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Quels mécanismes de financement des entreprises innovantes au Maroc ? Le débat s’est posé ce mercredi au Technopark de Casablanca à l’occasion de la 10e édition du Technoftour, un rendez-vous incontournable pour la communauté d’entrepreneurs et qui rassemble chaque année près de 250 chefs d’entreprises et partenaires du Technopark.

Après le mot de bienvenue de Lamiae Benmakhlouf, directrice général du Technopark, place au panel autour du thème qui soulève des questions de l’heure essentielles pour un entrepreneur, puisque la stratégie de financement fait partie intégrante du projet de création et de développement de l’entreprise, explique-t-on. Premier constat : les entreprises n’ont pas besoin uniquement de financement. Elles ont également besoin d’accompagnement, a fait remarquer Karim Hajji, directeur général de la Bourse de Casablanca. C’est ce qu’a bien compris cette institution, qui à travers son programme Elite, lequel s’appuie sur le marché des capitaux, vise à démocratiser l’accès au financement pour les PME. «Pour les startups le financement bancaire n’est pas le plus approprié. Les banques ont besoin de business modèle de garanties suffisantes, ce qui n’est pas toujours facile à obtenir pour les jeunes porteurs de projets innovants», explique le patron de la Bourse de Casablanca. Selon lui, les jeunes pousses ont plutôt besoin des capital-risqueurs pour leur décollage. Un avis que partage, Amine Hazzaz, président de la fédération marocaine de Crowdfunding, qui selon lui, le love money, les business angels, les fonds d’amorçage régionaux, les capital-risqueurs, les acteurs du web et le crowdfunding ou financement participatif sont, entre autres les mécanismes de financement les plus appropriés pour les entreprises innovantes. «Ce n’est pas le rôle des banques de faire de l’amorçage», estime-t-il avant d’ajouter que les institutions financières ne doivent intervenir que plus tard. Ce qu’ont compris d’ailleurs les pays les développés. Beaucoup d’entre eux ont mis en place des mécanismes de financement innovants pour accompagner les jeunes porteurs de projets. Si la pratique n’est pas encore banale au Maroc, elle connaît des débuts encourageants, souligne le conseiller pour l’entrepreneuriat & capital-risque.

De nouveaux fonds dans le pipe
On est au début de l’ère de l’accompagnement consistant à faire des entrepreneurs africains de qualité de niveau mondial. Ça commence à se dessiner petit à petit que se soit à Casablanca, à Abidjan, Dakar Nairobi ou au Cap, ont fait remarquer les panélistes. C’est à l’image du fonds Inov Invest de la Caisse centrale de garantie (CCG) laquelle a octroyé aux porteurs de projets 25 MMDH de crédits au cours de l’exercice 2017. «Il y a aussi toute une batterie d'autres produits de la CCG pour accompagner les startups», explique l’ancien DG de Endeavor Maroc. Il faut souligner à ce niveau que trois fonds dédiés verront le jour dans les semaines, voire mois. Ils seront aptes à investir des tickets de 2 MDH à 10 MDH, indique-t-on. Un autre exemple parlant, celui du Technopark qui accompagne les startups opèrant dans les technologies de l’information et de la communication, la green tech et les industries créatives. «Notre objectif c’est de les accompagner dans leur business modèle pour qu’elles réussissent. Au Technopark, les petites entreprises que nous hébergeons bénéficient de nombreux avantages», a rappelé la directrice générale du Technopark dans son discours d’ouverture. Au-delà de la mise à disposition d’infrastructures nécessaires, ajoute-t-elle, les jeunes entrepreneurs bénéficient de l’accompagnement de tous les membres de l’écosystème. Ça va de la formation jusqu’au financement au Networking et la mise en réseau. «C’est ce qui augmente la chance de réussite des jeunes pousses», s’est félicitée Lamiae Benmakhlouf.

Incitations fiscales
Aujourd’hui, 45% des entreprises accompagnées par le Technopark génèrent un chiffre d’affaires inférieur à un million de dirhams. Ce qui est normal puisqu’il s’agit d’entreprises nouvellement créées. Elles ont besoin de délai de lancement pour pouvoir réaliser un chiffre d’affaires plus conséquent, explique-t-on. En revanche, 35% des entreprises du Technopark en phase de croissance réalisent un CA entre un 1MDH et 5 MDH. Les plus grandes, qui représentent 17% des entreprises accompagnées, font état d'un chiffre d’affaires supérieur à 10 MDH. Cette diversité est un gage de «solidarité» puisque les grandes entreprises installées au sein du Technopark servent de locomotives aux petites entreprises. Concernant le potentiel du marché de l’innovation au Maroc, le président de la fédération marocaine de Crowdfunding estime le nombre de «brillants cerveaux» qui sortent chaque année des universités marocaines, américaines, françaises et canadiennes à 50.000. Si on élargit le zoom, on peut se rendre compte qu’il y a plus de 3 millions d’africains qui répondent à ces critères là, a indiqué Amine Hazzaz. De plus, nombreux sont les Marocains qui sont à la recherche de projets porteurs pour placer leur argent. «C’est pour cela qu’il faut réfléchir à la mise en place d’une plateforme qui devra permettre aux investisseurs et aux entreprises à la recherche de fonds de se mettre en contact», recommande Karim Hajji. En parallèle, poursuit-il, un accompagnement en termes d’incitations fiscales est nécessaire. «Il commence à en y avoir notamment pour le capital-risque. Les dispositions fiscales permettent de déduire de l’assiette fiscale des investissements dans le capital-risque jusqu’à un million de dirhams» a-t-il conclu.

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