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Économie

La Fondation Ali Yata a invité le 7 avril des économistes pour réfléchir au «Maroc à la lumière des indices, rapports et classements mondiaux : quels enseignements d’étape pour un développement national rénové ?».

À chaque publication d’un classement international qu’il soit l’œuvre d’institutions reconnues (Banque mondiale, OCDE, PNUD, WEF, etc...) ou par des instances peu connues, le monde politique, économique et médiatique se fait l’écho de ces classements. Au point que le gouvernement a inscrit parmi ses objectifs prioritaires, l’amélioration du classement du Maroc dans certains nombres de «ranking», spécialement le Doing business. «Ce gouvernement par les classements internationaux» répond-t-il à une politique publique nationale dessinée par les décideurs internes ou s’aligne sur les préoccupations d’instances internationales, à la crédibilité inégale? Des universitaires ont tenté de déconstruire «la mystique marocaine» selon le terme de Karim El Aynaoui, économiste et directeur de l’OCP policy center autour de ces classements.

Sur-pondération des classements
«Au Maroc, on sur-pondère l’importance de ces classements internationaux», lance d’entrée de jeu El Aynaoui. Ce dernier a déjà participé à l’élaboration de certains classements et reconnait «qu’ils souffrent de plusieurs lacunes méthodologiques». «La décision d’un investisseur étranger de la taille de Renault de s’installer au Maroc, n’est pas prise sur la base des classements internationaux. Soyons sérieux ! Ces entreprises ont des cabinets d’études stratégiques et leurs ambassades sont plus informées de la situation du pays de destination qu’une agrégation de mesures», observe-t-il. Et de préciser sa pensée: «Pour détenir des actifs physiques dans un pays étranger, un investisseur international fait mûrir sa décision durant deux à trois ans. Donc, ces classements ne sont pas utiles pour un investisseur étranger ou national. Un marocain n’ira pas jeter un coup d’œil au classement de l’héritage fondation ou du doing business car tout simplement cet entrepreneur connait son pays par cœur», estime-t-il. En définitive, «ces classements sont surtout du bruit médiatique. Ces rapports font partie de l’image d’un pays. Et ces rapports profitent à leurs promoteurs qui se rendent visibles», résume El Aynaoui. Par ailleurs, il reconnait que ces classements «peuvent être utiles dans le cadre du dialogue avec des institutions comme la banque mondiale» mais ne donnent pas une feuille de route pour produire une politique publique. «L’institut royal des études stratégique produit annuellement un rapport de synthèse de ces classements. À la lecture de ce document, il est difficile d’élaborer une politique publique marocaine», note El Aynaoui et d’ajouter : «Ces rapports donnent une idée en relatif sur la situation du pays ou encore le situent par rapport aux voisins les plus proches dans le cadre des rivalités de voisinage». Pour le directeur de l’OCP policy center, l’importance donnée à ces classements a un sens. «Ces classements montrent que les institutions marocaines ont perdu la bataille de communication. Ce qui fait qu’une institution, située à des milliers de kilomètres a plus d’impact sur le débat public qu’une institution nationale». Pour sa part, Ahmed Azirar, économiste et animateur de cette journée, estime que «cette situation montre la faiblesse du travail d’intelligence économique mené par les acteurs locaux et l’immense chantier qui reste à mener dans ce domaine».

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