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 «Nous ne lâcherons rien», c’est dans cet esprit de détermination que Moulay Hafid Elalamy a fait le point, ce matin à Rabat, sur l’opération Zéro-mica depuis l’entrée en vigueur de la loi 77.15 interdisant l’utilisation des sacs en plastique, le 1er juillet 2016. Deux ans après, le temps est venu pour le ministre de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique, de mettre en exergue, les avancées, mais aussi les obstacles qui se mettent au travers d’une réelle éradication de l’usage des sacs en polyéthylène. Il faut bien se mettre à l’esprit que deux années sont loin d’être suffisantes pour mener une telle révolution dans les esprits et dans la pratique de tous les Marocains.
 
Le constat ou le sentiment d’échec qui se profile alors au sein même du gouvernement, sans oublier les usagers, ne doit pas être une raison de lâcher du lest. Les chiffres présentés par le ministre montrent que d’un point de vue coercitif, presque 700.000 opérations de contrôle ont été menées, sanctionnées par la saisie de 757 tonnes de sacs en plastique non agréés dans des ateliers clandestins et des points de vente, en plus de 90 tonnes au niveau des postes frontaliers. Par ailleurs, 3.826 infractions ont été enregistrées, suivies de 757 jugements prononcés avec une amende totale de 5 millions de dirhams.

Elalamy n’a pas manqué de titiller certains pays voisins qui laissent filtrer des quantités considérables de sacs en plastique visant à compromettre la politique marocaine qui depuis la veille de la COP22 fait du respect de l’environnement sa vraie ligne de conduite. Encore plus catégorique à ce propos, Salaheddine Mezouar, président de la CGEM, a tonné qu’il faut faire du bruit à travers une action politique vis-à-vis de ces pays voisins en s’armant des accords sur le climat que le Maroc a signés. Il a recommandé de lancer une opération coup de poing qui consiste à distribuer des sacs de substitution dans les souks, auprès des citoyens surtout dans le rural. En d’autres termes, il faut savoir bien marketer une politique qui d’un point de vue législatif et en matière d’accompagnement a fait un bon démarrage. La sensibilisation et la coercition doivent aller de pair pour récolter des résultats palpables en peu de temps.

Un projet de modification de la loi 77.15 visera dans ce sens le renforcement et l’élargissement du champ de contrôle, de sanctions et d’intervention pour toucher à la matière première, les produits semi-finis et le recyclage. Cette révision devra également contribuer à éviter les intermédiaires pour certaines catégories de sacs pour lutter contre le détournement de leur usage.
Pour ce qui est de l’accompagnement des entreprises qui ont fait le choix de la reconversion, elles sont 25 éligibles dont 18 déjà reconverties dans la fabrication de produits de substitution.
 
À aujourd’hui, le fonds de reconversion doté de 200 MDH a déboursé des primes de reconversion d’un total de 65,4 millions de dirhams. L’engouement n’est pas encore à son niveau souhaité, mais l’on enregistre avec surprise la création de 600 nouveaux emplois. S’ajoute à cela le fonds d’appui à la compétitivité des entreprises (Imtiaz) qui vient en appoint. L’on compte 19 projets d’investissement ayant bénéficié de ce programme pour la fabrication des produit de substitution avec une prime totale de 52 millions de dirhams et la création de 1.177 emplois. «Nous voulons que les opérateurs du secteur gagnent de l’argent mais que ce soit en respect de l’éthique et de la protection du consommateur», a ajouté Elalamy.

 Le modèle kenyan
 
Aujourd’hui, le Maroc est classé parmi les pays où la consommation des sacs en plastique est excessive avec 26 milliards de sacs par an. Dans le monde, leur utilisation totalise le chiffre astronomique de 5.000 milliards de sacs par an. Une situation qui menace aujourd’hui les équilibres écologiques et la vie des espèces animales les plus confrontés comme les oiseaux marins ou encore les tortues marines. La Méditerranée prend le fâcheux qualificatif de piège de plastique. Selon Youssra Madani, coordinatrice du Fonds mondial pour la nature au Maroc, pas moins de 100.000 animaux par an périssent dans le monde suite à l’ingurgitation de plastique. Pour elle, il faut s’inspirer de l’exemple du Kenya qui confisque les sacs en plastiques des touristes à leur arrivée à l’aéroport et n’hésite pas à appliquer des sanctions allant jusqu’à des milliers d’euros et quatre années de prison.

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