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Finances

Selon de nombreux analystes, l’OPV de Maroc Telecom reste une belle opportunité de placement pour les investisseurs. Cette opération permettra même de réanimer le marché, longtemps plongé dans sa torpeur. Si certains s’en réjouissent, d’autres émettent quelques réserves quant à la stratégie répétitive de l’État et à ses opérations de privatisation à la chaîne.

La place boursière casablancaise est en ébullition. La semaine dernière, l’État a procédé à la cession des actions de Maroc Telecom sur le marché de blocs. Cette opération a porté sur 6% du capital et des droits de vote de l’opérateur au prix de 127 DH l’action. Elle était destinée aux investisseurs qualifiés de droit marocain à savoir trois caisses de retraite, 5 compagnies d’assurance et trois banques. «Le marché n’avait plus connu une telle effervescence depuis la privatisation de Marsa Maroc en 2016», remarque un professionnel du marché. L’État avait en effet cédé 40% de ses parts pour 1,9 MMDH. L’introduction avait été souscrite 6,3 fois. Cette opération historique semble avoir été détrônée aujourd’hui par Maroc Telecom.

À ce niveau, Abderrahmane Semmar, directeur des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP), a tenu à préciser que les «2% de l’OPV sont largement supérieurs à l’opération de privatisation de Marsa Maroc, ce qui dénote l’importance de cette offre». Le titre a, en effet, toujours été apprécié par les investisseurs étrangers et locaux pour sa solidité et sa résilience sur le marché. La cession des 52,7 millions d’actions IAM sur le marché de blocs du lundi 17 juin en était la preuve. Elle a été souscrite près de 1,5 fois par les institutionnels marocains. Dans sa globalité, cette opération de cession, qui s’inscrit dans le cadre de la relance du programme de privatisation initié par le gouvernement, est jusque-là qualifiée de plus importante opération de Maroc Telecom. La première ouverture de capital de l’opérateur téléphonique a été initiée en 2001, générant 23 MMDH suite à la cession par l’État de 35% de sa participation à Vivendi Universal. Fin 2004, l’État décide de céder 14,9% du capital à la Bourse de Casablanca et celle de Paris pour 8,9 MMDH.

«Cette mesure vise à encourager l’actionnariat populaire au royaume et à permettre, du même coup, au plus grand nombre de Marocains de participer au capital de l’opérateur historique », avait précisé Fathallah Oualalou, ministre des Finances et de la privatisation à cette époque.

Une frénésie sans pareil s’était dès lors emparée du marché. L’opération a été souscrite plus de 20 fois. Elle a été caractérisée par un affl ux massif des fonds d’investissement les plus réputés à travers le monde, notamment des pays arabes du Golfe. En 2005, l’État et Vivendi actent la vente de 16% supplémentaire du capital de Maroc Telecom. Vivendi devient alors actionnaire prioritaire avec 51% des parts. L’État en détenait 34,10%. Au cours de 2006, il en a cédé 0,1% sur la Bourse de Casablanca. En 2007, l’État cède 4% du capital à des investisseurs institutionnels marocains via placement privé pour 4 MMDH, ramenant ainsi sa participation à 30%. À l’issue de ce processus, l’État avait cédé 70% du capital de Maroc Telecom pour un total recettes de plus de 48 MMDH. Après cette OPV, la participation de l’État se limitera à 22%. En pratiquement 20 ans, le tour de table de Maroc Telecom s’est totalement métamorphosé, au grand bonheur des nouveaux arrivants, mais surtout de la Bourse de Casablanca.

«L’OPV est une bonne nouvelle pour notre place qui souffre d’un manque de liquidité », déclare Karim Hajji, directeur général de la place casablancaise. Il espère surtout que «cette opération pourra redynamiser le marché et remettre la Bourse sur les radars des investisseurs internationaux, ce qui devrait lui permettre de jouer pleinement son rôle dans le financement de l’économie ». La place casablancaise a en effet beaucoup de mal à réaliser son potentiel. Elle affiche un ratio de liquidités de 8% en 2018 contre 10,7% un an auparavant. Les nombreuses mesures déjà mises en oeuvre ou en cours ne semblent pas apporter de résultat durable et concluant. Selon un analyste, la privatisation reste une solution de «facilité». Pour lui, «la Bourse est sous perfusion depuis plusieurs années, ce qui est un mauvais signal pour les investisseurs». Il s’interroge: «Après que l’État ait fait le tour des biens privatisables, comment fera la Bourse pour être plus dynamique?» En d’autres termes, l’État ne pourra indéfiniment injecter du cash pour réanimer le marché. «Pour gagner en profondeur, la Bourse de Casablanca doit recruter davantage de sociétés», avance-t-il. Pourtant, le processus de privatisation des entreprises publiques devrait se poursuivre au cours des prochaines années. «La privatisation de la Mamounia de Marrakech et de la centrale de Tahaddart devraient s’opérer en fin d’année voire début 2020… une seconde OPV sur Marsa Maroc pourrait également être programmée l’année prochaine», avoue cet analyste.

