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17-07-2019 09:28

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Économie

Face aux tensions internes, aux chocs externes et à la morosité de la conjoncture économique, la confédération patronale veut réorienter son action afin d’accompagner la conception d’un nouveau modèle de développement.

La première université d’été de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), tenue les 28 et 29 septembre à Casablanca,  a permis de donner un premier aperçu sur les futures orientations stratégiques de l’organisation patronale. Dans un contexte mondial et national en pleine mutation, l’entreprise n’a plus les moyens de son immobilisme. «Nous sommes dans un siècle de bouleversements, lesquels mettent une pression sur les gouvernants, les dirigeants d’entreprises et les citoyens», a déclaré le président de la CGEM, Salaheddine Mezouar, lors du discours inaugural. Il appelle ainsi à un «changement de «mindset» des  acteurs politiques», qui doivent être de plus en plus connectés à ces nouvelles réalités. Plusieurs facteurs sont à l’origine de ces transformations rapides de paradigmes. «L’affrontement entre la Chine et les USA n'est plus une compétition feutrée mais une bataille frontale, commerciale et technologique», témoigne de son côté l’ancien Premier ministre français et aujourd’hui consultant pour plusieurs gouvernements, Dominique de Villepin. Son analyse de la situation géopolitique mondiale peut paraître d’ailleurs inquiétante pour les plus libéraux. Car en plus des tensions palpables entre les deux mastodontes qui impactent le cours des produits -et donc directement la vie de l’entreprise- il affirme aujourd’hui que les démocraties sont à «bout de souffle» et que «les modèles autoritaires sont parfois plus attractifs, car ils paraissent plus connectés aux réalités sociales et identitaires». Il conclue par ailleurs que «le Maroc est soumis au défi des inégalités auquel le capitalisme financier ne peut plus répondre».

Le rapport entreprise/consommateur à revoir
Au niveau interne, les derniers mouvements sociaux ont ainsi mis au défi le monde économique, notamment via l’émergence d’actions spontanées sur les réseaux sociaux, qui court-circuité les canaux traditionnels de communication. La dernière en date est le boycott. Et l’une des premières transformations auquel l’entreprise doit désormais s’adapter est relative au rapport qu’elle entretient avec le consommateur. «Le boycott est une action sociale liée à un ras-le-bol populaire quant à la cherté de la vie, il ne faut donc pas circonscrire ce phénomène à un litige fournisseur/consommateur», explique Mohamed Abou El Aziz, SG  du Conseil de la concurrence. L’atonie de ce dernier, due à un vide institutionnel puisque les membres ne sont pas nommés depuis 2013, a d’ailleurs fait jaser. D’aucuns ont engagé sa responsabilité car son rôle subsidiaire est bien la protection du consommateur par la régulation du marché. Mais il insiste sur les ramifications sociétales du phénomène, et indique que le Conseil de la concurrence n’a pas vocation à «régler des problématiques sociales». Il informe par ailleurs que durant toute cette période, les rapporteurs du Conseil de la concurrence «n’ont pas chômé», et que «plusieurs études ont été élaborées et n’attendent que la nomination des administrateurs pour être présentées au conseil». Mais cette mission de régulation ne suffit pas à elle seule; elle doit être accompagnée de garanties judiciaires, ce qui n’est pas encore le cas, selon Meriem Benkaddour, juriste et professeure universitaire spécialisée dans le droit de la protection du consommateur. Elle recommande ainsi d’abolir la taxe judiciaire pour plaignants et la création d’une «justice de la consommation», à savoir des chambres juridictionnelles dédiées. Entre-temps, alors que les jugements rendus ne sont pas encore exécutoires, Ouadih Madih, SG de la Fédération nationale de la protection du consommateur, propose la «généralisation de la médiation conventionnelle». Une amélioration du Label de la Responsabilité sociale des entreprises  est donc à prévoir. Sa version actuelle permet aux entreprises de démontrer que leur démarche consiste à prévenir les risques de non-conformité légale et anticiper les législations (emploi des personnes en situation de handicap, femmes dans les Conseils d’administration…), respecter les droits fondamentaux de leurs parties prenantes, à tenir compte de leur attentes et de leurs intérêts, à dialoguer avec elles, les informer et leur rendre des comptes.

