus de moyens pour investir dans le Maroc. Aujourd'hui, nous avons une capacité d'investissement plus grande et nous allons même dépasser les 400 millions d'euros ici au Maroc, tous nos instruments confondus y compris notre filiale secteur privé à Casablanca Proparco. Nous allons aussi maintenir ce rythme dans les années qui viennent et même le dépasser s'il y a de bons projets et des opportunités d'affaires importantes. Donc, c'est à la fois du financement souverain vers le gouvernement marocain et puis je dirais aussi que la force du Maroc c'est d'avoir beaucoup d'entités publiques ou privés capables de s'endetter auprès des bailleurs de fonds internationaux et de contribuer aux réalisations des entreprises publiques. J'ai rencontré le ministre de l'Économie et des finances et le chef du gouvernement mais également notre grand partenaire la CDG ainsi que MASEN. Nous avons aussi un partenariat avec le Fonds d'équipement communal (FEC). En fait, nous avons beaucoup de possibilités d'appuyer les politiques publiques marocaines avec différents partenaires.

Suites aux orientations royales, le gouvernement  est en train de réfléchir sur un nouveau modèle économique pour le Maroc. Quel pourrait être l'apport de l'AFD à ce niveau ?
Bien sûr, nous sommes à l'écoute de nos partenaires. Le discours royal du 13 octobre a eu un très grand écho. Nous l'avons écouté avec beaucoup d'attention et l'objet de ma visite c'est aussi d'entendre comment le gouvernement va mettre en œuvre ce processus participatif. Nous venons, dans ce sens, de redéfinir notre stratégie au Maroc avec des grands axes comme le capital humain, l'éducation et la santé, l'égalité et la cohésion territoriales dans le cadre de la régionalisation avancée. Et puis aussi tout ce qui est innovation, transition dans les domaines de l'énergie, le solaire, l'éolien et dans le domaine numérique également où il y a beaucoup de potentiel au Maroc. Ce sont les trois principaux axes que l'on va creuser sans oublier la politique africaine du royaume où l'on a beaucoup à faire entre l'AFD et les acteurs marocains.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples des projets prévus dans le cadre de cette nouvelle stratégie  ?
Aujourd'hui, nous avons parlé avec MASEN, notamment à propos de Noor Midelt où nous avons passé récemment un financement de 150 millions d'Euros. Nous avons été les premiers à financer ce projet qui va être une étape importante avec un prix de l'énergie encore plus bas et qui va être une référence internationale. Nous avons également discuté avec le directeur général du FEC qui est un canal de financement important dans le cadre de la régionalisation avancée. J'ai également écouté beaucoup de demande sur l'eau, le dessalement qu'il faut anticiper parce que la démographie et le changement climatique font que la ressource en eau doit être gérée de façon précautionneuse.

Le Maroc s’est engagé dans un processus d’adhésion à la CEDEAO. Comment l’AFD compte-t-elle l’accompagner dans cette ambition ?
Ce qui est surprenant, c'est que les gens vivent en France avec l'image d'une Afrique coupée en deux, à savoir l'Afrique du Nord et l'Afrique Subsaharienne. Il faut absolument que cette image change parce que ce n'est pas comme ça que les Africains se gouvernent. Ce n'est d'ailleurs pas de la sorte que l'Union africaine et/ou la Banque africaine de développement se conçoivent. Et encore une fois c'est le Maroc qui ouvre la voie car le jour où il aura adhéré à la CEDEAO, la carte aura complètement changé y compris pour les processus d'intégration régionale de nos amis de l'Afrique de l'Ouest. L'apport du Maroc va changer la donne, va organiser de nouveaux flux commerciaux, d'investissement, de formation. Et nous qui sommes très présents à la fois au Maroc et dans l'ensemble des pays de l'Afrique de l'Ouest, nous avons très certainement une carte à jouer pour accélérer ces dynamiques. 

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