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Finances
Kawtar Karbal, Responsable du Département analyse et recherche Groupe Crédit du Maroc

Les analystes de Crédit du Maroc ont rendu publique, le 16 mai dernier, la troisième édition de l’étude annuelle sur le secteur bancaire. Celle-ci  analyse l’activité des huit plus grandes banques du royaume. Dans cette interview, la responsable du Département analyse et recherche du Groupe du Crédit du Maroc revient, pour les Inspirations ÉCO, sur la situation du secteur et son évolution.

Les Inspirations ÉCO : Comment la situation de surliquidité actuelle peut-elle pénaliser le secteur bancaire ?
Kawtar Karbal : La surliquidité dans le secteur bancaire intervient quand les banques disposent d’un cash supérieur à ce qu’elles utilisent réellement. Dans ce cas de figure, les institutions financières assouplissent leurs conditions d’octroi des crédits dans le but d’en commercialiser davantage. Toutefois, un tel assouplissement peut conduire à une montée en force des créances en souffrance, sachant que leur niveau est alarmant depuis quelques années déjà. Autrement dit, la surliquidité conduirait probablement à alimenter la hausse des créances en souffrance. Néanmoins, les banques sont tenues de suivre de près leur liquidité et ce, pour éviter toute situation de surliquidité qui pèserait fortement sur leurs marges.

Quelle lecture faites-vous de la décélération des dépôts?
Il faut rappeler que la décélération des dépôts s'accompagne du décollage difficile des crédits bancaires. Cette situation mène le secteur plutôt vers un équilibre. Et il faut dire que dans ce contexte de retour à l’équilibre, les banques travaillent d’arrache-pied pour pouvoir maintenir leurs parts de marché.

Comment voyez-vous l’évolution du marché bancaire?
Les crédits bancaires entament l’exercice 2017 sur une croissance honorable de 3,5% en année glissante. Cette évolution est portée, notamment, par les crédits aux particuliers qui réalisent +3,7% ainsi que l’équipement avec +5,5%. À contrario, les crédits de trésorerie affichent un repli de 4,5%. Hors créances en souffrance, les crédits se hissent de 3% sur la même période. S’agissant de la collecte, elle ressort en progression de 4,5% par rapport à l’année précédente. Cette évolution se caractérise par la hausse de 7,4% de la collecte à vue et la baisse de 10,4% de l’encours des dépôts à terme sur l’ensemble du secteur, à l’exception du CIH. Cependant, hors dépôts à terme, les dépôts augmentent de 8,9% sur une année glissante.

Fitch vient de publier une note qui met en garde les banques marocaines contre leur expansion en Afrique. Qu’en pensez-vous?
La dernière note d’analyse de l’agence Fitch met en évidence le caractère risqué de l’offensive des banques marocaines en Afrique subsaharienne, dont les notes souveraines sont inférieures aux obligations souveraines marocaines (BBB-). Cette situation expose les banques marocaines à un risque d’actif conséquent alors que les normes réglementaires locales ne seraient pas aussi développées qu’elles le sont au Maroc. De plus, l’étude fait état de la contribution aux bénéfices des banques marocaines en 2016, qui se situe à 32% pour BMCE BOA, 29% pour Attijariwafa bank et 12% pour BCP. Par ailleurs, il est noté, également, l’importance du nombre de pays de présence de ces institutions. BMCE BOA serait présente dans 19 pays africains, Attijariwafa bank dans 13 pays et la BCP dans 8 pays. Nous pensons que les institutions bancaires marocaines devraient travailler avec les autorités de régulation locales pour se prémunir autant que faire se peut contre les risques inhérents à leur présence dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.  

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