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Économie

Marché de change depuis le lancement de la flexibilité du DH, arrivée à échéance de la Ligne de précaution et de liquidité, rapport de la Cour des comptes sur l’exécution de la Loi de finances 2016,  droits de douane etc...  le ministre de l’Économie et des finances, Mohamed Boussaid est revenu, vendredi,  sur les principaux sujets marquant l’actualité économique du royaume.

La croissance économique devrait s’établir à 4,6% en 2017, contre 1,2% en 2016. L’annonce a été faite vendredi à Rabat par le ministre de l’Économie et des finances, Mohamed Boussaid, lors d’un point de presse consacré au bilan macro-économique de l’année budgétaire écoulée. On retient également un net ralentissement du taux d’inflation, limité à 0,7% contre 1,6% une année auparavant. En revanche, le taux de chômage continue de croître (10,6%), en particulier en milieu urbain (14,9%), chez les jeunes de 25 à 34 ans (21,3%) et encore plus parmi les diplômés (19,9%). Côté finances publiques, Boussaid met en avant la baisse du déficit budgétaire hors privatisation (3,5% du PIB en 2017 contre 4,1% en 2016), en ligne avec les prévisions. Autre élément de satisfaction, le recul pour la première fois depuis 2008 de l’endettement du Trésor, passant à 64,5% du PIB contre 64,7% en 2016. «La dette du Trésor reste soutenable et devrait poursuivre sa trajectoire baissière au cours des années à venir», anticipe le ministre.

Les premiers jours de la réforme de change «décisifs»
Boussaid se réjouit du comportement «positif» du marché de change durant les premiers jours suivant l’entrée en vigueur de la flexibilité du dirham. En matière de réforme des régimes de change, dit-il, les premiers jours sont décisifs. En effet, depuis le 15 janvier, le taux de change du dirham est resté stable à l’intérieur de l’ancienne bande de fluctuation (0,3% à la hausse ou bien à la baisse). Néanmoins, le ministre reconnaît son incapacité à pouvoir prédire l’évolution future du dirham. «C’est là où réside la philosophie de la réforme. Le dernier mot reviendra au marché. Si les réserves de devises baissent et si nous n’arrivons pas à préserver les équilibres macro-économiques, le dirham risque de perdre de sa valeur. Mais si l’on continue à renforcer notre économie, notre export, nos équilibres et nos réserves de change, le dirham ne pourra que s’apprécier», relativise le ministre. En attendant d’y voir plus clair, les derniers chiffres communiqués par Bank Al-Maghrib font état d’une appréciation du dirham de 0,9% contre le dollar et d’une dépréciation de la même ampleur vis-à-vis de l’euro, et ce, durant la période allant du 12 au 24 janvier. Cette évolution est due principalement à l’appréciation de 1,8% de l’euro face au dollar. L’impact de l’élargissement de la bande de fluctuation (de 0,3 à 2,5%) est relativement limité, notamment si on le compare à l’effet de l’évolution de la parité euro/dollar, soit les deux devises de référence composant le panier de cotation du dirham. En 2017, la parité euro/dollar est passée de 1,06 à 1,21. Ce mouvement a eu pour effet une dépréciation du dirham de 5,1% vis-à-vis de l’euro contre une appréciation de 6,7% par rapport au dollar. «Malgré cette variation qui dépasse le seuil de 2,5%, il n'y a pas eu de grandes perturbations sur le plan économique. Au contraire, nous avons assisté à une amélioration de bon nombre de secteurs, en particulier le tourisme, les exportations, les IDE, etc.», constate Boussaid.

48 milliards de moins et très peu de spéculation !
Interpellé sur le sort de l’enquête de l’Office des changes sur les soupçons de spéculation contre le dirham, en lien avec les achats massifs de devises sur le marché à terme durant les deux mois de mai et juin 2017, la réponse de l’argentier du royaume a été, pour le moins, surprenante. Contrairement au wali de BAM, Abdellatif Jouahri, qui avait clairement accusé les banques d’avoir livré à des importateurs des volumes record de devises, sans que cela ne soit justifié par l’existence d’un sous-jacent économique (opération commerciale, rapatriement de dividendes, etc.), le ministre des Finances révèle que la majeure partie des avoirs en devises consommées durant cette période a été servie dans le cadre des opérations de couverture contre le risque de change. «Ce n’est pas de la spéculation», rejette le ministre, estimant ces pratiques «conformes à la réglementation». «D’ailleurs, ceux qui ont utilisé ces mécanismes de couverture ont perdu entre-temps au regard de l’évolution de la valeur du dirham», a-t-il ajouté. Il est à rappeler que les réserves de changes ont accusé une forte baisse au premier semestre 2017 (- 48 MMDH). Cette baisse a été ramenée à seulement 8 MMDH à fin décembre 2017, se situant à 241 MMDH, soit l’équivalent d’environ 6 mois d’importations.

