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C'est à l'occasion du Symposium international du tourisme que la présidente de la CGEM a relevé les dysfonctionnements du secteur. Elle donne notamment pour exemple Marrakech qui est en surcapacité avec 71.000 lits hôteliers alors que Casablanca ne peut accueillir un congrès de 5.000 personnes.

La place du tourisme dans la dynamique économique mondiale et le développement local a été au cœur du Symposium international du tourisme, organisé hier à Rabat par le Conseil du développement et de la solidarité (CDS) en partenariat avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le ministère du Tourisme. La parole a été principalement donnée aux ambassadeurs qui sont les mieux placés pour ce qui est de la connaissance des enjeux et défis d'un secteur de première importance, eu égard à sa transversalité et aux questions culturelles, environnementales politiques et religieuses qu'il soulève. Cet exercice permet d'aller droit au but en plaçant le curseur sur les points qui méritent réflexions et améliorations. C'est en tout cas la manière dont l'ambassadeur de Chine à Rabat, Li Li, a exprimé ses idées qui peuvent être aussi appréhendées comme des recommandations en trois points. La connexion aérienne Maroc-Chine doit être améliorée pour motiver davantage de touristes chinois à venir au Maroc. La Chine est le premier pourvoyeur de touristes au monde et le nombre de visiteurs chinois au Maroc a été multiplié par 10 depuis l'annulation du visa pour dépasser les 110.000. Le deuxième point essentiel a trait à la langue, afin de trouver des interprètes marocains et de ne plus avoir besoin d'en faire venir de France ou de Chine. Enfin, la compréhension de la mentalité chinoise pour un meilleur rapprochement culturel. De son côté, Thomas Reilly, ambassadeur du Royaume-Uni à Rabat, a mis en exergue, sur la base de son expérience personnelle, le fait que le meilleur ambassadeur du tourisme au Maroc est sa population, au contact de laquelle l'on apprend énormément sur la culture, les valeurs, la gastronomie dans une parfaite spontanéité. Il a aussi expliqué l'importance aujourd'hui des nouvelles technologies pour vendre une destination touristique représentant un gain en temps et d'argent avec un impact encore plus percutant. Ce débat sur les potentialités mondiales d'un secteur fort mais tout aussi sensible à la menace de l'instabilité arrive à point nommé, dans une période où le Maroc veut renforcer son attractivité.

Interrogé à ce propos par les Inspirations ÉCO, Mohamed Sajid, ministre du Tourisme, a affirmé que le secteur est stratégique pour l'économie nationale puisqu'il emploie aujourd'hui 2,5 millions de personnes et fait vivre des régions entières. Et d'ajouter que 2017 était une année exceptionnelle pour le secteur avec des recettes qui ont dépassé 70 MMDH et une participation au PIB de 8%. «Les perspectives sont donc bonnes grâce à nos potentialités et à leur tête la stabilité, la civilisation et l'histoire du Maroc ainsi que les valeurs de tolérance et du vivre ensemble que nous devons développer et promouvoir davantage», a expliqué le ministre.

Dans le même sillage, Fathallah Sijilmassi, ex-président de l'Union pour la Méditerranée, a souligné que la stabilité et la sécurité ainsi que la facilité d'accès sont aujourd'hui deux facteurs déterminants pour l'attractivité touristique. Mais pour lui, l'Afrique a encore une marge de manœuvre pour faire mieux. Car sur les 1,3 milliard d'arrivées et 1,5 trillion de recettes dans le monde, le continent ne représentent respectivement que 5% et 3% de ces volumes. Pour le cas du Maroc, Meriem Bensalah, présidente de la CGEM, n'y est pas allée de main morte, pointant les dysfonctionnements malgré le fait qu'il soit la première destination en Afrique avec 11 millions de touristes en 2017. En effet, a-t-elle expliqué, depuis 2010 le Maroc fait du surplace à cause de plusieurs incohérences. «Marrakech est en surcapacité avec 71.000 lits hôteliers alors que Casablanca ne peut pas accueillir un congrès de 5.000 personnes. Par ailleurs, nous avons une bonne connectivité aérienne, avec 63 pays et 112 aéroports, mais des destinations comme Ouarzazate sont oubliées», a tonné la responsable, avant d'ajouter que le Maroc continue à faire de la promotion de circuits touristiques alors que la demande s’est déplacée vers le city-break. Elle a ensuite recommandé de repenser le business model du secteur touristique en adaptant l’offre à une demande de plus en plus «désintermédiée» et digitalisée. Pour y arriver, Bensalah prône une bonne gouvernance et une implication réelle du gouvernement dans le secteur.  


La main tendue de l’Espagne

Dans une intervention stimulante, Ricardo Diez-Hochleitner Rodriguez, ambassadeur d'Espagne à Rabat, a appelé à une coopération triangulaire avec le Maroc pour profiter des flux de touristes de part et d'autre vers des destinations comme l'Amérique du Sud, l'Afrique et l'Asie. Dans cet esprit, il a proclamé que c'est le rayonnement du Maroc qui doit être mis au service du tourisme et non pas le contraire. Aujourd'hui, le potentiel est grand surtout avec un voisin espagnol qui arrive à attirer plus de 82 millions de touristes, ce qui représente pour ce pays 11,3% du PIB et 13% des emplois. «Le tourisme change un pays en mettant celui-ci en valeur, et nous voulons être aux côtés du Maroc dans cette direction», a-t-il indiqué. Et si l'Espagne est le deuxième pays émetteur de touristes vers le Maroc après la France, les Marocains y trouvent leur compte. Ils étaient pas moins de 711.000 à visiter l'Espagne en 2017.

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