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Les exportateurs de tomates espéraient que les expéditions subissent, à Algésiras, le contrôle documentaire et un tirage au sort pour identifier les 5% des chargements qui devraient passer le contrôle physique à Perpignan. Néanmoins, depuis janvier 2018, les autorités portuaires espagnoles effectuent l’ensemble des contrôles.

Depuis le premier janvier 2018, la tomate marocaine a été soumise à l’obligation de délivrer le certificat phytosanitaire (CP) puisque l’UE a adopté, le 28 avril 2017, la directive révisée n°2000/29/CE, qui instaure l’obligation de ce document pour les importations au départ de pays tiers. Et aujourd’hui, la requête du Maroc de réduire le taux de contrôle à 5% à l’instar du poivron, a été adoptée le 15 décembre 2017 par la direction générale de santé de l’UE (DGS). «Cette réduction est le fruit d’un travail de coordination entre la profession représentée par l’Association marocaine des conditionneurs maraîchers (AMCOM), la représentation marocaine à l’UE, l’ONSSA et l’EACCE à travers ses délégations installées à Bruxelles et Perpignan en plus des professionnels et opérateurs marocains présents à Saint-Charles», explique Samir Belghol, directeur de l’Apefel, chargé par l’AMCOM de la coordination de ce dossier.

L’accord bilatéral Espagne-France sollicité
Parmi les mesures susceptibles d’atténuer les répercussions de cette barrière non tarifaire sur la fluidité des exportations marocaines, est l’application de l’accord bilatéral Espagne-France. Ce dernier permet d’effectuer uniquement le contrôle identitaire et documentaire au port d’Algésiras et laisser le contrôle physique à Perpignan. En début de cette année, les producteurs-exportateurs ont espéré que les exportations de tomates subissent, à Algésiras, le contrôle documentaire et un tirage au sort afin d’identifier les 5% des expéditions qui devraient passer le contrôle physique à Perpignan avec une inscription au système d’information «Trace» (Trade Control and Expert System). Néanmoins, depuis janvier 2018, les autorités portuaires espagnoles effectuent l’ensemble des contrôles dans l’enceinte d’Algésiras. «Une requête sera envoyée à l’EACCE pour demander que l’Espagne procède à la mise en application de cet accord bilatéral avec la France», annonce Abdelfattah Baâlla, président de l’AMCOM.

Le transit time rallongé
En effet, le contrôle physique d’un camion au port d’Algérisas qui traite quotidiennement un très grand flux de marchandises, nécessite environ 4 heures alors que cette opération à Perpignan s’effectue en 1 heure grâce aux moyens mis en place au marché de Saint-Charles qui est la porte d’entrée des fruits et légumes marocains à l’UE, avec près de 450.000 tonnes dont 259.821 tonnes de tomates en 2016-2017 dédouanées et commercialisées depuis Perpignan. Par contre, en cas de contrôles sévères, notamment en termes de dépotage, scanner et contrôle analytique, le camion peut accuser une journée de retard à Algésiras. Mais du côté marocain, le défi a été d’octroyer plus de 200 certificats phytosanitaires par jour pendant la saison d’export des primeurs, ce qui a poussé le comité de coordination des primeurs, constitué d'unités de conditionnement, à confier à l’AMCOM et l’entité régionale de l’ONSSA la mise en œuvre d’un plan d’action pour l'amélioration du système de délivrance des certificats phytosanitaires.

Deux annexes pour la délivrance de certificats phytosanitaires
Concrètement, deux annexes de proximité pour la certification phytosanitaire à l’export ont été installées à Chtouka Aït Baha, première zone primeuriste au Maroc (à Biougra et Aït Amira). Ces bureaux permettent la délivrance de 40% des certificats et évitent aux stations de conditionnement de se déplacer au service de la protection des végétaux d’Agadir (SPV), sis à Aït Melloul et difficilement accessibles en raison de l’embouteillage sur les routes. Parallèlement, une application informatique a été mise en ligne entre les conditionneurs, le SPV d’Agadir et ses annexes. Cet outil, lancé récemment, permet la saisie intelligente, en temps réel, des demandes et l’édition par les inspecteurs de l’ONSSA des CP préétablis. En chiffres, du 20 mars au 4 avril, l’application a édité d'environ 3.000 certificats phytosanitaires pour toutes les destinations. «Ce plan d’action a généré des retombées directes sur des stations de conditionnement en termes de dématérialisation partielle de procédures et un gain en termes de fraîcheur de produits périssables», explique Abdelfattah Baâlla, président de l’AMCOM. Avant d’ajouter que «la profession a contribué financièrement à cette opération alors que l’ONSSA a instauré une permanence pour fluidifier les opérations d’export». Par ailleurs, l’ambition des professionnels table actuellement sur une permanence de 24/24 tout au long de la semaine avec le renforcement des moyens humains. 

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