La recommandation d’Attijari Global Research
Attijari Global Research recommande vivement l’OPV de Maroc Telecom prévue du 26 juin au 5 juillet. Elle estime que l’année 2019 constitue un «bon timing» afin de se positionner sur le titre Maroc Telecom puisque l’opérateur historique renoue avec la croissance et ce, après avoir connu un cycle défavorable sur la période 2011-2017. La banque d’affaires trouve même que cette cession par l’État de 8% de sa participation dans le capital de l’opérateur constitue «un événement majeur, se produisant environ une fois par décennie». Elle ajoute: «cette opération devrait connaître un grand succès grâce à la fois à un prix de souscription attractif de 125,3 DH et aux perspectives de développement de l’opérateur sous la nouvelle ère de la Data».

Ainsi, selon les analystes d’AGR, le titre Maroc Telecom constitue un placement attractif en termes de couple risque/rentabilité. ils avancent que «sur un horizon de placement de 3 ans, le titre offre une rentabilité annuelle moyenne intéressante de 12% couplée à une solide résilience en Bourse». Une estimation qui n’intègre pas l’effet annonce de l’OPV qui a engendré une baisse technique du cours en Bourse. Ceci étant, le titre Maroc Telecom demeure bien positionné par rapport aux principaux secteurs cotés. La rentabilité annuelle moyenne du titre demeure même toujours positive durant la dernière décennie et ce, quelle que soit l’année d’entrée. «À titre d’exemple, en se positionnant sur le titre en 2010 à des niveaux de cours relativement élevés, la rentabilité annuelle ressort supérieure à 4% grâce notamment à la régularité du dividende». En effet, Maroc Telecom a commencé à distribuer d’importants dividendes depuis l’entrée de Vivendi dans son capital. Elle verse 100% de son bénéfice annuel à ses actionnaires. Par ailleurs, les analystes d’Attijari estiment que suite au démarrage d’un nouveau cycle de croissance à compter de 2018, le titre pourrait améliorer ses niveaux de valorisation futurs. Et tenant compte d’une croissance cible des profits de 4% en moyenne annuelle sur la période 2019-2025, le P/E de la valeur ressortirait à terme autour de 14x. «Nous croyons que le nouveau cycle de croissance se refl éterait positivement sur le rendement du titre à travers un D/Y moyen supérieur à 6,0% durant la période 2019-2025», ajoutentt- ils. Un tel scénario soutiendrait l’appréciation du cours du titre en Bourse. Celui-ci affichait une baisse de 1,92% à 142 DH au terme de la séance du vendredi 21 juin.


Myriam Chaabouni
Analyste chez Alpha Mena

Maroc Telecom continue son ascension boursière avec une performance YTD positive de 6,11%, surperformant nettement le principal indice (+0,91%). La récente annonce portant sur la cession de 8% du capital de Maroc Telecom de la part de l’État marocain a réactivé un dynamisme, qui manquait depuis longtemps, sur le marché actions marocain. Les prix bas de l’opération Maroc Telecom ont également contribué à ce regain d’intérêt. Globalement, les prix sont jugés intéressants et attractifs pour des investisseurs qui cherchent des rendements réguliers mais également élevés au-dessus de 5%. D’ailleurs, les prix peu agressifs choisis par l’État marocain ont créé une opportunité d’achat rare sur le titre Maroc Telecom, avec un potentiel à la hausse autour de 12%. Par ailleurs, et en dépit d’un contexte concurrentiel particulièrement agressif, Maroc Telecom continue de se ressourcer au Maroc. IAM préserve un leadership solide sur l’Internet Mobile mais également sur le marché de l’ADSL. Une position qui favorise la bonne capacité bénéficiaire du groupe. Pour les prochaines années, nous pensons que l’activité au Maroc devrait encore profiter du fort engouement de la Data, Fixe et Mobile. Malgré le ralentissement du rythme de croissance à l’international, les filiales africaines continueraient également à soutenir l’activité du groupe

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