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Aujourd’hui se tient une nouvelle réunion entre le juge-commissaire chargé de la liquidation de la Samir, le syndicat et les contrôleurs. Une rencontre qui s’annonce décisive.

L’espoir d’un dénouement positif du dossier de la Samir se délite. Au fil des réunions tenues au Tribunal de commerce de Casablanca, l’hypothèse d’une reprise de l’entreprise selon les dispositions de l’article 623 du Code de commerce stipulant «d'assurer durablement l'emploi et le paiement des créanciers» n’est plus soutenue par des arguments solides de part et d’autres. Candidats de la reprise, créanciers de la Samir, acteurs du secteur et pouvoirs judiciaires et exécutif sont tous dans l'attentisme, précipitant de jour en jour la mise en vente en lots des actifs de l’entreprise, soit une vente aux enchères.

Salariés : «Redémarrage d’urgence»
Si cette décision judiciaire est prise, cela signifierait la disparition de l’industrie du raffinage des produits pétroliers au Maroc et la destruction de 850 emplois. À Mohammédia, le 25 novembre dernier, les ouvriers de la Samir ont exprimé leurs inquiétudes face à cette situation. Une nouvelle fois, ils ont battu le pavé pour réclamer «le redémarrage d’urgence de la raffinerie», comme ils le répètent depuis 2 ans et 3 mois. La marche a été marquée par des arrêts devant les stations détenues par les entreprises de distribution du secteur pétrolier. Cette nouvelle manifestation sonne comme un baroud d’honneur et un cri de désespoir face à l’enlisement du dossier.

Le juge-commissaire s’impatiente
Abderrafii Bouhamria, juge-commissaire au Tribunal du commerce de Casablanca, est en charge du très sensible dossier de la liquidation de la Samir. Par un coup de marteau, ce magistrat pourra changer la vie de plus de 850 personnes. La complexité et la sensibilité de ce dossier expliquent, en grande partie, la prudence du tribunal. Le juge-commissaire a dû faire aussi des concessions pour maintenir le dossier en vie. Face aux difficultés constatées du côté des candidats de la reprise pour déposer une caution (1% du montant global de l'offre) ou déposer une première tranche (14 à 20% du montant global), le juge-commissaire a prolongé les délais pour réaliser ce dépôt, pour l’heure ces cautions n’ont pas été déposées par aucun des candidats. Ceci explique le blocage que connaît le dossier depuis mars 2016.

Le Syndic : «Je n’ai rien à déclarer»
Mohamed El Krimi, syndic judiciaire du raffineur, se trouve aussi dans une position délicate. «Je n’ai pas de commentaire à faire sur le dossier», répond-il à l’interrogation de Les Inspirations ÉCO. Le syndic a essuyé plusieurs revers ces derniers mois : «Le syndic a tenté sans succès de récupérer 2 MMDH auprès de la Douane», indiquent nos confrères de Medias24. Une demande en nullité a été déposée au Tribunal de commerce pour les ATD déposés en 2015. La demande a été rejetée en juillet 2017. Une demande similaire a été également annulée. La société Salam Gaz avait été condamnée à restituer des dividendes de 87 MDH à son actionnaire à hauteur de 50%, la Samir. Seul point d’espoir dans ce tableau, la décision du juge-commissaire pour qu'Attijariwafa Bank (AWB) restitue 230 MDH à la Samir, somme prélevée du compte de la société pourtant en liquidation judiciaire. Une victoire qui donne à El Krimi un nouveau souffle dans cette bataille judiciaire à l’usure.

Le gouvernement : «La Samir obsolète»
Pour sa part, le gouvernement souffle le chaud et le froid. Dans une réponse à une question orale au Parlement, Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie et des mines, livrera une lecture laissant clairement entendre que le Maroc abandonne ses ambitions pour créer une industrie du raffinage. Dans le texte désarçonnant de cette réponse, on pouvait lire : «Les retombées économiques de la crise de la société la Samir sont devenues obsolètes et le déficit causé par l’absence de la société des marchés de production et de distribution des produits pétroliers a été comblée». Et d’ajouter en réponse à une question du groupe Authenticité et modernité à la Chambre des conseillers: «L’intervention de nombreux acteurs économiques dans le domaine a permis de renforcer la compétitivité, de dépasser les situations de monopole et de réduire les risques de domination du marché par un seul acteur économique». En clair, la Samir n’est plus indispensable. Sauf que depuis cette sortie à la mi-novembre, le ministre nuance ces propos. Dans une nouvelle déclaration sur ce sujet, il affirme désormais : «Le Maroc a acquis un savoir-faire dans l’industrie du raffinage et pour préserver ces capacités, l’investissement dans ce secteur sera utile pour notre pays», déclare-t-il à nos confrères d’Al Massae. Le décalage entre les deux déclarations résume l’attitude du gouvernement dans ce dossier depuis l’arrêt de la Samir en août 2015 et sa mise en liquidation judiciaire en mars 2016.


Houcine El Yamani
Secrétaire général du Syndicat national des industries du pétrole et gaz affilié à la CDT

Depuis le départ, nous l’avons dit. La Samir est un dossier lourd. Pour arriver à une issue positive, il faut une approche globale, en sortant des débats sur la liquidation judiciaire. Nous voulons discuter de l’intérêt ou pas pour le Maroc d’un nouvel investissement dans le raffinage. Nous attendons des signaux de la part de l’État. Nous posons clairement la question : l’État a-t-il toujours besoin de cette industrie ou pas? Ce secteur a encore une place dans le mix énergétique du Maroc, surtout vu la conjoncture internationale et nationale marquée par la hausse des prix à la pompe au Maroc et le faible niveau des stocks de sécurité du pays.»

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