A lire aussi

15-11-2018 08:30

Convergence des politiques publiques. Le système d’informations opérationnel dans un an ?

La nécessité d'assurer la convergence entre les politiques publiques est une rengaine entonnée par…
Rejoignez nous sur :
Finances

Risque d’impayés, risque marché, risque immobilier... le secteur des assurances a réussi haut la main les différents stress tests réalisés par les autorités de tutelle. C’est ce que révèle le rapport publié par le consortium Bank Al-Maghrib, ACAPS et AMMC. Toutefois, malgré une solidité affichée, quelques points restent à surveiller.

Le système financier marocain se porte bien. C’est, en substance, une des conclusions du rapport émanant du consortium Bank Al-Maghrib, ACAPS et AMMC concernant la stabilité financière. Une évaluation de la solidité des institutions financières et de leur résilience a ainsi été réalisée, passant essentiellement par l’analyse des principaux risques afférents au secteur bancaire, des marchés des capitaux mais aussi ce celui des assurances. Pour ce dernier, le cadre analytique a été renforcé par la mise en place d’un dispositif de macro stress tests. Il faut dire que pour un secteur de plus en plus mature -sa rentabilité a progressé de 20,2% pour des bénéfices de 3,8 MMDH- le niveau d’encadrement semble bien ficelé. En effet, l’ACAPS enchaîne les mesures pour renforcer le cadre réglementaire: l'instauration de règles strictes sur les encaissements et reversements de primes, ou encore le renforcement des garanties obligatoires. Un renforcement réglementaire qui a permis l’émergence d’acteurs puissants. À l’image de nombreux marchés avancés, le marché des assurances marocain reste moyennement concentré (3,7% contre un peu plus de 5% dans les pays émergents) avec la présence d’une quinzaine de compagnies d’assurances et de réassurance (dont 7 représentant près de 80% des émissions de primes). Cette concentration a ainsi joué en faveur des différents opérateurs afin d’atteindre une taille critique leur permettant de faire face aux engagements pris vis-à-vis des clients. D’ailleurs, les entreprises d’assurances font montre de taux de couverture des engagements techniques supérieurs aux minima réglementaires. La couverture des provisions techniques par les actifs représentatifs s’est ainsi établie à 104,9%. À cela s’ajoutent les actifs liquides des compagnies d’assurances, qui ont représenté plus de 2,5 fois leurs passifs exigibles. Cela reflète une forte capacité à couvrir leurs éventuelles sorties de trésorerie. La marge de solvabilité s'est, de son côté, située à 451%. «Bien que son niveau dépasse largement le minimum exigé par le cadre prudentiel en vigueur, cette marge ne reflète pas la réalité du secteur en matière de couverture des risques encourus, dans la mesure où elle ne couvre que le risque de souscription», peut-on lire dans le rapport. Par conséquent, les excédents de marge seront amenés à diminuer si l’on tient compte des autres risques auxquels sont exposées les entreprises d’assurances. En effet, le cadre prudentiel relatif à la Solvabilité basée sur les risques, en cours de préparation, exige que la marge de solvabilité des entreprises d’assurances tienne compte de tous les risques auxquels ces entreprises sont exposées, ce qui permettra de renforcer leur résilience. Ce projet prévoit un nouveau référentiel prudentiel pour l’évaluation de la solvabilité des entreprises d’assurances et de réassurance qui tienne compte de l’ensemble des risques auxquels elles sont exposées. Des études d’impact et des tests de calibrage devant permettre la fixation des seuils d'exigences quantitatives seront lancées afin de mesurer les implications concrètes sur le secteur. Cela dit, le passage vers ce nouveau régime prudentiel pourrait nécessiter la recapitalisation de certaines entreprises d’assurances. Par ailleurs, les exercices de stress tests réalisés ont permis de confirmer la résilience des entreprises d’assurances aux chocs sur le portefeuille actions et immobilier ainsi que ceux émanant des conditions macroéconomiques.

Les stress tests
Autre signe de la solidité du secteur, l’exposition de l’ensemble des compagnies au risque immobilier. Celui-ci a été appréhendé à travers un stress test fondé sur un choc des placements immobiliers, calibré sur la base d’une baisse de 10% à 25%. L’exposition au risque de marché a, quant à elle, été évaluée par un stress test fondé sur un choc boursier, calibré sur la base d’une baisse de 10% à 25% des cours des actions cotées. Les résultats de ces stress tests ont également démontré que les exigences prudentielles en matière de solvabilité restent respectées par les entreprises d’assurances. Ceci étant, l’autorité de tutelle continue de surveiller -de très près- le risque de contrepartie sur certains émetteurs. Découlant des placements effectués par certaines entreprises d’assurances, ce risque demeure élevé avec un taux qui dépasse dans certains cas 30% des fonds propres. Pour sa part, l’exposition des entreprises d’assurances au risque d’impayés provenant des assurés et des intermédiaires d’assurances a diminué. En effet, les parts de ces impayés dans les fonds propres s’élèvent en 2017 à, respectivement, 18,4% et 12,3% contre 19,9% et 13,2% en 2016. Les impayés représentent en moyenne, respectivement, 2 mois et 1,4 mois du chiffre d’affaires.

Résilience maintenue en 2019
Un autre exercice de macro stress test a été réalisé sur un groupe d’entreprises représentant plus de 78% du total du marché d’assurances, avec un horizon des simulations de 2 ans couvrant les années 2018 et 2019. Cet exercice, qui consiste à chiffrer les impacts des risques jugés significatifs pour le secteur des assurances, vise à évaluer la résilience des assureurs à des chocs exceptionnels ainsi que leur capacité à les résorber. Les résultats montrent que le secteur des assurances maintiendrait sa résilience à l’horizon 2019. Ils indiquent que le taux de couverture de la marge de solvabilité incluant les plus-values latentes devrait, selon le scénario de base où les variables macro-économiques évolueraient dans des conditions normales, s’établir en moyenne entre 488% en 2018 et 462% en 2019. «Toutefois, la détérioration des conditions économiques, telles que simulées dans le scénario extrême, devrait se traduire par une légère détérioration de ce taux pour atteindre en moyenne 435% en 2018 et 403% en 2019», souligne le rapport.

Interconnexions entre les banques et les compagnies d’assurances
Afin d’évaluer l’intensité des liens entre les composantes du système financier, un stress test de contagion a été réalisé sur la base des expositions «bilatérales brutes» de 13 institutions financières marocaines, 8 banques et 5 compagnies d’assurances. Il en ressort que les expositions des banques sur le secteur des assurances représentent seulement 0,3% de leurs emplois, composées majoritairement d’instruments de dette et de capitaux propres. À l’inverse, les compagnies d’assurances voient leur exposition sur le secteur bancaire atteindre une part plus significative de 19% de leurs emplois. Ces expositions sont majoritairement constituées de titres de participation et de propriété (72%), de titres de créance négociables (13%) et de dépôts (16%). 

Dernière Minute

Nos derniers Tweets...

Suivez-nous sur Facebook

 

Vidéos des ÉCO

Vidéos des ÉCO

0
Partages
0
Partages