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Économie

Le Maroc est appelé à rattraper le retard accusé en matière d’intégration des TIC dans l’enseignement. Les efforts déployés depuis quelques années restent insuffisants tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Une véritable stratégie visant le développement de la digitalisation dans l’enseignement s’impose pour développer les compétences numériques au sein des écoles.

La réforme en vue de l’enseignement tend à développer l’utilisation des nouvelles technologies dans les établissements scolaires et universitaires. L’article 33 de la loi cadre sur l’éducation et la formation envisage l’intégration de «l’enseignement électronique» dans le système dans la perspective de sa généralisation de manière progressive. Il faut dire que la promotion de la digitalisation dans le secteur de l’enseignement s’impose pour améliorer la qualité des apprentissages et préparer les jeunes à s’adapter aux besoins du marché du travail. Le Maroc accuse un retard abyssal sur ce dossier en dépit des efforts déployés au cours des dernières années. Le processus d’intégration de la digitalisation comme l’une des composantes importantes de l’enseignement devra être accéléré.

La mission du FMI a récemment appelé à l’accélération de la cadence de cette réforme. Le gouvernement est visiblement conscient des enjeux de l’intégration des technologies de l’information pour la promotion du système éducatif et le renforcement des compétences des élèves et des étudiants. Il faut mettre les bouchées doubles pour atteindre les objectifs escomptés et lutter contre les inégalités spatiales dans ce domaine. Aucune région ni zone même très éloignée ne doit en effet être laissée pour compte. Les besoins sont énormes. Même en milieu urbain, les établissements scolaires publics demeurent sous-équipés en matériels informatiques. Une enveloppe budgétaire conséquente devra être débloquée pour que les équipements soient à la hauteur des aspirations.

Rappelons à cet égard que le chef du gouvernement Saâd-Eddine El Othmani a souligné l’impératif d’intégrer les contenus et les ressources numériques dans d’élaboration et l’actualisation des programmes de la prochaine rentrée scolaire et d’oeuvrer pour que l’ensemble des établissements scolaires soient équipés en matériel informatique à l’horizon 2021. L’exécutif entend améliorer la gouvernance du programme «GENIE» qui a été lancé en 2006 pour développer des compétences numériques dans les écoles grâce à quatre composantes essentielles. Il s’agit du développement de l’infrastructure, la formation des enseignants, les ressources numériques et le développement des cas d’utilisation à travers l’assistance à l’utilisation des technologies numériques et Internet. Treize ans après sa mise en place, le programme génie nécessite d’être développé tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Ce programme n’a permis jusque-là d’équiper que 3.000 salles en matériel informatique. Des efforts considérables doivent être déployés en milieu rural pour équiper les écoles, -du moins celles qui sont raccordées au réseau électrique-, en matériel informatique. Le jeu en vaut la chandelle car le manque à gagner est on ne peut plus considérable. L’expérience démontre que l’usage des TIC dans le domaine de l’éducation peut fortement soutenir la transformation de l’école et contribuer à atteindre plusieurs objectifs, comme le souligne la Banque mondiale dans son mémorandum sur le Maroc. La digitalisation de l’enseignement permet en effet d’améliorer la gestion des établissements scolaires. Mieux encore, elle permet aux enfants non scolarisés d’accéder à une forme d’éducation et offre aux enseignants un accès additionnel à des programmes de formation aux meilleures pratiques de l’enseignement.

Les TIC favorisent une autre forme d’apprentissage des élèves via des programmes interactifs spécialisés et adaptés au niveau de chacun. Un autre élément important est souligné par la banque mondiale : les TIC contribuent à augmenter la fréquence des évaluations des élèves pour mieux identifier les lacunes. L’expérience indique aussi que l’usage contrôlé des outils multimédias (radio, DVD, CD et autres média) renforce la motivation des élèves. L’amélioration de la connectivité et de l’usage des TIC dans le secteur de l’éducation contribue à accroître la qualification de l’offre de travail et à mieux répondre aux besoins des entreprises ce qui, à moyen terme, favorise l’emploi et la croissance économique. «Dans le cas du Maroc, les TIC sont porteuses de grandes promesses en matière d’amélioration de l’éducation, à condition qu’elle soient bien pensées et utilisées efficacement», selon la banque mondiale.


Des expériences internationales réussies
Le Maroc est appelé à s’inspirer des expériences réussies pour relever le défi de la digitalisation du secteur éducatif. Certaines solutions même très simples pourraient se révéler très efficaces dans l’amélioration de la qualité de l’éducation. Dans sa revue du gouvernement numérique du Maroc, l’OCDE cite l’exemple du projet SMS Story mis en oeuvre en Papouasie-Nouvelle-Guinée qui montre le potentiel des nouvelles technologies pour établir des communications plus directes avec les enseignants exerçant dans le milieu rural. Ce projet a envoyé des conseils d’enseignement aux enseignants pour les aider à améliorer les performances de lecture de leurs élèves et les encourager à stimuler et à enseigner la lecture tous les jours. Une telle intervention a réduit de moitié le nombre d’enfants qui ne savaient pas lire du tout. Pour l’OCDE, bien que ce projet ne permette pas de résoudre tous les défi s éducatifs dans ces domaines, SMS Story représente un modèle permettant de tirer parti de nouvelles alternatives et plus liées pour s’attaquer aux défi s omniprésents auxquels font face les éducateurs dans les écoles rurales.

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