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Les pays du sud doivent réfléchir ensemble à trouver des solutions viables et économiquement porteuses au phénomène migratoire. Dans un temps où les migrants sont considérés comme une concurrence déloyale aux nationaux, le Maroc a fait le choix de l’intégration complète.

La migration internationale et les enjeux de l’emploi a été le thème d’un atelier organisé par le Conseil économique, social et environnemental, hier à Rabat. Aujourd’hui, il y a deux perceptions diamétralement opposées du migrant en tant qu’opportunité pour l’économie ou au contraire un facteur de concurrence déloyale pour les nationaux. Approcher le sujet de la migration à travers le prisme des enjeux économiques est aujourd’hui un défi pour les gouvernements alors qu’on assiste à une montée des mouvements de populations dans le monde.

En effet, la proportion des migrants dans la population mondiale est passée de 2,5% en 1960 à 3,4% en 2017. Mais ce pourcentage, quand bien même dérisoire, est la source de politiques radicales, de phobie envers les migrants et d’un débat passionné autour des enjeux économiques de la migration.

Nizar Baraka, président du CESE, a évoqué un creusement des inégalités nord-sud combiné aux facteurs liés aux changements climatiques, aux conflits..., qui contribuent à l’exacerbation du phénomène migratoire. D’où le besoin d’un modèle sud-sud qui tienne compte des spécificités régionales sans perdre de vue l’apport d’une action nord-sud susceptible de résoudre les problèmes de façon intégrée. L’atelier organisé par le CESE s’inscrit dans cette dynamique de recherche des solutions pour une bonne appréhension des enjeux économiques de la migration. Un rapport de cette réflexion sera présenté fin octobre prochain au Maroc à l’occasion de la réunion de l’Union des conseils économiques et sociaux d’Afrique. Pour Baraka, trois mots-clés sont à retenir à savoir : partage, partenariat et réflexion commune. Pour Ana Fonseca, cheffe de la mission de l’Organisation internationale pour les migrations au Maroc, contrairement à d’autres pays de la région, le Maroc a fait le choix de reconnaître le phénomène migratoire et a décidé de le gérer dans une approche intégrée. En effet, comme l’a fortement indiqué Fode Sylla, ambassadeur itinéraire du Sénégal, alors que d’autres pays se débattent pour intégrer deux ou trois mille migrants, le Maroc a régularisé 50.000 migrants sans faire de tapage. C’est en somme une action proactive du royaume sur la scène internationale, a tenu à expliquer Fonseca.

En effet, dans sa politique migratoire, le Maroc a intégré la problématique si on peut l’appeler ainsi dans ses plans de développement locaux facilitant ainsi l’installation des migrants. Abordant le sujet d’un angle ayant trait à la situation des réfugiés, Jean-Paul Cavaliéri, représentant du HCR au Maroc, a pointé du doigt un déficit de solidarité des pays du nord vis-à-vis de ceux du sud. Ceci dans un contexte où le nombre des personnes déplacées de force dans le monde a atteint 68,5 millions d’individus en 2017, soit 3 millions de plus qu’en 2016. Parmi ces personnes acculées à quitter leurs pays, on peut compter 25 millions de réfugiés. Point positif pour le Maroc, dans une région MENA qualifiée de désert normatif par Cavaliéri, le Maroc fait exception en légiférant sur la question migratoire et sur les droits des réfugiés. Une loi sur l’asile est aujourd’hui en chantier.

Le Maroc a également amendé la loi sur les coopératives pour permettre aux migrants et réfugiés d’y avoir accès et pouvoir devenir ainsi économiquement autonome. L’exemple d’une coopérative à Kénitra dans le préscolaire, créée par des réfugiés yéménites est un exemple dans ce sens. Toutefois, Cavaliéri a exprimé une inquiétude par rapport au gel de la Commission interministérielles des réfugiés et apatrides qui, depuis mars 2017, ne s’est pas réunie. Cette situation, ajoute le responsable, se répercute négativement sur l’octroi des permis de séjour aux réfugiés sans lesquels ils n’ont pas accès au travail. «C’est un paradoxe qui risque de nuire à la crédibilité de la politique migratoire marocaine», a-t-il ajouté.

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