Le privé ne doit pas être seul
Mais face aux tensions internes et aux chocs externes, le secteur privé ne peut pas être seul. «Notre pays doit accélérer le rythme de la croissance afin de satisfaire les besoins légitimes de ses citoyens. Le secteur privé et public doivent donc travailler main dans la main», a martelé le ministre de l’Économie et des finances, Mohamed Benchaâboun. Un état de fait confirmé par Mezouar qui, dans son mot de la fin, a expliqué que «le secteur privé a besoin de son partenaire public, du gouvernement, des responsables territoriaux, des partenaires sociaux, des universités». L’actuel gouvernement a d’ailleurs fait des promesses, et dit être prêt à « discuter avec les acteurs économiques de toutes les questions entravant l’évolution de l’économie nationale et à œuvrer pour doter le pays d’entreprises fortes pour un Maroc gagnant», comme souligné par Saâd-eddine El Othmani, chef de gouvernement.


Jean-François Copé
Ancien ministre français

Il faut démocratiser le débat sur l’intelligence artificielle, qu’il ne soit plus l’apanage de certains spécialistes. Cette dernière est amenée à remplacer l’intelligence humaine dans plusieurs secteurs et sera à même de transformer l’action politique.

Dominique de Villepin
Ancien Premier ministre français

La guerre idéologique entre le communisme et le monde libéral a été remplacée par une opposition entre les démocraties et les modèles autoritaires. Ces derniers paraissent même parfois plus attractifs, car plus efficients.

Rachid Yazami
Physicien et inventeur

Je rêve de voir un jour le mercato du football s’appliquer à l’innovation. Comme ça, les présidents des universités et des centres de recherche, les chercheurs et les innovateurs de talent seront recrutés sur la base de leurs compétences. Moi par exemple, je suis un Marocain qu’on est allé chercher aux États-Unis pour travailler à Singapour dans une université dirigée par un Américain.


Transformation digitale : à quand le take-off ?

Dans le domaine digital, Salwa Karkri Belkziz, présidente de la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI), compare le Maroc actuel à «un avion qui roule sur la piste mais qui n’a pas encore décollé». S’exprimant lors du panel 3 de l’Université d’été de la CGEM, intitulé «Innovation, digital et intelligence artificielle: les armes de l’entreprise 4.0», organisé vendredi dernier, elle a expliqué qu’il y a une prise de conscience autour de l’importance du digital dans le pays, mais il reste encore beaucoup d’efforts à déployer pour booster l’utilisation du digital dans les administrations (30%) et les PME (23%). Il faut accélérer les infrastructures (ex: généraliser la fibre optique pour le haut débit) et multiplier les centres de formation pour pallier la raréfaction de compétences dans certains domaines. Selon elle, conformément à l’engagement de campagne de Salaheddine Mezouar, la CGEM a décidé de s’investir fortement dans le digital et le numérique. Le patronat a d’ailleurs créé deux commissions dédiées (une commission transformation digitale et technologies et une commission numérique) et travaille à la mise en place très prochainement d’une task force pour dynamiser le digital.


Transition énergétique : il faut accroître le décentralisé !

Le développement des grandes centrales de production énergétique à base d’énergies renouvelables au Maroc a montré que les ENR permettent d’avoir un coût au Kwh inférieur à celui produit de manière classique. «Désormais, il faut accélérer la production décentralisée d’énergie électrique, car elle permet non seulement d’économiser de l’énergie mais également de créer plus de 10 fois plus d’emplois que le système centralisé», a lâché Said El Hadi, président de la Commission nouvelle économie climat de la CGEM et PDG de Nareva Holding, lors de son intervention lors du panel 7 de l’Université d’été de la CGEM intitulé «Maroc durable : quel nouveau souffle ?». Dit comme ça, cela paraît très simple! Le sujet est pourtant très, très compliqué. Le décentralisé, qui consiste à encourager la production électrique à base d’ENR par le privé, a causé beaucoup de dégâts dans certains pays. Pour bien lancer le décentralisé, il faut d’abord créer un produit normalisé puis l’accompagner par un produit financier qui permettra de créer des filières et donc de nouvelles vocations dans le tissu industriel national. C’est ce que vise le ministre de l’Énergie, des mines et du développement durable. Aziz Rabbah y va doucement pour libéraliser les moyenne et basse tensions dans le cadre de la loi 13-09.

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