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Économie

Cluster Solaire et la GIZ ont organisé hier à Casablanca une conférence autour du thème : «L'analyse de l'état d'investissement et les conditions du marché dans le secteur solaire». L'objectif était d'identifier les opportunités de développement et de définir les actions à mener pour la création d'une filière solaire compétitive. Les experts font état d’une grande complexité du marché.

Au-delà des grands projets solaires, que le Maroc mène avec réussite, le marché solaire cache plusieurs réalités. Les applications sont multiples, bien qu’elles soient classées soit dans les projets à grande capacité (Masen, comme exemple), soit dans ceux à petite capacité. Concernant le potentiel de développement, il est par ailleurs très porteur dans certains segments, comme dans le pompage solaire ou le chauffe-eau, quoiqu’inexploité. Pour Khalid Semmaoui, vice-président de l’Amisole (Association marocaine de l'industrie solaire et éolienne), ce qui manque à la filière solaire et au secteur des énergies solaires de manière générale, est un nouveau modèle économique. Selon le vice-président, qui confirme le potentiel énorme de ce marché, plusieurs faiblesses persistent. «Le cadre réglementaire reste contraignant et il y a peu de moyens de financement mis à disposition des petits opérateurs sans parler des problèmes de qualité. Dans les segments du pompage et du chauffe-eau solaires, il y a eu dernièrement des annonces de subventions non respectées. Cela a eu un effet négatif sur le marché», a-t-il précisé. Globalement, le marché marocain du solaire évolue à deux vitesses. D’un côté, le marché des grands projets, pour lequel tous les moyens nécessaires ont été mis en place pour atteindre les objectifs fixés. D’un autre côté, le marché des applicatifs solaires traditionnels qui n’exploite pas tout son potentiel. Dans le cas du pompage solaire, la concurrence du gaz butane et le manque de financement empêchent ce segment de s’épanouir. Un frein au développement qui entrave au même titre l’évolution du segment du chauffe-eau solaire, doté également d’un potentiel tout aussi considérable. D’autres niches également prometteuses bénéficieraient, selon Semmaoui, de ce nouveau modèle économique et d’une montée en puissance des opérateurs marocains grâce à de forts taux d’intégration (TI). «Mais pas seulement. Il faut aussi pérenniser l’emploi. Une fois terminés, les grands projets solaires en cours ne nécessiteront plus autant de personnel qu’aujourd’hui. Il faut y penser aussi», a-t-il souligné.

Des applications multiples
Le marché des applicatifs solaires est partagé entre le photovoltaïque (PV), un marché mature sur les plans national et international, et le CSP, moins mature que le PV. De son côté, le marché du PV est segmenté entre les applications de grandes capacités (centrales solaires et éoliennes) et les projets de petites capacités. Selon une étude réalisée par Cluster Solaire, le PV et le CSP offrent un potentiel de taux d’intégration, respectivement entre 20 et 80% et entre 20 et 50%. «Toutes les technologies représentent ainsi un potentiel de développement énorme, compte tenu que le TI actuel varie autour de 30%», souligne Fatima-Zahra El Khalifa, directrice générale de Custer Solaire. Selon El Khalifa, plusieurs leviers peuvent être actionnés pour concrétiser ce potentiel. Si des partenariats techniques peuvent combler le manque de compétences dans certains domaines, les nouveaux projets, comme la centrale de Noor Midelt, sont une opportunité pour maximiser la présence nationale, surtout dans le domaine du photovoltaïque. «À titre indicatif, le taux d’intégration fixé en amont dans le cadre du projet Noor1 était de 30%. Nous avons atteint 34,7%. Aussi, des entreprises 100% marocaines, comme Prominox, ont contribué de manière significative à ces projets», a-t-elle souligné. Que doivent faire les entreprises marocaines pour accompagner cet élan de la filière solaire ? Il faut être présent sur l’ensemble de la chaîne de valeur et saisir les opportunités dans des secteurs comme l’agroalimentaire ou le tertiaire. Éclairage, froid solaire, vapeur, pompage, etc. Ce n’est pas les applications qui manquent.

Climat d’investissement
En matière de climat d’investissement, une lecture rétrospective des réalisations de la filière solaire marocaine, et du secteur des énergies renouvelables de manière générale, montre une évolution mitigée. Malgré que la Banque mondiale et le FEM classent le Maroc respectivement à la 68e position (sur 190 pays) et à la 71e position (sur 137), la stratégie globale nationale en la matière semble être efficiente. Concrètement, les investissements se multiplient et les grands opérateurs économiques adhèrent à l’effort national. L’année 2017 a clôturé en effet sur un ton positif pour le secteur des énergies renouvelables (ER), dont lequel la filière solaire se taille la part du lion. L’objectif d’atteindre, à horizon 2020, une puissance électrique installée représentant 42% du parc énergétique global, sera réalisé. Pour cause, l’année dernière l’ensemble des installations en ER représentait déjà 34% de ce parc. Depuis 2013, les réalisations en matière de climat d’investissement n’ont pour autant pas cessé d’évoluer. Si cette année a connu un ralentissement de l’activité par rapport à 2009, 2014, l’année du lancement du plan solaire, a été considérée comme une année de transition où la faiblesse en termes de gouvernance et celle du cadre réglementaire et législatif a tout de même persisté. Une année plus tard, la mise en place de nouveaux objectifs, en termes de puissance installée (52% du mix énergétique national), a permis de donner un nouveau souffle à la stratégie nationale. Cette année a connu le lancement d’usines et de projets dans les quatre coins du pays et l’amélioration de la perception relative au climat d’investissement. En 2016, l’organisation de la COP22, événement phare dans l’histoire des ER au royaume, a été accompagnée par la fixation d’un nouvel objectif ambitieux, celui de la réduction de 42% des émissions du GES, à horizon 2030. Énième jalon dans ce processus, l’année dernière a connu le lancement d’un processus de labellisation et l’arrivée de nouveaux financements. 


Fatima-Zahra El Khalifa,
Directeur général de Cluster Solaire

L’écosystème grandit de plus en plus. L’objectif d’atteindre une puissance électrique installée à base d’énergies renouvelables, représentant 52% du mix énergétique national, à horizon 2030, est une première. Cela fait du Maroc un pionnier dans le monde entier. Présenter l’ensemble des opportunités du secteur à tous les opérateurs et à toutes les parties prenantes devient ainsi nécessaire. Mieux, créer un environnement compétitif à même de permettre l’épanouissement de la filière solaire est encore plus crucial».

Philippe Simmonis,
Coordinateur de la GiZ au Maroc

La coopération allemande œuvre de manière générale dans trois pôles prioritaires : l’eau, les PME et le secteur de l’énergie. En ce qui concerne le volet de la coopération technique, c’est la GIZ qui s’occupe de l’implémentation. Les projets du Cluster Solaire que nous appuyons ont une durée de vie entre trois et cinq ans, mais la coopération avec le Maroc est inscrite dans la durée malgré la fin des projets. Globalement, les projets se focalisent sur l’efficacité énergétique et sur les régions, à la demande des autorités marocaines. À ce propos, nous commencerons bientôt un autre projet dans l’Oriental et dans la Région Souss-Massa».

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