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Finances

Casa Finance City a organisé une conférence autour des enjeux et du potentiel des Fintech. Les échanges se sont essentiellement concentrés sur les mesures à mettre en place pour pouvoir exploiter cette révolution numérique au Maroc et en Afrique.

C’est confirmé : les générations futures vivront pleinement dans l’ère du digital. Si l’ensemble des services commencent aujourd’hui à se digitaliser, le secteur financier n’est pas en reste. En plein essor, la Fintech (à l’intersection de la finance et la technologie), représente l’avenir de l’industrie financière. Conscient du potentiel, le sujet fait actuellement l'objet de la plupart des rencontres au Maroc.

C’est dans ce sens que Casa Finance City (CFC) -qui se veut être une pionnière dans l’innovation- a tenu à rassembler un parterre de financiers et de professionnels lors d’une conférence sous le thème des : «Fintechs : Enjeux, opportunités et défis au Maroc et sur le continent». Certes, le potentiel de l’activité n’est pas encore «chiffrable», mais la transformation des banques, face aux évolutions de marché, interpellent l’ensemble des acteurs de la place. Dans ce contexte, le directeur général de CFC, Saïd Ibrahimi, a rappelé, que les investissements mondiaux dans les Fintechs ont atteint 24,7 milliards en 2016.

Entre 2010 et 2016, le montant cumulé des investissements a atteint 132 milliards de dollars. Cette transition -qui implique forcément une optimisation via internet et le Big Data- passe par l’intégration de l’expérience client, l’amélioration des process, l’évolution des organisations et des infrastructures ainsi que le changement du business model de ces opérateurs financiers. Le discours des experts reste rassurant, voire motivant. Puisque, suivant l’expérience de la Fintech en Afrique (considérée comme le plus grand laboratoire à ciel ouvert), l’activité ne risque pas de «disrupter» les services financiers. Au contraire, «la Fintech favoriserait l’inclusion financière, compte tenu du type de population présente sur le continent», commente Pierre-Antoine Balu, associé chez PWC et responsable des activités des services financiers. D’ailleurs, l’histoire de la Fintech en Afrique, a commencé il y a une dizaine d’années avec le lancement notamment d’Interswitch au Nigéria et M-Pesa au Kenya. Devenus des cas d’école, nombreux opérateurs leur ont emboîté le pas. D’après Balu, «le marché africain est très fragmenté et la réglementation reste le frein principal à son développement. Or, «il faut que l’État prenne également des initiatives pour l’essor de la digitalisation en général», souligne de son côté Tom Theobald, directeur général adjoint de Luxembourg For Finance. Le pays, considéré comme une «Smart Nation», est le plus réactif en Europe. Le régulateur luxembourgeois a, par exemple, était le premier de l’union (en 2014) à s’être prononcé sur la monnaie virtuelle.

Du côté marocain, le marché financier se prépare aux mutations offertes par la digitalisation. «Les Fintechs présentent plusieurs avantages, notamment en accentuant la concurrence sur le marché. Ce qui permettra la réduction des coûts des services financiers», avance Asmaa Bennani, directrice du département Surveillance des systèmes et moyens de paiement et inclusion financière, au sein de Bank Al-Maghrib. La nouvelle direction, créée en 2016, se penche sur l’émergence des nouveaux établissements de paiement qui se greffent à l’écosystème financier. La direction tente ainsi d’accompagner l’évolution du marché tout en se parant contre les risques de blanchiment et de cybersecurité. «On est en train d’accélérer le pas, surtout que maintenant certains textes sont sortis au Bulletin officiel», annonce Bennani.

D’un autre côté, Samira Khamlichi, directrice générale de Wafacash, temporise, «il vaut mieux prendre son temps et bien faire, que faire vite et mal». Certes, le régulateur doit être assez réactif, mais surtout plus flexible. Le cycle de vie d’une Fintech étant très court (environ 5 ans), la réglementation montrera vite ses limites. «L’un des principaux défis de cette évolution serait d’éviter la cannibalisation des Fintechs», relève Hicham Elalamy, directeur à l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Ce dernier craint, en effet, la friction qui peut être créée entre les acteurs Fintech et les financiers traditionnels. Or, très peu d’opérateurs sont rentables, et le peu qui reste représente une manne pour le secteur. Aujourd’hui, le Maroc compte sur une multitude d’acteurs pour l’émergence de la Fintech, à travers notamment les établissements de paiement, les plateformes de crowdfunding ou encore les opérateurs téléphoniques. Plus agiles, ceux-ci semblent plus en phase avec les mutations du marché et se montrent audacieux en termes d’innovation. 


Asmaa Bennani
Directrice du département Surveillance des systèmes et moyens de paiement et inclusion financière au sein de Bank Al-Maghrib

Bank Al-Maghrib a reçu une dizaine de lettres d’intention de la part des établissements de paiement. Ils nous ont contactés pour montrer leur intérêt et attendent notre feu vert en vue de retirer les dossiers d’agrément. Cela concerne essentiellement les métiers de transfert de fonds, de l’acquisition –commerçant (équiper les commerçants en TPE), des paiements ainsi que l'e-commerce».

Samira Khamlichi
Directeur général de Wafacash

Aujourd’hui, Wafacash -considéré comme acteur majeur dans la Fintech- est en phase d’exportation. En effet, nous sommes aujourd’hui en cours d’installation de notre business model dans plusieurs pays africains (Sénégal, Cameroun, Côte d’Ivoire, Bénin, Niger, Burkina Fasso). Nous n’avons pas encore fait l’expérience en sens inverse, mais nous sommes dans la réflexion de faire évoluer les partenariats avec nos pays de présence et créer des applications et services financiers adaptés aux deux marchés respectifs».

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