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10-12-2018 10:23

Michel Bouvier. “Il faut réduire le décalage entre la fiscalité et la réalité économique”

Michel Bouvier. Professeur à l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne, directeur de la revue…
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Économie

Une banque des données sur les activités génératrices de revenus respectueuses de l’environnement sera mise en place pour une bonne connaissance des besoins locaux et régionaux en la matière. Les associations de microcrédit bénéficieront d’un accompagnement sur mesure pour diversifier leur portefeuille et proposer d’autres produits éligibles.

Comment les Associations de microcrédit (AMC) peuvent-elles diversifier leur offre et développer de nouveaux produits et services dits «verts»? Dans un contexte local et régional marqué par un besoin croissant de financement des activités génératrices de revenus, les AMC doivent s’adapter aux besoins différenciés de leurs cibles. Il s’agit aussi de mieux cerner l’impact des paramètres socio-économiques sur l’inclusion financière. Grâce à un don italien de 273.000 euros, cinq associations (Amos, Ismailia, Inmaa, Atil, Attadamoune) vont pouvoir bénéficier d’une étude qui leur donnera plus de visibilité dans ce sens. Cet accompagnement s’inscrit dans la continuité du projet «lutte contre la pauvreté dans les zones rurales du Maroc à travers le soutien au secteur du microcrédit». Il s’agit en fait d’atteindre trois objectifs principaux. D'abord, il s'agit de renforcer les fonctions de contrôle interne, contrôle de gestion et gestion des risques des cinq AMC afin d’atteindre une meilleure performance globale.

Ensuite, il faut permettre aux AMC d’avoir les compétences nécessaires pour étudier, expérimenter, mettre en place de nouveaux produits, services et projets. Ces derniers sont alors susceptible de stimuler les activités économiques durables, la création de richesses et d’emplois surtout dans les secteurs verts tels que l’agriculture organique et biologique, l’écotourisme, les énergies renouvelables, la gestion et le recyclage des déchets. Enfin, il est question d'identifier de nouveaux partenaires stratégiques pour chaque AMC et construire avec eux des relations de long terme. Un objectif qui va de pair avec la volonté de faciliter l’accès des AMC à de nouvelles sources de financement et à de nouvelles niches de marché. Dans cette optique de diversification, les agences de microcrédit ont aujourd’hui tous les prérequis nécessaire sur pour jouer l’intermédiation bancaire. Elles peuvent proposer à leurs clients d’y ouvrir des comptes gérés par les banques classiques. D’un point de vue de la pénétration bancaire, ce rôle est de premier plan puisque 40% des 1.650 agences de microcrédit se trouvent dans le monde rural et les zones enclavées. À aujourd’hui, plus de 500.000 comptes ont été ouverts dans le cadre de l’intermédiation en opération de banque (IOB). La diversification des métiers touche aussi à la micro-assurance, qui totalise aujourd’hui 750.000 contrats au profit de 1,7 million de personnes. Ce besoin de s’ouvrir sur de nouvelles perspectives, métiers ou services vient aussi du fait que le secteur est loins de tourner à son plein régime. Il reste encore en deçà des opportunités disponibles, mais aussi des besoins d’inclusion financière.

Les AMC sont ainsi appelées à s’inscrire dans une approche proactive en rapport avec les besoins et objectifs de développement humain. Toutefois, l’enjeu aujourd’hui pour les AMC est de renforcer durablement leur positionnement en termes d’offre de produits et services adressés aux jeunes et aux femmes en milieu rural, tout en veillant à la protection de l’environnement et les impératifs du développement durable. Combiner entre développement de la micro-finance et l’environnement devient un enjeu de première importance pour les AMC qui veulent garder un portefeuille sain. Il s’agit également d’identifier des filières potentielles (types d’activités, nature des métiers, volume des investissements, emplois prévisionnels à créer) et de développer des chaînes de fournitures de produits et services verts. Une banque des données devrait ainsi voir le jour énumérant les activités génératrices de revenus éligibles et celles à bannir pour leur impact négatif sur l’environnement. Aujourd’hui, le secteur est à la recherche de nouvelles perspectives pour sortir d’une gestion classique qui a montré ses limites. En effet, la Fédération nationale de microcrédit (FNAM) table désormais sur le digital parmi d’autres défis à relever. Justement, l’introduction du digital permettra surtout des économies sur les coûts, permettra de mieux connaître la clientèle et maîtriser les risques financiers pour une expansion encore plus forte.  


Comment monter un partenariat international

Les Associations de microcrédit peuvent aussi nouer des partenariats stratégiques avec des investisseurs internationaux. Dans ce sens, un programme d’accompagnement spécifique est prévu. Il porte essentiellement sur le partage d’information avec les AMC sur les investisseurs potentiels. Le projet prévoit également de faciliter la mise en relation d’au moins un investisseur avec chacune des cinq AMC cibles. Les contacts porteront sur l’échange d’informations concernant la stratégie, la performance financière et sociale entre investisseur et AMC.

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