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Les autorités marocaines gagneraient à s’inspirer du nouveau programme de la Banque mondiale visant la promotion de l’emploi des jeunes. Doté d’une enveloppe de 50 millions de dollars, ce projet implique différentes institutions publiques et s’attelle à des volets complémentaires: formation, soutien aux entrepreneurs en herbe et investissements dans les entreprises locales.

Nombre de programmes ont été lancés au cours des dernières années pour promouvoir l’employabilité des jeunes au Maroc, mais rien n’y fait. Le chômage demeure très élevé parmi les jeunes qui peinent à s’insérer dans le marché du travail pour plusieurs raisons. La Banque mondiale pointe la fragmentation des programmes et le difficile alignement entre les compétences recherchées et les profils disponibles. Aujourd’hui plus que jamais, il faut mettre fin au travail en silos, en matière de développement des compétences et de promotion de l’employabilité des jeunes. Acteurs comme programmes sont appelés à s’inscrire dans une même synergie pour agir efficacement sur les freins à l’insertion professionnelle des jeunes.

Il faut créer des opportunités d’emploi en agissant sur l’offre et la demande, comme l’a souligné aux Inspirations ÉCO Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb. C’est ainsi que le programme de soutien à l’inclusion économique des jeunes dans la région Marrakech-Safi que vient d’approuver cette institution internationale vise la promotion des solutions intégrées dans le but d’améliorer l’employabilité des jeunes et l’entrepreneuriat. Doté d’une enveloppe de 55 millions de dollars, ce projet s’appuiera à la fois sur «des programmes adaptés aux attentes du marché du travail et sur des synergies renforcées entre parties prenantes - organes centraux, autorités locales et secteur privé». La Banque mondiale mise sur trois volets pour relever le défi de la lutte contre le chômage. Le premier porte sur la promotion de l’inclusion économique des jeunes à travers la création d’espaces Emplois Jeunes ayant pour mission d’offrir des services personnalisés d’orientation professionnelle, de formation et d’adéquation à l’emploi aux jeunes sans qualification. L’insertion professionnelle des «Neet» (ni en formation, ni en stage, ni en emploi) est un enjeu de taille. Cette catégorie de jeunes a besoin d’être accompagnée à travers des formations spécifiques mais aussi des stages d’immersion dans le monde professionnel, selon le plan gouvernemental de l’emploi. Les «Neet» nécessitent une attention particulière, d’autant plus que leur pourcentage est élevé. Selon le Haut-commissariat au plan, le taux des Neet est de 29,3% parmi l’ensemble des jeunes au niveau national, 13% parmi les hommes et 46% parmi les femmes (un taux environ 3,5 fois plus important que celui des hommes). Les actions devront être territorialisées et adaptées aux spécificités régionales car certaines régions sont plus touchées que d’autres. Le taux des Neet varie entre 20,6% au niveau de la région Dakhla-Oued Eddahab (7,5% parmi les hommes et 46,7% parmi les femmes) et 34,4% au niveau de la région de l’Oriental (16,8% parmi les hommes et 53,6% parmi les femmes).

Dans la région Marrakech-Safi, quelque 640.911 jeunes ne seraient aujourd’hui ni au travail, ni à l’école, ni en formation, selon les données de la Banque mondiale. À cela s’ajoute un grand problème: «dans sa grande majorité, la jeunesse est peu qualifiée ou possède des compétences inadaptées aux besoins du secteur privé». Aussi le projet régional de la Banque mondiale entend-il s’atteler à l’adéquation des compétences et de l’employabilité des jeunes. Dans les espaces emploi qui seront déployés dans les différentes provinces de la région et gérés par l’ANAPEC, il sera procédé au renforcement des compétences des jeunes et aux services d’intermédiation professionnelle. On s’attend à atteindre quelque 19.000 jeunes âgés entre 18 et 34 ans inactifs depuis longtemps, peu qualifiés et travailleurs informels au cours des cinq années de mise en oeuvre du projet. Le renforcement des compétences des jeunes à lui seul n’est pas suffisant pour réduire le chômage. Il faut aussi développer l’écosystème entrepreneurial et accroître les possibilités de création d’entreprises par les jeunes dans les secteurs à fort potentiel. C’est le second volet du projet de la Banque mondiale dans la région Marrakech-Safi. Le Centre régional d’investissement (CRI) va superviser un réseau de centres régionaux/provinciaux pour l’entrepreneuriat et le développement économique. Il s’agira d’une sorte de guichets uniques assurant la coordination de l’action publique et les acteurs privés opérant dans l’écosystème local.

Parallèlement, un programme de développement de l’entrepreneuriat sera lancé par l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), afin de renforcer les capacités et soutenir financièrement les nouvelles entreprises en amont et en aval de leur création. Quelque 1.500 entreprises dirigées par des jeunes âgés de 18 à 34 ans dans la région devront voir le jour pendant les cinq années du projet. Afin d’encourager la création d’emplois pour les jeunes, le projet soutiendra également l’essor de chaînes de valeur propres à la région, offrant un bon potentiel en termes de croissance et d’inclusion. Quant au troisième volet, il vise le renforcement des capacités de mise en oeuvre, en vue de «permettre à tous les acteurs concernés (y compris le ministère du Travail et de l’insertion professionnelle et les autres organes d’exécution) de superviser la concrétisation des activités prévues et de consolider les programmes régionaux d’insertion des jeunes, de formation et de développement territorial ». 

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