La LCM n’est encore pas à l’ordre du jour, sans être exclue
Contrairement à ce qu’aurait laissé entendre le wali de Bank Al-Maghrib, il y a quelques jours lors du point de presse sur l’entrée en vigueur de la flexibilité du dirham, l’argentier du royaume précise qu’aucun canal de négociation n’a été ouvert avec le FMI au sujet d’une nouvelle Ligne de crédit modulable (LCM) en remplacement de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL). Cette dernière, faut-il le rappeler, a été renouvelée deux fois et a fait l’objet de trois accords dont le premier remonte à 2012. Le troisième accord, confirme néanmoins Boussaid, prend fin en juin prochain. «La LPL a joué son rôle et a été utile pour le Maroc. D’après nos informations, ce mécanisme de la LPL va disparaître», révèle le ministre. «Nous allons procéder d’abord à une évaluation de la LPL avant de discuter avec le FMI l’éventualité d’une nouvelle formule de financement, en fonction des besoins de notre pays», poursuit Boussaid. Ce dernier n’exclut pas le scénario d’une LCM, un instrument de prêt dédié aux pays ayant des antécédents macro-économiques solides. «Pour l’heure, rien n’est à l’ordre du jour. On finira d’abord la LPL, on verra la suite après». Le ministre saisit l’occasion pour insister sur le caractère souverain des décisions de politique budgétaire et monétaire. «Nous n’avons aucun crédit en cours avec le FMI. Mais nous continuons à entretenir des relations dans le cadre de l’article IV des statuts du FMI, ce dernier étant garant de la stabilité financière internationale», précise Boussaid.

«J’ai du respect pour les institutions»
Boussaid n’est pas du tout content du traitement médiatique réservé au dernier rapport de la Cour des comptes sur l’exécution de la Loi de finances 2016. «On a fait dire à la Cour des comptes ce qu’elle n’a pas dit», a affirmé le ministre, allusion ici faite aux accusations de «maquillage de comptes» rapportées par certains médias. Les juges de ladite cour reprochent au gouvernement de ne pas inclure les arriérés de TVA (près de 30 milliards DH) dans le calcul du déficit budgétaire. «Le rapport ne remet pas en cause notre calcul du déficit. Il a juste demandé de mentionner en annexe la nature des dettes, notamment au titre du crédit TVA. Nous avons une comptabilité de caisse qui intègre séparément les recettes et les dépenses. Si nous suivons la logique prônée par la Cour des comptes, en incluant les arriérés de TVA, nous devons comptabiliser également plus de 100 milliards DH de recettes au titre du reste de créances à recouvrer», riposte Boussaid. Outre l’audit régulier des comptes de la nation dans le cadre de l’article IV des statuts du FMI, le ministre met en avant la conformité du Maroc aux standards internationaux, notamment la Norme spéciale de diffusion des données (NSDD), ou encore le rating avancé (A) obtenu chez la Banque mondiale dans le cadre du rapport sur la performance de la gestion des finances publiques (PEFA). Face à l’autre remarque de la Cour des comptes, reprochant au gouvernement de ne pas intégrer dans la masse salariale les montants mobilisés au titre de la charge patronale revenant à l’État (caisses de retraite, etc.), Boussaid rappelle que son ministère était conscient de ce «détail» et l’a déjà corrigé à travers la loi organique relative à la Loi de finances. «Le respect des institutions, cela relève de mon éducation et de ma culture. Personne ne réussira à nuire à ma relation avec la Cour des comptes. Ne perdez pas votre temps à nuire à la relation de coopération que j’entretiens avec l’ensemble des institutions», lance Boussaid.

La taxation du textile turc serait prévue par l’ALE
Interrogé sur les motivations qui ont poussé les autorités marocaines à relever les droits de douane appliqués aux produits textiles en provenance de Turquie, le ministre rejette entièrement les allégations selon lesquelles cette décision obéit à des considérations politiques. Selon lui, c’est juste une mesure préventive prévue d’ailleurs par l’ALE entre les deux pays. «Une fois que l’import dépasse un certain seuil, nous sommes en droit d’activer le dispositif autorisant le relèvement des droits de douane. Que ce soit la Turquie, la Hongrie, la Chine ou n’importe quel autre pays, il est important de préserver les intérêts de notre pays. Idem quand il s’agit de faire face à une concurrence déloyale, nous n’hésiterons pas à utiliser tous les moyens de recours juridiques pour défendre les intérêts de notre économie», a insisté Boussaid d’un ton ferme.

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