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Économie

La réforme tant attendue de l’administration publique ne peut aboutir sans le changement du modèle actuel qui n’est plus réformable. Mohamed Benabdelkader mise sur la transformation de l’administration. Le pari n’est pas encore gagné d’avance.

Pourquoi faut-il croire que cette fois-ci sera la bonne en matière de réforme de l’administration publique? Depuis quelques années, les discours se suivent et se ressemblent sur la nécessité de réformer l’administration publique, dont l’image est écornée auprès de l’opinion publique, sans pour autant que des résultats concrets soient ressentis sur le terrain. Le ministre en charge de la Réforme de l’administration et de la Fonction publique pourra-t-il réussir là où ses prédécesseurs ont échoué ? A-t-il les outils pour enclencher, enfin, la dynamique tant souhaitée ? En tout cas, le socialiste Mohamed Benabdelkader n’hésite pas, à chaque occasion, à afficher sa détermination à mettre sur les rails la réforme escomptée depuis de longues années. Mais la volonté, à elle seule, n’est pas suffisante pour le ministère de tutelle, département transversal et dont la concrétisation des objectifs est fortement tributaire du degré d’implication des autres ministères. Elle doit être accompagnée par une mobilisation générale de tous les départements et aussi à une vision gouvernementale claire, permettant de prendre les bonnes décisions pour répondre aux besoins du contexte actuel. Il est en effet grand temps de dépasser les échecs du passé pour lancer la réforme tant attendue, la vraie.

Au forum de MAP, tenu hier à Rabat, Benabdelkader a laissé entendre que l’échec de la mise en place d’une véritable réforme, était dû à la mise en place de mesures partielles dans le cadre d’une même vision, tracée depuis une soixantaine d’années; alors qu’il s’avère -on ne peut plus- nécessaire de changer de modèle pour gagner le pari. Il faut dire que les dysfonctionnements ne pourraient être traités par quelques réformettes. En témoigne l’impact limité des 15 mesures introduites au statut général de la fonction publique qui date de 1958. Le modèle actuel qui a montré ses limites est dépassé et n’est -donc- plus réformable. Toute réforme serait vaine, en gardant la même vision. La rupture avec les pratiques actuelles n’est pas un choix mais une nécessité. C’est ainsi que Benabdelkader veut «transformer» l’administration publique dans le cadre d’un nouveau modèle, axé sur un nouveau paradigme: la doctrine des services publics. Pour y arriver, des transformations sont prévues sur le volet organisationnel. À ce titre, il est grand temps de mettre en œuvre la déconcentration administrative. Or, la charte y afférent connaît un retard abyssal alors que le chef de gouvernement, rappelons-le, s’était engagé à la rendre effective fin 2017- début 2018. Visiblement, le bras de fer entre les départements concernés sur la répartition des prérogatives et la mise en place des pôles administratifs est très serré. Même la mission de réorganisation au niveau central ne serait pas de tout repos, car la déconcentration administrative nécessitera aussi la révision des organigrammes des ministères. Sur le plan managérial, la gestion des ressources humaines devra être revue en se basant sur de nouveaux critères; dont la compétence, la productivité et la reddition des comptes. Cet objectif est tributaire de la réforme du statut général de la fonction publique, objet actuellement de discussions entre le gouvernement et les partenaires du dialogue social. La réussite de la réforme dépend de la révision de ce texte qui comporte plusieurs insuffisances. À titre d’exemple, le système actuel est basé plutôt sur la notation et la gestion des carrières alors qu’il faut passer à une nouvelle approche axée sur l’évaluation et la gestion des compétences. La mise en place de la réforme devra être progressive. «La rupture ne sera pas brutale», assure le ministre de tutelle.

La nouvelle vision mise aussi sur la transformation numérique pour, non seulement faciliter les procédures, mais aussi donner un coup de fouet à la transparence; en limitant le contact entre les usagers et les fonctionnaires. Ce volet est fortement lié au quatrième axe de la réforme concernant la moralisation et l’éthique. À cet égard, le gouvernement gagnerait à communiquer davantage sur le plan d’action et la vision de la commission nationale de lutte contre la corruption qui vient de tenir sa première réunion, la semaine dernière. Il faut dire que la lutte contre la prévarication et la corruption dans l’administration publique, reste un élément-clé dans la réforme tant attendue. Rappelons que chaque année, une moyenne de 7000 dossiers sont présentés à la justice. 


Faut-il garder l’heure d’été ?

Chaque année, le passage à l’heure d’été suscite une grande polémique. Nombreux sont en effet les détracteurs de cette mesure. Le gouvernement a déjà lancé une étude pour non seulement mesurer son impact sur l’économie d’énergie mais aussi sur la psychologie des citoyens et le volet régional, assure Mohamed Benabdelkader. Les conclusions de cette étude permettront au gouvernement de prendre les mesures qui s’imposent. Le débat autour de l’heure d’été n’existe pas uniquement au Maroc. Rappelons que le parlement européen remet en question l’heure d’été. Les euro-députés se sont prononcés en faveur d'une résolution visant à mettre fin au changement d'heure chez les pays membres.

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