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Économie

Le gouvernement est appelé à décortiquer soigneusement l’étude du HCP sur l’adéquation entre formation et emploi, dont les indicateurs sont inquiétants: prédominance des sans-diplômes sur le marché du travail et faible performance de la formation professionnelle, tant sur le plan quantitatif que qualitatif.

Quelles formations pour quels emplois? Cette question de fond, posée par le Haut commissaire au plan Ahmed Lahlimi, devra être au cœur de la politique gouvernementale de promotion de l’emploi. Les dysfonctionnements en matière d’adéquation des formations avec l’emploi impactent négativement le taux d’employabilité. Les indicateurs sont préoccupants, pour reprendre l’expression de Lahlimi. Les pouvoirs publics sont appelés à tirer les enseignements de l’étude du HCP pour non seulement corriger les défaillances, mais aussi anticiper les besoins en emplois. La réflexion ne devra pas uniquement porter sur la relation entre l’enseignement et le marché du travail mais aussi sur d’autres facteurs clés comme le taux de croissance, dont l’impact sur la création d’emplois au Maroc a considérablement baissé, passant de 30.000 postes par point de croissance à 10.500 entre les périodes 2000/2008 et 2009/2017. À cela s’ajoutent le ralentissement de la croissance et la baisse continue du taux d’activité qui ne dépasse pas, en 2017, 46%, contre 54% dans les années 2000.

Le HCP tire encore une fois la sonnette d’alarme. Il s’avère nécessaire d’agir sur plusieurs fronts, dont celui de la valorisation des ressources humaines et la résilience de l’économie nationale. De grands efforts sont à déployer pour asseoir un nouveau modèle de formation sur la base des résultats préliminaires de l’étude du Haut-commissariat au plan sur l’adéquation entre formation et emploi au Maroc qui sont inquiétants. Il en ressort que le marché de l’emploi est plutôt dominé par les sans-diplômes. Plus de la moitié de ceux qui travaillent (52,2%) ne détiennent aucun diplôme contre 34,2% pour la population en chômage. Les actifs chômeurs sont relativement plus diplômés que les actifs occupés. 38 % des actifs occupés sont diplômés de l’enseignement général et uniquement 9,8% ont un diplôme de formation professionnelle. Le taux de chômage des diplômés de l’enseignement général est de 19,7% contre 25,5% pour les diplômés de la formation professionnelle et 11,2% pour les actifs occupés sans diplôme.

En gros, les diplômés aussi bien de l’enseignement général que de la formation professionnelle sont les plus touchés par les affres du chômage. Cependant, les premiers font mieux que les seconds. En effet, les lauréats de la formation professionnelle sont moins chanceux que ceux de l’enseignement général. Plus on se spécialise dans la formation professionnelle, moins l’adéquation est effective. Le taux de chômage de cette catégorie augmente d’environ 21% parmi les diplômés d’initiation professionnelle à 26% parmi les diplômés spécialisés, à 29% parmi les qualifiés et à près de 27% parmi les techniciens spécialisés. En comparaison avec l’enseignement général, la formation professionnelle souffre d’un bas niveau de rendement. Les diplômés de la formation professionnelle enregistrent un taux global de déclassement trois fois supérieur à celui affectant les diplômés de l’enseignement général, avec respectivement 33,6% et 11,6%. Les déclassements sont expliqués, par le HCP, par l’effet de la faible adéquation des diplômés avec l’offre d’emplois, d’une part, et la faiblesse du niveau et de la diversité de cette offre de l’autre. Ils sont, de ce fait, plus élevés dans certains secteurs comme l’agriculture, la sylviculture, la pêche, l’industrie extractive et manufacturière et le BTP. Les déclassements baissent, en revanche, dans les professions qui recrutent sur la base d’un référentiel strict de compétences (santé, système financier, sécurité, administration publique…). Quelques diplômes ont enregistré des taux de déclassement inférieurs ou égaux à la moyenne nationale dont trois d’enseignement général et cinq de formation professionnelle (spécialisation en transport et télécommunication, qualification en transport et télécommunication, diplômes supérieurs en services sociaux fournis à la collectivité et sciences de l'information…). Comment peut-on expliquer la faible adéquation de la formation professionnelle avec l’emploi? S’agit-il uniquement d’une question d’enseignement et du choix des filières? Le haut commissaire au plan appelle à procéder à une évaluation globale en replaçant l’analyse dans le contexte des structures économiques nationales qui offrent des emplois en majorité sans qualification, faiblement protégés et peu rémunérés. Aussi les formations sont-elles de facto dévalorisées.


Enseignement général: l’adéquation augmente avec la spécialisation

Alors que les taux de chômage augmentent avec le diplôme de la formation professionnelle, les choses diffèrent pour l’enseignement général. Selon l’étude du HCP, plus le diplôme de l’enseignement général est élevé, plus le taux de chômage est faible sur deux «plages» de diplôme. Du diplôme de secondaire collégial jusqu’au diplôme des études universitaires, le taux de chômage passe de 22,4% à 15,1% respectivement. La seconde plage débute avec la licence et va jusqu’au diplôme de doctorat, avec 18,9% pour les licenciés, 15,9% pour les diplômés du DEA/DES/Master, 7,7% pour les ingénieurs/cadres supérieurs et 3,9% pour les docteurs. Sur le registre de l’adéquation de la formation avec l’emploi, on note une baisse avec les diplômes d’enseignement général du niveau fondamental. Le taux d’adéquation passe de 70,8% au niveau du secondaire collégial à 64,1% au niveau du secondaire qualifiant. En revanche, au-delà du diplôme du premier cycle de l’enseignement supérieur (DEUG), plus on se spécialise, plus l’adéquation est assurée. Par ailleurs, le taux de déclassement augmente avec le niveau d’instruction. De 0,4% pour ceux du niveau primaire, il passe à 6% pour ceux du niveau secondaire collégial, à 27% pour ceux du niveau secondaire qualifiant et à 28,4% des actifs occupés de niveau supérieur.

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