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Économie

L’agence de notation internationale a rehaussé de négative à stable la perspective de la dette à long terme en devises et en monnaie locale et confirmé le statut déjà acquis d’Investment Grade BBB.

Faut-il s’inquiéter du poids de la dette publique sur les équilibres macro, la santé de l’économie et la résilience du budget? La réponse n’est pas évidente tant certains facteurs structurels ne changent pas. Vigilance est donc de mise comme l’a bien expliqué Abdellatif Jouahri, Wali de Bank Al-Maghrib, il y a quelques semaines, à l’issue de son Conseil d’administration. Avec un taux d’endettement du Trésor de 66% du PIB, une dette publique globale qui atteindra 81% du PIB en 2020 (plus de 900 MMDH, ndlr) ainsi qu’un faible revenu par tête d’habitant, le Maroc se situe en dehors de la médiane des pays à revenu similaire. Il se trouve ainsi bloqué par des facteurs structurels qui demandent beaucoup de temps pour changer de configuration. Toutefois, l’inquiétude n’est pas de mise tant les fondamentaux de l’économie restent malgré tout bons.

En atteste la bonne note que S&P Global Ratings vient de concéder au Maroc au sujet de sa dette extérieure. En effet, l’agence de notation internationale a rehaussé de négative à stable la perspective de la dette à long terme en devises et en monnaie locale. Elle a également confirmé le statut déjà acquis d’un Investment Grade BBB. Pour planter le décor, il est à savoir que l’encours de la dette extérieure publique s’est pourtant creusé de 11,2 MMDH. Il faut préciser que ce montant additionnel provient d’une levée de fond qui a été décidée durant le premier trimestre de l’année. Une deuxième sortie du même montant (1 milliard d’euros, ndlr) est prévue en 2020. S’y ajoutent des prêts bilatéraux ou multilatéraux que le Trésor ou les entreprises et établissements publics pourraient mobiliser pour financer les grands projets d’investissement. Comparativement à fin 2018 où l’encours de la dette s’est situé à 326,6 MMDH, cet encours a bondi à 337,8 MMDH à fin juin 2019. Avec un PIB à 1.106,8 milliards de DH en 2018, la dette extérieure représente donc 29,5% du PIB. Un niveau qualifié de confortable mais qui doit malgré tout être surveillé de près.

Pour cause, le service de la dette (remboursement du capital et des intérêts) se fait en devises étrangères alors que la balance des paiements au Maroc est structurellement déficitaire. Rappelons que la situation était encore plus corsée en 2017 avec un encours de330 MMDH, soit 31% du PIB au titre de la même année.

Dans ce contexte, l’agence de notation se veut rassurante. L’amélioration de la notation de la dette aussi bien extérieure qu’intérieure est motivée, selon S&P, par ce qu’elle qualifie de nouvelles orientations de la stratégie budgétaire globale. Elle en énumère les opérations de privatisation, le recours aux financements innovants pour l’investissement public et les opérations de couverture contre la hausse des cours du gaz butane réalisées sur le marché international pour prémunir le budget de l’État d’une augmentation des charges de compensation. Par ailleurs, le rapport de S&P explique sa bonne appréciation du niveau de la dette marocaine par le niveau modéré du poids de celle-ci. Tout en ajoutant un autre argument lié à une structure de la dette favorable avec une durée de vie moyenne de 6 ans et 5 mois et un coût moyen de 3,9%. Autre facteur réconfortant, comme défendu par l’autorité monétaire nationale, l’existence d’une ligne de précaution et de liquidité approuvée par le FMI.

Le renouvellement de cette ligne est en soi un gage de confiance de l’institution financière internationale dans les fondamentaux du pays. Elle agit aussi en une sorte de garantie pour les capitaux étrangers qui montrent leur confiance dans l’économie du royaume. Cette LPL est un coussin qui soutient la stabilité macro-financière du Maroc et ses objectifs de politiques économique et budgétaire. Dans cette perspective, S&P Global Ratings a souligné la stabilité politique et sociale dont jouit le Maroc dans une région bouillonnante.   


Coût de la dette extérieure

L’année prochaine, le gouvernement s’attend à un paiement de 41,5 MMDH dont 8,9 MMDH d’intérêts, sur la base de l’encours actuel. Cette charge peut augmenter si l’on tient compte de nouveaux emprunts et sorties à l’international. Par ailleurs, au premier trimestre de l’année en cours, la dette extérieure a coûté 5,5 MMDH en remboursements, dont 1,1 MMDH d’intérêts. Un montant qui reste inchangé par rapport à l’année dernière. Par extrapolation et selon les prévisions de service de la dette des trois autres trimestres de l’année, 2019 devrait s’achever avec un coût de 29,1 MMDH, en hausse de 2% par rapport à 2018.

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