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La réglementation du secteur du tabac au Maroc nécessite une réfonte globale, estime Philip Morris. Prix du tabac, taxes, produits alternatifs... les enjeux sont énormes.

Les représentants de la presse nationale ont été reçus, jeudi, par le top management de Philip Morris Maroc, pour débattre autour d’un sujet crucial pour le développement du secteur du tabac au Maroc. Il s’agit de la refonte de la réglementation du secteur. Dans ce sens, le premier sujet abordé, concernait justement les répercutions des la hausse des prix du tabac sur le secteur. «L’augmentation de 6% du prix des cigarettes a généré une décroissance de 30% de notre part de marché. Les décisions de pricing sont très sensibles. Chaque opérateur a fait en sorte de protéger ses intérêts autant qu’il le peut», assure Ibrahimi Jalal, DG de Philip Morris Maroc (PMM).

En effet, le mélodrame de l’augmentation des prix de cigarettes a défrayé la chronique en janvier dernier. Pour rappel, la taxe intérieure de consommation (TIC) applicable aux cigarettes a été modifi ée et le taux minimum de perception passe de 567 dirhams à 630 DH pour 1000 cigarettes. Ces montants concernent spécifiquement les marques d’entrée de gamme, comme Marquise. Pour ce qui est des marques premium, le taux de perception au titre de la TIC est passé de 53,6% à 58%. Ces nouveautés devaient se traduire par une augmentation de 2 DH pour les marques ou produits à bas coûts et de 7 DH pour les marques premium. Sauf que certains opérateurs comme Philip Morris ont opté pour une absorption partielle de la hausse des prix plutôt que de répercuter la totalité de la hausse sur les prix.

Dans ce sens, Abla Benslimane, directrice des affaires générales de Philip Morris Maroc, déclare que «PMM n’a pris que 2 DH de l’augmentation qui devrait être de l’ordre de 7 DH pour les marques premium (5 DH pour les mediums et 2 DH pour le bas de gamme). Aucun produit n’a augmenté le prix avec la valeur totale de la taxe». Le marché du tabac étant libéralisé et très concurrentiel, PPM a préféré contracter ses marges plutôt que d’augmenter les prix de manière importante et brusque. La problématique de fixation et d’augmentation du prix de tabac, ne se pose que dans notre pays. En fait dans d’autres pays, notamment la France qui a adopté la même structure de calcul de la taxe que le Maroc, les augmentations de taxes sont échelonnées sur un certain nombre d’années, donnant ainsi une visibilité aux acteurs du marché. Un point que le top management de PPM n’a pas maqué de rappeler. «Sous d’autres cieux, les augmentations son faites à travers des plan triennaux voir quinquennaux. Ceci donne en effet, plus de visibilité aux industriels du tabac. La planification des prix doit être régulière et non agressive », précise Abla Benslimane.

Coup de lifting à la loi
Pour l’entreprise, la révision de la loi 15-91 publié en 1995 est impérative. En effet, mise en veille depuis 7 ans, la dite loi concernant le secteur devrait faire peau neuve. Toutefois, le gouvernement semble faire marche arrière en matière de normalisation des produits de tabac. Déjà le projet d’arrêté fixant la teneur des cigarettes en nicotine, goudron et monoxyde de carbone, qui introduisait dans l’industrie et le commerce du tabac la norme 10-1-10 (10 mg pour le goudron par cigarette, 1 mg pour la nicotine et 10 mg pour le monoxyde de carbone), n’est toujours pas passé. Pourtant l’adoption de cette norme aura «d’importantes implications» sur le consommateur. «Nous attendons impatiemment la mise en place de cette norme. Ceci ne pourra que nous procurer une meilleure visibilité par rapport à notre marché. En plus ce type de normalisation ne coute rien, ni au gouvernement ni aux opérateurs du tabac», explique de son coté, Majdouline El Hassouni, directeur des affaires réglementaires chez PMM.

Fin des cigarettes conventionnelles ?
Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que si l’augmentation de la taxe, et donc des prix, a pour but d’augmenter les recettes fi scales (11 milliards de DH de recettes de TIC en 2018), l’objectif subséquent devrait être normalement de pousser les fumeurs à baisser leur consommation à défaut de l’arrêter complètement. D’où l’intérêt de l’introduction de produits alternatifs à la cigarette conventionnelle. Toutefois la réglementation nationale ne le permet toujours pas. «Nous espérons que le Maroc soit l’un des premiers pays d’Afrique à bénéficier de ces produits car nous pensons qu’il existe un potentiel dans le pays», affirme le management de PMM. En effet, les fumeurs adultes du monde entier, y compris au Maroc, recherchent une meilleure alternative à la cigarette conventionnelle. Toutefois, le lancement de ce type de produits ne relève pas seulement de l’opérateur en question. Le gouvernement et les pouvoirs publics ont également un rôle important à jouer pour fournir des informations claires aux consommateurs sur cette nouvelle catégorie de produits et surtout pour défi nir les cadres réglementaires susceptibles d’accélérer le passage à grande échelle des fumeurs adultes qui choisissent autrement de continuer à fumer ces produits. À noter par ailleurs que le produit phare de Philip Morris, qu’est le iQos, rencontre un franc succès. La preuve, au 31 décembre 2018 environ 6,6 millions de fumeurs adultes dans le monde avaient déjà arrêté de fumer et étaient passés au produit de tabac à chauffer iQos actuellement disponible sur 44 marchés. Derrière cette innovation, il existe un programme scientifique rigoureux de la part de Philip Morris International (PMI). Aujourd’hui en plus des 250 études publiées par PMI depuis 2011, des études indépendantes ont été menées sur le sujet, notamment par des agences gouvernementales comme l’Institut fédéral d’évaluation des risques en Allemagne ou encore l’Institut national de la santé publique et de l’environnement aux Pays-Bas pour ne citer que ceux-là.

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