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Économie

Le manque de pertinence des politiques sociales, doublé d'une croissance non-inclusive, sont à l'origine de l'incapacité de l'économie marocaine à endiguer le chômage et la pauvreté. Les décideurs économiques seraient pris dans un dilemme entre la remise en cause indispensable des fondamentaux du courant libéral et une crainte manifeste de tous les modèles alternatifs.

«Nous sommes aujourd’hui confrontés à deux problématiques : créer plus de richesses et mieux les redistribuer», le constat de l’économiste Mohammed Benmoussa donne une idée sur le chantier gigantesque qu’est la conception d’un nouveau modèle de développement. Ce dernier a réuni le 14 mars son homologue Najib Akesbi et Lahcen Daoudi, ministre délégué chargé des Affaires générales afin de faire un diagnostic de l’orientation générale des politiques publiques et des pistes possibles de réforme. Et si les visions et les conceptions diffèrent en vertu des obédiences de chacun, il y a tout de même un consensus sur l’échec des stratégies nationales à endiguer le chômage et la pauvreté. Que ce soit l’OCDE ou la Banque mondiale, voire même le HCP…

Toutes les institutions internationales confirment que les activités et les opportunités économiques sont concentrées géographiquement, entraînant des inégalités importantes créant une croissance non-inclusive. Et bien que les actions entreprises dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) apportent des résultats tangibles, ils ne peuvent se substituer à une meilleure répartition territoriale des opportunités économiques. «L’action publique pourrait gagner en efficacité si les différentes politiques publiques sectorielles étaient plus cohérentes entre elles, que ce soit dans leurs objectifs ou leur mise en œuvre mais force est de constater qu’en l’absence de document de politique générale du développement, la plupart des politiques sectorielles sont élaborées avec des mécanismes de coordination défaillants», tranche Lahcen Daoudi. Si ce dernier défend naturellement «la pertinence» de certaines politiques, il ne se prive pas pour critiquer vertement les «filets sociaux». «Chaque année, le Maroc dépense plusieurs milliards dans des politiques sociales, qui s’avèrent inutiles à cause d’une mauvaise affectation et globalement d’une mauvaise gouvernance». Il en appelle donc à une «révolution des mentalités», pré-requis à toute transformation sociale.

L’économiste Najib Akesbi s’est voulu plus empirique dans sa démarche. «Si l’on veut connaître les raisons de l’échec du modèle marocain de développement, il faut repérer les deux constantes qui ont survécu aux crises politiques et financières, aux campagnes électorales, aux changement de règne», explique-t-il. Et selon lui, ce sont «deux choix faits au lendemain de l’indépendance qui ont conditionné toutes les politiques publiques marocaines : une économie de marché où c’est le secteur privé qui a la responsabilité de créer de l’emploi, et l’adhésion à la théorie de la croissance exogène, orientée vers l’exportation, qui permettra de s’intégrer à l’économie mondiale». Seulement, en 2018, et après plusieurs années où les gouvernements successifs se sont acharnés à atteindre ces objectifs, le constat est quasi «ironique». En effet, selon Akesbi, c’est l’État «le premier investisseur du Maroc» et, malgré les privatisations, il demeure la locomotive de l’activité économique, ce qui est «sidérant dans un pays qui se veut libéral». Ainsi, les décideurs économiques seraient pris dans un dilemme entre la remise en cause indispensable des fondamentaux du courant libéral, et une crainte manifeste de tous les modèles alternatifs. Car l’orientation «exogène» de l’économie marocaine n’a pas montré son efficience. Sa rapide ouverture a engendré des déficits structurels importants. Les accords de libre-échange sont tous déficitaires pour le Maroc, à l’exception de celui conclu avec la Jordanie. Une des explications réside dans la faible compétitivité de l’offre industrielle au moment de l’ouverture commerciale qui n’a pas réussi à se positionner stratégiquement sur les marchés partenaires. Les importations dominées par le poids de l’énergie et des produits alimentaires, pénalisent également la balance commerciale, désormais structurellement déficitaire. Enfin, le financement du modèle de croissance se heurte à un taux d’épargne domestique en baisse. Le besoin en crédit de l’économie reste important malgré une légère diminution. «Désormais, ce besoin est confronté à la difficulté de mobilisation de l’épargne intérieure qui menace d’entraîner un ajustement à la baisse du taux d’investissement», indique Benmoussa. Et la finance participative développée pour mobiliser davantage l’épargne a toujours du mal à décoller…


Un contexte international défavorable

En plus d’une situation interne marquée par une faible compétitivité des opérateurs, le royaume est confronté au repositionnement du centre de gravité de l’économie mondiale. Depuis le début des années 1990, les transformations opérées à l’échelle internationale ont progressivement fait évoluer le cœur de l’économie mondiale des pays de l’OCDE vers les pays émergent, notamment asiatiques. Pour les économies en développement, cette dynamique implique des besoins d’adaptation, notamment en matière commerciale ou d’attractivité des investissements. Au Maroc, ceci est d’autant plus important que le pays est fortement lié aux économies européennes caractérisées par une faible reprise. Cette réorientation des partenariats est néanmoins en marche, comme le montrent les rapprochements récents avec la Chine ou l’importance croissante du marché indien comme débouchés pour les phosphates et les produits dérivés.

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