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Économie

Quel bilan faites-vous de l’activité de la Fondation marocaine de l’étudiant depuis sa création ?
La FME a maintenant 18 ans et plus de 1.500 jeunes ont été accompagnés pour réaliser leurs projets de vie grâce à la mobilisation d’un écosystème de solidarité active. Le bilan que nous en faisons peut se résumer en 2 chiffres : 800 ex-bénéficiaires sont aujourd’hui actifs dans différents secteurs d’activités en tant que salariés ou en tant qu’entrepreneurs. 700 sont en cours de formation dans les meilleurs établissements d’enseignement supérieurs au Maroc ou à l’étranger mais au-delà des chiffres, nous en tirons surtout la fierté d’avoir accompagné ces jeunes pour réaliser leur potentiel malgré que leur conditions sociales limitent leurs ambitions. Ils sont la preuve que l’ascension sociale par le mérite est possible dans notre pays. Notre bilan est celui de démontrer qu’il est possible de fédérer différents acteurs pour rendre cette ascension possible, qu’ils soient des écoles privés, des mécènes et donateurs, entreprises ou particuliers, des bénévoles et qui donnent de leur temps et de leur expérience. Notre bilan c’est qu’il est possible d’agir pour ces jeunes qui le méritent.

Comment a évolué sa mission durant cette période ?
Notre mission est restée constante depuis la création de la fondation : activer l’ascenseur social par le mérite. Nous avons certes commencé par une jeune fille, puis une dizaine et cette année, c’est une nouvelle promotion de 96 jeunes qui bénéficieront de nos programmes. Au départ, il s’agissait de leur ouvrir les portes des meilleures formations, de leur donner un petit montant pour survivre puis un mentor pour les accompagner moralement. Maintenant, en plus de cela, nous déployons pour eux tout un programme d’accompagnement pour renforcer leurs capacités : des langues, de la communication, du coaching, des stages à l’étranger. Nous levons tous les freins à leur ascension sociale.

Quels sont les critères adoptés pour le choix des bénéficiaires de différents programmes de bourse et des dispositifs d’accompagnement ?
Les critères sont ceux du mérite. Nous recherchons l’équilibre entre excellence académique et mérite social. Ainsi, en plus de la note au baccalauréat et le projet de vie, nous étudions leur dossier social (statut d’orphelin ou abandon, structure familiale, fratrie, originaire d’établissement de protection sociale, originaire de douar, personne à besoins spécifiques, revenus du ménage). Un scoring est établi à partir de ces éléments auxquels s’adjoignent parfois des critères de certains bailleurs de fonds, territoriaux, genre ou encore filière d’étude. Ce sont ces critères qui nous ont permis de choisir les 96 de cette promotion parmi les 5.000 dossiers complets que nous avons reçus pour cette année universitaire.

Quelle place accordez-vous aux entreprises pour accroître les ressources financières de l’association ?
La majorité de nos financements proviennent d’entreprises ou fondations d’entreprise. Elles ont une grande place tant au niveau financier qu’au niveau du temps qu’elles accordent à nos bénéficiaires en leur ouvrant leurs portes par des visites, mise à disposition de leurs salariés pour le mentorat ou pour des places de stages. Elles ont une grande place mais elles peuvent encore en prendre davantage. La reconnaissance d’utilité publique de la FME et la confiance de ses partenaires fidèles démontrent que notre action est structurante et a un impact clair. Les entreprises dans le cadre de leur stratégie d’engagement sociétal trouvent dans notre action une approche clé en main avec les avantages d’un programme transparent tangible et concret. Toutes les entreprises peuvent bénéficier d’avantages fiscaux tout en agissant pour l’égalité des chances. Notre ambition est de trouver des entreprises partenaires qui peuvent s’engager dans une approche de financement récurrente et en phase avec nos programmes afin de nous permettre d’avoir une meilleure visibilité sur nos ressources et nous engager avec un plus grand nombre de bénéficiaires.

Adoptez-vous des quotas par régions pour couvrir l’ensemble du territoire national ?
Nous ne procédons pas à des quotas par région. Néanmoins, certains de nos partenaires dans le cadre de leur engagement sociétal de développement local dû à leurs zones d’implantation d’activité font que nous recherchons les candidats remplissant le critère. Néanmoins, une fois le scoring fait, nous faisons en sorte de respecter un équilibre pour nous assurer de couvrir l’ensemble du territoire. Avec la nouvelle convention que nous venons de signer avec l’Association des présidents des conseils préfectoraux et provinciaux, nous espérons avoir un nombre minimum de bénéficiaires dans chacune des 75 provinces du royaume.

Prenez-vous en charge les étudiants tout au long de leurs parcours universitaires ?
Absolument, nous nous engageons vis-à-vis d’eux tout le long de leur parcours. Nous les accompagnons même jusqu’à 6 mois après leur diplomation avec des ateliers d’employabilité en les maintenant dans le bassin de l’emploi. Notre relation avec les bénéficiaires va bien au delà de la prise en charge. Ils considèrent la fondation comme leur famille. Connaissez-vous une famille marocaine qui ne se bat pour que ses enfants terminent leurs parcours universitaires ?

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