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Économie

La campagne d’ensemencement des nuages, Al Ghait, a démarré un peu plus tôt cette année, les conditions climatiques aidant. Une première opération a été déclenchée au mois d’octobre. La deuxième sera activée parallèlement aux précipitations attendues en milieu de semaine. Les études économiques évaluant l’impact en matière d’irrigation et d’accès de la population à l’eau potable et à l’électricité, font état d’un ratio bénéfices/coût assez satisfaisant. 

Tous les moyens sont bons pour provoquer la pluie. Outre les prières surérogatoires accomplies, vendredi 24 novembre, le Maroc fait appel à la technique d’ensemencement des nuages, une sorte de modification artificielle des conditions climatiques. L’opération, connue sous le nom du Programme Al Ghait, se fait tous les ans, qu’il pleuve ou pas, du 1er novembre au 30 avril. La supervision de ce programme est confiée à un Comité directeur national coordonné par le chef de la Gendarmerie royale, le général de corps d’armée, Hosni Benslimane. Ce comité est composé également des Forces royales air (Des pilotes et deux avions militaires mobilisés) ainsi que la direction de la météorologie nationale qui assure l’assistance technique des opérations.

La technique d’ensemencement consiste à déverser dans le nuage des sels d'iodure d'argent ou de sodium. Ce déversement se fait soit par le biais des avions militaires, soit à travers des générateurs qui ensemencent le nuage à partir du sol grâce aux courants ascendants. Le Maroc est doté d’une vingtaine de générateurs connectés à trois sites d’insémination (El Hajeb, Beni Mellal et Azilal). L’intervention des avions, elle, se fait selon deux modes, soit par le sommet du nuage, soit à l’intérieur dudit nuage. Le premier a lieu dans le cas de cellules nuageuses cumuliformes isolées en introduisant des cartouches pyrotechniques éjectables à base d’iodure d’argent portées par un avion de chasse (Alpha-Jet). Pour le deuxième mode, un avion laboratoire (King-Air 200) muni de cartouches intervient à l’intérieur du nuage. Ce mode est utilisé dans le cas des nuages froids à grande étendue où l’activation de l’iodure d’argent est la plus efficace. Le programme Al Ghait a démarré au milieu des années 80, en collaboration avec des chercheurs américains et l’appui de l’USAID. «Après le succès de l’expérience pilote menée au niveau de la zone d’Azilal, la technique a été généralisée à l’ensemble du territoire national. Les études d'évaluation estiment de 10 à 14% l'apport additionnel en eau grâce à l'ensemencement des nuages», souligne Hassan Haddouch, chef du Centre national des recherches météorologiques et systèmes d’information. La méthode a montré également son utilité pour atténuer les effets néfastes du phénomène de la grêle dans les régions à haut risque, notamment à El Hajeb.

Loin de provoquer l’arrivée des pluies, l’ensemencement sert juste à augmenter les précipitations à venir. Encore faut-il que l’opération soit menée dans des conditions climatiques favorables : disponibilité suffisante de nuages, vapeur d’eau, etc. La direction de la météorologie nationale mène des études microphysiques avant de prendre toute décision.

Une quarantaine d’opérations tous les ans
La nouvelle campagne d’encensement des nuages (2017-2018) a démarré cette année un peu plus tôt que prévu, les conditions climatiques aidant. Pour l’heure, une seule opération a été déclenchée au milieu du mois d’octobre dernier. Si les conditions météorologiques sont bonnes, une deuxième opération devra s’activer parallèlement aux pluies attendues en milieu de semaine, nous confie un membre du comité directeur en charge du programme Al Ghait. En moyenne, une quarantaine d’opérations de ce type reçoivent le feu vert dudit comité, toutes formes d’insémination comprises, par voie terrestre ou aérienne. S’agissant des retombées économiques, les études économiques évaluant l’impact en matière d’irrigation et d’accès de la population à l’eau potable et à l’électricité, font état d’un ratio bénéfices/coût assez satisfaisant. En effet, pour chaque dirham dépensé, le programme Al Ghait génère un gain de 3,37 dirhams, sans compter l’impact social et les nombreux effets indirects bénéfiques en faveur des petits agriculteurs.


Al Ghait, une référence mondiale

Le savoir faire développé par le Maroc en matière de modification artificielle du temps est reconnu mondialement. Les experts marocains sont très sollicités en Afrique subsaharienne, notamment dans les pays qui souffrent de périodes longues de sécheresse (Sénégal, Mauritanie, Guinée, etc). Le Burkina Faso a été le premier pays à avoir bénéficié de l’appui du Maroc pour mener des opérations d’ensemencement des nuages. Entamé en 1998, le programme Saaga, qui signifie la pluie en langue nationale Mooré, a, connu un franc succès, avec un apport de 850 millions de mètres cubes d'eau sur l'ensemble de la zone cible et une augmentation des réserves des barrages de Bagré et Kompienga lesquels ont atteint un taux de remplissage jamais égalé. En 2007, le Maroc a remporté le prix Zayed Ibn Sultan aux Émirats arabes unis en récompense des efforts engagés dans le domaine de la modification artificielle du temps.

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