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Économie

Les minotiers sont sur la watchlist des banques marocaines. Au sein de la Fédération nationale des minotiers, pourtant, on se veut rassurant et on appelle au lancement de réformes sectorielles urgentes.

À première vue, l’information est étonnante: le secteur meunier est dans le viseur des banques de la place. Pourtant, cette activité industrielle compte des mastodontes comme GROMIC, Fandy, Dalia, Dari Couspate, les Grands moulins de Tensift ou encore Moony. Ces géants actifs, entre autres, dans le secteur meunier, réalisent des CA oscillant entre 400 MDH et 1 MMDH et ne sont pas les premiers à être concernés par cette vigilance accrue des banques. Les acteurs de ce secteur visés par la watchlist se trouvent plutôt dans le «ventre mou» d’une profession où les parts de marchés sont atomisées, au point de fragiliser l’ensemble de la profession.

Les raisons d’une fragilité
«Durant les huit dernières années, les banques ont ouvert les vannes pour financer des projets d’investissements dans le secteur. Cette période a apporté du négatif, mais aussi du positif en professionnalisant les acteurs», explique Chakib Alj en sa qualité de président de la Fédération nationale des minotiers. «Sauf que la surcapacité a mis à mal les moulins, et à cela s’est ajoutée la mauvaise gestion de certains acteurs du marché. Au final, le marché avait des besoins que l'on a suralimentés», ajoute-t-il.

49% de l’outil de l’outil industriel n’est pas utilisé
«Depuis, plusieurs moulins sont en difficulté. Les banques ont donc fini par placer le secteur sur leur watchlist», explique Alj. «Maintenant, la période d’extension du secteur n’a pas apporté que de mauvaises choses», insiste-t-il. Et d’ajouter: «Ces investissements ont amélioré la qualité de la production et permis une professionnalisation et une rénovation de l’outil industriel». Le représentant du secteur se veut rassurant sur l’avenir de l’activité: «les fondamentaux du secteur sont bons, mais celui-ci a besoin d’une restructuration qui nous permettra de rebondir et d'aller de l’avant». La conjoncture actuelle semble apporter des vents contraires aux moulins.

Conjoncture défavorable
Le secteur pâtit de l’attentisme économique et des délais de paiement. «La consommation est hésitante. Le boycott a probablement joué un effet psychologique», réfléchit Alj. Et d’alerter: «Nous traversons une période difficile. Beaucoup de moulins sont en difficulté. Nous souffrons du problème de surcapacité et des réformes qui n’ont pas eu lieu, notamment la suppression de la Farine nationale de blé tendre (FNBT). Nous attendons des mesures qui n’arrivent malheureusement pas». Comme les opérateurs de plusieurs autres secteurs, les minotiers souffrent des délais de paiement. «Le paiement de la farine subventionnée tarde à se faire, ce qui pèse sur la trésorerie des moulins», prévient le président de la FNM. Aujourd’hui,  la Fédération et son président veulent revoir le système de gestion de la FNBT de fond en comble. «Ce système nous tire vers le bas. C’est un système hérité des années 80 que personne n’ose toucher. Or, ce mode de gestion tire tout le monde vers le bas. L’État a tout à gagner à revoir ce monde de gestion», appelle Alj, qui fait de ce point un dossier «prioritaire». Le FNM estime qu'avec «la persistance des effets pervers du système actuel de la compensation, conjuguée à la surcapacité, le secteur se trouve extrêmement fragilisé». Pour cette raison, il a besoin «d’un redressement de ses performances à travers des actions urgentes, tant sur la régulation que sur la moralisation de son marché». Et de conclure: «Cette fragilisation, qui constitue une menace non seulement pour les performances du secteur, mais pour sa survie même, n’est pas de nature à permettre aux professionnels, à travers la FNM, de jouer ce rôle de locomotive pour la filière céréalière». Il est à noter que la capacité d’écrasement des minoteries industrielles a atteint 10,44 millions de tonnes/an, accaparée principalement par le blé tendre (87%). Le reste est réparti entre le blé dur (11%), et l'orge et/ou maïs (2%). Le secteur connaît une surcapacité avec un taux d’utilisation de près de 54%. 


Chakib Alj.
Président de la Fédération nationale des minotiers (FNM)

“La subvention de la farine pollue le secteur”

Les minotiers ont été placés sur une watchlist par le secteur bancaire. Comment expliquez-vous cette décision ?
Durant les huit dernières années, les banques ont ouvert les vannes pour financer des projets d’investissements dans le secteur. Sauf que la surcapacité a mis à mal les moulins,  Les banques ont donc fini par placer le secteur sur leur watchlist.

Cela passera-t-il par des fusions et acquisitions ?
Le mouvement de concentration est inévitable. Les plus grands groupes ont des parts de marché ne dépassant pas les 10%. Le secteur a besoin de vrais leaders. Ce mouvement est en train de se faire.

Préparez-vous des actions de ce type, au sein de GROMIC ?
Je suis dans cette optique de croissance externe. Si l’occasion se présente, oui. Je cherche un bon investissement et un positionnement régional pertinent. Dans tous les cas, nous ne pouvons pas rester dans une logique actuelle avec les quarante derniers moulins du secteur qui n’écrasent même pas les quantités d’un seul moulin dans le top 10.

Vous avez, à plusieurs reprises, appelé à la suppression de la subvention de la Farine nationale de blé tendre (FNBT). Pourquoi ?
Il faut en finir avec cet amalgame. Nous ne nous sommes pas contre cette subvention. Cependant, il faut des appels d’offres à l’instar de ce que fait la Fondation Mohammed V pour la solidarité. Un appel d’offres permettra plus de transparence avec des critères précis. Le système actuel est obsolète. Des moulins se contentent du quota de la FNBT, et de ce fait n’apportent aucune valeur ajoutée en vue de garantir l’avenir du secteur. Il y a des moyens pour les aider à se convertir. Des plans ont été mis en place avec le ministère de l’Agriculture, mais ceux-ci n'ont jamais été appliqués. Au final, la subvention pollue tout le business. 

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