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14-12-2017 11:01

14-12-2017

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Économie

Pour sa septième édition, le Sommet de l’aviation arabe a fait escale à Dubaï. Les participants lancent un appel pour la mise en œuvre de l’Accord de Damas sur l’open sky arabe. L’ouverture du ciel de l’émirat de Dubaï est citée en exemple.

Faciliter le dialogue, l’échange d’expériences et favoriser le partenariat public privé, tels sont les motivations du Sommet de l’aviation arabe, un rendez-vous annuel jouissant de l’appui du président de l'autorité de l'aviation civile de Dubaï et en même temps PDG d’Emirates Airline & Group, Cheikh Ahmed bin Saeed Al Maktoum. Ce dernier fait partie des personnalités ayant marqué de leur présence la séance inaugurale de la 7e édition de ce sommet, organisée mercredi 6 décembre à Dubaï. Plus de 200 participants, issus de 15 pays, ont pris part à cet événement placé cette année sous le thème des «Enjeux et opportunités de la transformation du secteur de l’aviation civile dans le monde arabe». Les participants étaient unanimes à faire valoir le rôle de l’industrie de l’aviation en tant que moteur de développement économique et social. Malgré une conjoncture géopolitique difficile dans le monde arabe, le secteur a su préserver une dynamique de croissance soutenue. Les prévisions du dernier rapport de l’IATA tablent sur une croissance annuelle de l’ordre de 5% au Moyen-Orient d’ici 2036, avec une moyenne de 322 millions de voyageurs transitant chaque année par les différents aéroports de la zone. En 2016, les pays arabes ont canalisé environ 10% des flux de voyageurs dans le monde et continuent de réaliser la croissance la plus rapide observée depuis 2011 à l’échelle internationale. L’industrie de l’aviation, poursuit Samir Al Darabi, directeur du Centre d’information des Nations Unies pour les pays du Golfe, génère à ce jour 2,4 millions de postes d’emplois et pas moins de 157 milliards de dollars de PIB au Moyen-Orient.

Taxation excessive
Pour faire durer cette dynamique de croissance, insiste Abdul Wahab Teffaha, le secrétaire général de l’Union arabe du transport aérien, il faut en finir avec les politiques protectionnistes et promouvoir l’ouverture du ciel (open sky). Sur ce point précisément, le modèle choisi par l’émirat de Dubaï est cité comme un exemple de réussite. Dubaï, poursuit-il, a su installer sa propre culture en prônant une politique d’ouverture. «Le protectionnisme a montré ses limites et ne fait qu’affaiblir l’économie», souligne Teffaha en appelant à la mise en œuvre de l’Accord de Damas qui vise à libérer l’espace aérien dans le monde arabe. Mais il semble que la libéralisation ne sert pas les intérêts de l’ensemble des acteurs, notamment les compagnies nationales. «L’ouverture à la concurrence met en difficulté les transporteurs nationaux avec ce que cela induit en termes de pertes d’emplois. C’est une question de transformation et de conduite du changement qu’il va falloir opérer avec beaucoup de précautions. Encore faut-il s’assurer que l’essentiel de la valeur ajoutée soit consommé localement», affirme Stefan Pichler, le PDG de la compagnie Royal Jordanian. Par ailleurs, la volatilité des prix du pétrole exerce un effet perturbateur sur le secteur de l’aviation. «C’est une arme à double tranchant. En cas de hausse, la demande de voyage augmente mais les charges d’exploitation augmentent. En cas de baisse, les charges baissent au même titre que la demande de voyage. La stabilisation du baril de pétrole à 65 voir à 70 dollars est bénéfique pour toutes les parties», soutient Adel Al Ali, PDG de la compagnie low cost Air Arabia. Ce dernier n’a pas manqué de pointer du doigt la cherté des taxes aéroportuaires dont le niveau atteint parfois le double du tarif de transport. Le patron d’Air Arabia a saisi l’occasion pour faire quelques annonces en marge du Sommet de l’aviation arabe. Ainsi, l’on apprend que la flotte de la compagnie low cost va s’enrichir de 9 nouveaux appareils d’ici à 2019, dont 3 en 2018. L’année 2018 sera également marquée par le lancement de neuf nouvelles lignes à partir des bases opérationnelles de la compagnie à Sharjah (UAE), en Égypte et au Maroc.


