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Hicham Zanati Serghini, Directeur général de la Caisse centrale de garantie

La Caisse centrale de garantie (CCG) tend à diversifier ses produits en misant sur le renforcement du partenariat avec le secteur bancaire qui est visiblement sur la bonne voie, comme en témoignent les résultats positifs enregistrés au cours des dernières années. L’instance, qui est parvenue à dépasser certaines difficultés dont la lourdeur administrative, est actuellement en phase avec les attentes de ses partenaires. Elle ne compte pas pour autant s’endormir sur ses lauriers, se fixant des objectifs ambitieux aussi bien sur le plan national qu’international. A-t-elle les moyens de ses ambitions? Le point avec le directeur général de la CCG, Hicham Zanati Serghini.

Les Inspirations ÉCO : Quels sont les principaux défis à relever et les perspectives d’avenir de la CCG, qui a connu plusieurs étapes et évolutions ?
Hicham Zanati Serghini : Nous essayons de répondre à la problématique de l’accès au financement. Notre première cible est l’entreprise que le marché n’arrive pas à intégrer. Nous intervenons pour apporter une additionnalité en ouvrant et en améliorant l’accès de cette catégorie d’entreprises au financement à travers des solutions adaptées. Le Maroc figure parmi les pays ayant un taux de pénétration de la garantie des plus importants. Le besoin se fait essentiellement sentir au niveau des crédits de petits montants qui concernent l’auto-entrepreneuriat. Le grand défi pour le secteur financier est de pouvoir intégrer ces petites structures dans la sphère financière. La CCG a commencé à travailler sur ce volet-là avec le secteur bancaire. Aujourd’hui, avec le produit Damane Express dédié à la TPE, nous commençons à toucher cette cible mais le besoin reste très important. Pour cela, nous allons travailler avec les intervenants du secteur de la micro-finance pour appuyer le financement de cette population dans sa composante formelle.

Avez-vous les moyens de vos ambitions ?
Vous savez, la CCG, à l’image des autres établissements de crédit, a des activités normées. Chaque année, notre Conseil d’administration nous fixe des objectifs et nous alloue les ressources nécessaires à leur réalisation pour mettre en œuvre les orientations publiques visant une meilleure inclusion financière des TPME et des ménages.

Comment qualifiez-vous le partenariat avec le secteur bancaire au cours des dernières années ?
Ce partenariat est sur la bonne voie. La bonne dynamique enregistrée aujourd’hui est due au travail collectif. La CCG essaie de ne pas interférer dans le marché et apporte plutôt des solutions. Les TPME sont, rappelons-le, souvent confrontées au problème de manque de sûretés, et c’est là que la CCG essaie d’apporter une réponse quand le banquier estime que le projet a un potentiel mais bute sur l’insuffisance des garanties. L’augmentation de 50% annuelle des engagements de la CCG au cours de ces dernières années démontre la qualité des relations de partenariat et de confiance développées avec le secteur bancaire.

Le représentant de la CGEM au Forum international de la garantie institutionnelle a souligné la nécessité de la décentralisation de la décision bancaire. Qu’en pensez-vous ?
Pour la CCG, nous avons déjà entamé le processus de la régionalisation dès 2010 en anticipant la décentralisation de la décision et en l’accélérant en 2014. Notre process est basé sur trois niveaux. Il s’agit, en premier lieu, de la dématérialisation des procédures pour les crédits inférieurs à 1MDH. S’agissant des dossiers entre 1 et 10 MDH de crédits qui constituent le cœur de la PME au Maroc, la décision se prend en région. Seuls les dossiers de plus de 10 MDH ,qui représentent uniquement 5% du nombre d’opérations, sont traités par le siège.

