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«Les printemps arabes de 2011 ont eu un impact négatif sur le taux d’ouverture des pays de la région, en freinant davantage les pays du sud et de l’est-méditerranéen, à l’exception du Maroc». Dans un climat marqué par le protectionnisme, le royaume reconfigure les structures d'échange dans le bassin...

Dans un contexte régional encore marqué par l’incertitude, le Maroc fait toujours office de «bon élève» dans ce côté-ci de la Méditerranée. C’est en tout cas ce que relève l’étude de la COFACE, compagnie d’assurance-crédit française, relative aux nouvelles routes du commerce méditerranéen. Ce dernier est depuis une dizaine d’années dépassé par la zone asiatique, devenue incontournable. La part du commerce intraméditerranéen tend même à diminuer, passant de 31% des exportations en 2001 à 29% en 2016. Du fait de sa taille, la sous-région Euro-Med, qui rassemble les pays méditerranéens appartenant à la Zone euro, concentre une grande partie des flux régionaux (79,4% des flux d’importations et d’exportations) mais elle perd du terrain depuis 15 ans au profit des pays du sud-Méditerranée (10,1%), de l’est-Méditerranée (8,4%) et des Balkans (2%). Malgré un effort de coopération accru depuis 20 ans, cette faible intégration commerciale a plusieurs explications. La concurrence entre les pays du sud et de l’est, spécialisés dans les secteurs agricole et de textile, est souvent le premier argument brandi pour justifier cet échec, mais il n’est pas le seul.  «La crise de 2009, puis les printemps arabes de 2011 ont eu un impact négatif sur le taux d’ouverture des pays de la région, en freinant davantage les pays du Sud et de l’Est-méditerranéen, à l’exception du Maroc», indique le rapport.  L’incertitude menant souvent vers le renfermement, 381 mesures protectionnistes nettes (taxes, mesures anti-dumping, subventions publiques, quotas…) ont été mises en place depuis 2012 dans toute la Méditerranée, dont près de la moitié à l’encontre d’autres pays de la région.

Les pays du sud font peur…
Depuis les années 2000, de nouvelles tendances se révèlent dans la structure des exportations des pays du bassin méditerranéen. L’Euro-Med semble perdre du terrain dans les secteurs à forte valeur ajoutée, comme l’automobile ou les TIC (Technologies de l’information et de la communication), au profit des exportations des produits agricoles transformés et des produits chimiques. Selon la COFACE, «les pays de sud-Med et d’est-Med commencent à opérer une montée en gamme au détriment des secteurs traditionnels comme le textile». Et le royaume et sur tous les fronts. Il est cité d’une part aux côtés de la Turquie, comme le pays qui a le plus «contribué à la reconfiguration des exportations automobiles au sein de la Méditerranée», grâce notamment à sa «politique d’intégration dans les chaînes de valeur mondiales». En effet, pour la période 2012-2016, les exportations automobiles du royaume au sein de la Méditerranée représentent 13% de l’ensemble des exportations du pays, et, si elles restent principalement destinées au marché européen, ses partenaires incluent aussi la Turquie et l’Égypte. Il est d’autre part cité aux côtés de la Tunisie en matière d’exportation de TIC. «Au Maroc, on constate une diversification des destinataires des flux au profit de l’Espagne et de l’Italie et au détriment de la France, du Portugal et de Malte».  


La Grèce gagne du poids dans l’énergie

Si les biens énergétiques restent les plus échangés au sein de la Méditerranée, la structure du secteur se modifie. Les exportations de gaz et de pétrole perdent de l’importance au profit des produits raffinés. La Grèce et Malte voient le poids de leurs exportations s’intensifier vers les pays d’Est-Med comme la Turquie et l’Égypte. De son côté, le secteur des produits chimiques et des matières plastiques, qui est une des industries traditionnelles égyptiennes, est orienté vers l’exportation avec la Turquie et le Liban comme principaux clients. Les flux en direction d’Euro-Med sont en augmentation.

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