A lire aussi

24-04-2018 12:28

Mezouar promet de se pencher sur les PME

Les candidats aux poste de président et vice-président de la CGEM, Salaheddine Mezouar et Fayçal…
Rejoignez nous sur :
Finances

La Bourse de Casablanca sait où elle va. Quelques années lui seront encore nécessaires pour atteindre ses objectifs, mais la société gestionnaire de la Bourse semble avoir préparé le terrain en vue de sa transformation et de son évolution. Elle se fera ainsi épauler par l’ensemble des parties prenantes du marché financier et économique qui connaissent désormais les tâches à accomplir. La feuille de route ainsi établie permettra de créer un nouvel ensemble intégré qui devra gérer tous les marchés et les instruments afin de mieux contribuer au financement de l’économie.

Le marché boursier et financier est sur le pied de guerre depuis la démutualisation effective de la Bourse de Casablanca, le 15 juin 2016. Les différentes parties prenantes du marché des capitaux (banques, sociétés de Bourse, associations professionnelles, autorité de tutelle, régulateurs, etc.) ont ainsi enchaîné les réunions afin de définir une vision commune. Une démarche qui permettra de jeter les bases du marché des capitaux et ainsi «libérer son potentiel» à travers la mise en place d’une feuille de route. Celle-ci contribuera à la consolidation des acquis de la place financière marocaine pour la rendre plus attractive tant au niveau local qu’à l’international. Ainsi, le nouveau plan de développement pour la période 2018-2021, baptisé «Ambition 2021», a été décliné en trois axes. Le marché œuvre ainsi à «construire une instruction performante» pour «mieux contribuer au financement de l’économie» et ainsi «faire rayonner la Bourse de Casablanca».

Cette même Bourse qui s’est transformée en holding (Bourse de Casablanca SA), et ce afin de mettre en place une infrastructure intégrée de toute la chaîne de valeur, du trading jusqu’au dénouement. Dans ce sens, toutes les parties prenantes seront mises à contribution. Ce nouveau modèle fera ainsi émerger une nouvelle entité chargée d’assurer la compensation et la contrepartie. Cette Chambre centrale de compensation (CCP), qui sera supervisée par Bank Al-Maghrib et l’autorité de marché, jouera le rôle d’une contrepartie centrale qui va permettre de limiter le risque pour l’ensemble des opérateurs du marché et non seulement ceux qui interviennent actuellement sur la place financière casablancaise. Cette institution, qui est en cours de création par la Bourse de Casablanca, devra développer un mécanisme de gestion de risques et sera dotée d’un minimum de fonds propres. L’idée étant d’établir un certain alignement stratégique de l’ensemble des acteurs du marché, d’optimiser les délais d’exécution et de dénouement des opérations mais aussi de permettre la réduction des coûts des opérations grâce aux synergies dont bénéficieront les opérateurs locaux et étrangers. En somme, la compensation servira certes les investisseurs mais aussi les banques de la place. Mais «l’entité n’aura pas vocation à prendre le business des banques... au contraire, elle va leur permettre de réduire le risque», souligne Karim Hajji, directeur général de la Bourse de Casablanca.

Les banques n’auront ainsi plus de risque de contrepartie les unes avec les autres, ayant une seule contrepartie qui permettra, entre autres, de réduire la consommation en fonds propres dans ces cas-là. «Parce que là où elle devrait mettre 20% de fonds propres lorsqu’elles interagissent entre elles, elles ne mettront plus que 2%», déclare Hajji, avant d’ajouter: «encore faut-il que la régulation passe au Maroc, parce que ce n’est pas encore le cas». Le dénouement sera, de son côté, assuré par le dépositaire central, Maroclear, qui va être également intégré dans le nouvel ensemble de la «Bourse 2.0». L’idée étant au final de fluidifier les transactions, ce qui impactera de facto le niveau de liquidité. Cela passera également par la volonté de la Bourse de servir tous les types d’émetteurs, qu'il s'agisse des grandes entreprises privées, des entreprises publiques, des émetteurs étrangers ou encore des PME. Ces dernières disposeront même d’un compartiment alternatif qui leur sera entièrement dédié. Entre-temps, la Bourse œuvre depuis quelques années à initier ces structures au financement via la levée de fonds. Le développement de l’accès des PME passe ainsi par le programme Elite qui tiendra sa cinquième édition dans quelques semaines. La Bourse de Casablanca, ayant acquis une certaine expérience dans l’accompagnement des PME au niveau local, souhaite initier d’autres places africaines pour le déploiement de ce programme. Ainsi, la BRVM a récemment connu la première cohorte du programme Elite en Côte d’Ivoire. Au final, l’objectif de la Bourse de Casablanca est clair: assurer une gestion responsable et rigoureuse du marché. Le projet est ambitieux et lourd à réaliser. «Nous sommes en train de définir le rôle de chacune des parties prenantes pour qu’au final, tout le monde puisse travailler en totale harmonie», souligne Hamid Tawfiki, président du Conseil d’administration de la Bourse de Casablanca. Ces travaux nécessiteront plusieurs années d’implication avant de pouvoir constater les premières retombées relatives à l’émergence du marché de capitaux marocain.  

CAM SIAM

Dernière Minute

Nos derniers Tweets...

Suivez-nous sur Facebook

 

Vidéos des ÉCO

Vidéos des ÉCO

0
Partages
0
Partages