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Éditos

L’interview publiée hier par Les Inspirations ÉCO avec Abdelali Benamour, président du Conseil de la concurrence, est révélatrice à plus d'un titre. L'homme n'est pas allé par quatre chemins pour exprimer son ras-le-bol face à un inexplicable immobilisme qui perdure depuis maintenant trois années, et qui n'est, ni plus ni moins, qu'un gel déguisé des activités du Conseil de la concurrence.

En effet, il est incompréhensible que le gouvernement Benkirane se soit, durant tout son mandat, abstenu de nommer les membres du conseil après que le mandat des anciens administrateurs soit arrivé à échéance en 2014. Seul le président est en activité, de par sa nomination par le roi, tandis que les autres structures du conseil sont à l'arrêt. Un fait pourtant décrié par le FMI, car il va à l'encontre de la volonté du royaume d'améliorer son classement au Doing Business.

L'actuel gouvernement devrait gagner du temps en remédiant à cette anomalie puisque les dossiers s'entassent et que les questions de l'opinion publique deviennent pressantes. Seulement, la déclaration de Lahcen Daoudi, ministre délégué aux Affaires générales, ne témoigne pas de cette urgence puisqu'il parle d'études à lancer par le gouvernement ! Encore des études coûteuses, alors que la Constitution du pays prévoit une institution dotée du pouvoir d'auto-saisine et d'indépendance, malheureusement toujours bloquée par l'Exécutif.

Pour conclure, le gouvernement El Othmani pourrait envoyer un signal fort de transparence, d'équité et d'égalité des chances envers les investisseurs. C'est un minimum qui semble aujourd'hui relever de l'exploit. Hélas ! 

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