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Apostrophé par les parlementaires de la CGEM sur la nécessité de favoriser l'intégration du secteur informel dans l'économie nationale, le ministre de l'Économie et des Finances souligne la nécessité de mettre en place une approche intégrée qui ne prend pas en considération uniquement le volet fiscal.

Le dossier est évoqué à plusieurs reprises au sein de l'institution législative tant en commissions permanentes qu'en séances plénières. Le gouvernement est appelé à redoubler d'efforts pour favoriser l'intégration des activités informelles vers le secteur formel. Le ministre de l'Économie et des Finances, Mohamed Boussaïd a été encore une fois interpellé dans l'hémicycle sur cette question par les parlementaires du groupe de la confédération générale des entreprises du Maroc. Les conseillers de la CGEM plaident pour l'élaboration d'une stratégie intégrée et concertée avec le secteur privé pour venir à bout du secteur informel. Une proposition favorablement accueillie par l'argentier du royaume qui se dit prêt à lancer le débat sur ce dossier; en vue de mettre en place une approche globale et intégrée. Il est en effet temps de passer au crible tous les aspects de ce dossier très complexe pour y apporter les réponses nécessaires. Jusque-là, le gouvernement n'est pas parvenu à atteindre les objectifs escomptés en la matière, comme le reconnaît le chef du département de l'Économie: «les initiatives lancées n'ont pas beaucoup réussi», précise-t-il.

Les opérateurs du secteur informel ne se sont pas bousculés au portillon en dépit des mesures lancées en leur faveur pour basculer dans l'économie formelle. Certes le bilan du système de l'auto-entrepreneur est positif car il comprend des facilitations et mesures incitatives et encourage l'intégration du secteur informel dans le tissu économique formel; en vue de bénéficier des avantages sociaux et fiscaux et accéder aux financements. Mais ce dispositif, à lui seul, n'est pas suffisant pour transformer le secteur composé de différents types et tailles d'unités informelles. Boussaïd estime nécessaire de procéder à un ciblage des différentes catégories pour gagner le pari et mettre en place une stratégie qui ne prend pas uniquement en compte le manque à gagner pour la trésorerie de l'État mais aussi l'impact négatif de ce secteur sur l'économie nationale; en raison de la concurrence déloyale et les risques sur les travailleurs et l'environnement: «La vision ne doit pas se concentrer uniquement sur la fiscalité même si les impôts ont un grand rôle à jouer». Le gouvernement est très attendu sur ce dossier qui figure parmi les engagements de la déclaration gouvernementale. L'Exécutif s'engage à mettre en place une stratégie nationale pour l'intégration du secteur informel dans l'économie. Le chef de gouvernement, rappelons-le, a été lui aussi interpellé sur ce sujet par les parlementaires en novembre dernier. Saâd Eddine El Othmani avait souligné le caractère complexe du secteur informel, «où s'entremêlent une multitude de facteurs, dont ceux liés à la réforme fiscale, l'accès au financement et la politique commerciale». Il avait précisé que l'impact des mesures fiscales risquait de ne pas être signifiant. Aussi, est-il nécessaire que la démarche soit menée dans le cadre de la transformation structurelle de l'économie nationale «afin d'augmenter la productivité globale, à travers notamment l'amélioration du climat d'affaires, la réforme du code de travail, la facilitation de l'accès au financement, l'amélioration du système d'information dédié aux crédits et l'incitation des jeunes à créer des auto-entreprises».

Le secteur privé structuré nourrit de grands espoirs dans la mise en place d'un plan d'action efficace. Les parlementaires de la CGEM plaident pour l'urgence de la mise en place d'une stratégie intégrée qui a tardé à voir le jour et appellent à prendre en considération les recommandations de la récente étude de la confédération, dont la nécessité de la réduction du fossé fiscal entre les secteurs formel et informel et l'accompagnement de l'intégration des unités du secteur informel. Dans le cadre de l'équité territoriale, il faut promouvoir l'économie sociale et solidaire comme premier pas pour faciliter son basculement dans l'économie nationale sur le plan local. L'accélération de la cadence s'impose car les indicateurs sont inquiétants. Le tissu de TPE-TPI avoisine plus de 3 millions d'entités qui travaillent dans le secteur non organisé ou informel, en dehors du système économique, sans couverture sociale, sans cotisation, ni couverture vie-retraite, ce qui le place en marge du circuit économique, selon le conseil économique, social et environnemental. Ce dernier recommande d'œuvrer en faveur de la modernisation et de la professionnalisation des «petits métiers», de mettre en œuvre des plans de formation pour TPE-TPI et enfin d'engager des démarches structurantes et une mise en relation avec les acteurs privés, relai important pour l'accompagnement technique, financier et managerial.

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