Quelle place occupe le soutien au financement à l’international ?
Nous tendons à aider les PME à aller chercher des marchés à l’international. Nous soutenons les entreprises exportatrices. Nous garantissons les cautionnements des marchés publics à l’international pour permettre aux entreprises de se positionner sur les marchés ciblés. Au niveau de l’investissement, la CCG intervient pour soutenir les entreprises non seulement au niveau de la garantie de la dette bancaire mais aussi à travers le cofinancement ou le financement avec la banque des programmes des entreprises exportatrices en réduisant notre taux d’intérêt à 2% de manière à réduire le coût de financement et à avoir un impact sur la compétitivité de ces PME.

Comment évaluez-vous la situation actuelle de ce financement à l’international ?
Les générations de PME changent. La dynamique marocaine est orientée vers l’Afrique et il s’avère nécessaire d’imaginer des projets plus importants. L’Afrique peut être un relais de croissance pour beaucoup de PME marocaines.   

Faut-il renforcer le volet de la sensibilisation autour des procédures mises en place ?
La CCG œuvre avec ses partenaires du secteur bancaire. La meilleure manière pour que les produits soient connus est de mieux en informer les partenaires. Nous le faisons régulièrement à travers les actions B to B. Si la situation est actuellement satisfaisante, ce n’est pas uniquement en raison de la qualité de nos produits mais aussi grâce à la politique de proximité avec nos partenaires du secteur bancaire et des actions de sensibilisation destinées aux entreprises à travers les rencontres sur le terrain et via les médias et les réseaux sociaux.

La CCG a enregistré des résultats positifs au cours des dernières années. Mais à quel niveau peut-elle encore mieux faire ?
Nous avons pu réaliser de bonnes performances, mais ce n’est pas pour autant que la problématique de l’accès au financement est complètement résolue. C’est une problématique qui se pose partout dans le monde. Il faut ainsi constamment innover et rester mobilisé. Nous allons poursuivre nos efforts.

Sur quels volets allez-vous poursuivre vos efforts ?
En ce qui concerne la PME de manière globale, l’offre est déjà construite. On doit aller vers d’autres segments qui sont peu desservis, notamment les micro-financements. À cela s’ajoutent des produits spécifiques comme le financement des startups. Nous allons lancer ce lundi (30 octobre) le Fonds Innov invest.

Quelle est la situation actuelle de la garantie institutionnelle au Maroc en comparaison avec des pays similaires ?
Sur la région MENA et même en Afrique, le Maroc est leader. La CCG, qui a une longue histoire a tiré un certain nombre d’enseignements qui ont permis de renforcer son rôle et ses résultats et de moderniser l’institution à la lumière des choix stratégiques initié par les pouvoirs publics en 2007.

Comment expliquez-vous que le taux de sinistralité demeure maitrisé bien que l’activité de la garantie institutionnelle ait augmenté ?
D’abord grâce à la diversification des finalités couvertes en se positionnant sur le développement, l’exploitation, l’exportation, ensuite grâce au renforcement de la culture risque au sein de l’institution, partant du design du produit et couvrant toute la chaine de valeurs de l’institution. 


Retombées positives sur l’économie nationale

La garantie institutionnelle au Maroc remonte à 1949 ; date de la création de la caisse centrale de garantie. Cette instance est parmi les instruments d’intervention privilégiés de l’Etat en matière du développement économique et social. Ses 70 ans d’existence ont été marqués par plusieurs réformes. La plus importante étape est celle de 2007, selon le patron de la caisse. Les pouvoirs publics avaient, en effet, « initié une réflexion sur le devenir du système de garantie en vue de rationaliser et de renforcer son intervention ». En 2009, une vision stratégique a été mise en place consacrant, ainsi, le rôle de la CCG en tant qu’acteur public unique en matière de garantie institutionnelle. Les résultats enregistrés entre 2013 et 2016 sont jugés très positifs. Une étude d’impact a permis de démontrer «la pertinence de l’institution et de son offre de produits de garantie ainsi que son efficience et les retombées positives de ses interventions sur l’économie marocaine».

CAM SIAM

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