Adel Al Ali
PDG de la compagnie Air Arabia

Les Inspirations ÉCO :  Quelle appréciation faites-vous de l’édition 2017 du Sommet de l’aviation arabe ?  
Adel Al Ali : Le Sommet de l’aviation arabe vise à rapprocher les points de vue et à partager les expériences entre les différents acteurs du secteur, issus du public comme du privé. Ce rendez-vous nous donne l’occasion également de promouvoir, à travers la contribution des médias arabes, le rôle de l’industrie de l’aviation d’un point de vue humain et social, dans l’intérêt des peuples et des pays. C’est un secteur qui présente énormément d’avantages économiques, notamment en termes de nombre d’emplois, d’infrastructures, des opportunités en lien avec le tourisme, etc,. Le domaine de l’aviation ne se limite pas à l’achat d’un ticket ou bien à la présence d’un transporteur national. L’aviation est une industrie pleine d’opportunités. D’ailleurs, au niveau du monde arabe, le Maroc est l’un des pionniers en la matière au vu du nombre d’usines spécialisées dans les composantes aéronautiques, etc,. L’édition 2017 a été riche en débats sur les nombreux enjeux et opportunités qui se profilent à l’horizon.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du marché de l’aviation civile dans le monde arabe ?
Depuis 2011, le monde arabe a connu une situation géopolitique difficile. Malgré cela, le marché s’en est bien sorti. Je suis optimiste et préfère regarder la moitié pleine du verre, peu importe les circonstances, car tous les marchés, dont celui du Maroc, ont pu enregistrer une croissance notable. Je reste convaincu qu’une fois dépassés ces problèmes géopolitiques, le marché sera en mesure de croître de 12 à 13% au lieu de 6 ou 7%. Plus de la moitié de la population arabe est composée de jeunes dont le mode de vie a totalement changé. Si les jeunes d’il y a longtemps travaillaient pour accumuler de l’argent, ceux d’aujourd’hui le font pour voyager. Grâce notamment à la technologie (Internet, réseaux sociaux, etc,), le voyage est devenu une partie de la vie. Le monde arabe compte 350 millions d'habitants, soit presque la population des États-Unis. L’amélioration de la situation économique va devoir intensifier les opportunités de voyage, surtout avec des prix accessibles.

Quid de votre filiale marocaine; comment se positionne-t-elle face à l’Open sky et au libre jeu de la concurrence?
Air Arabia Maroc dont nous sommes actionnaires avec des investisseurs marocains, est une filiale stratégique pour notre groupe, complétant notre présence à l’Est et au milieu du monde arabe (Égypte). Au Maroc, nous travaillons en coordination avec la compagnie nationale et le ministère du Tourisme. Notre objectif consiste à faire grandir la société et de créer de nouveaux emplois, d’autant plus que le Maroc regorge de compétences qualifiées, outre son potentiel touristique énorme, le gisement des ressortissants vivant à l’étranger, etc,. Ayant constaté une forte concentration des flux de voyageurs au niveau de l’aéroport de Casablanca, nous avons décidé de desservir d’autres destinations, appuyés en cela par une infrastructure aéroportuaire riche et diversifiée qui s’étend sur l’ensemble du territoire. Chaque année, nous expérimentons un à deux aéroports et l’on voit bien la réaction favorable du marché et la demande de plus en plus croissante des voyageurs. Nos clients préfèrent rejoindre directement leur destination sans avoir à passer par Casablanca.  

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