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Règles sanitaires et phytosanitaires, étiquetage, composition chimique... un projet de décret en cours d’adoption ambitionne de moderniser et de mettre à niveau la réglementation de la production de miel. L’amélioration de la compétitivité de la production nationale est l’un des objectifs de cette mise à jour.

Le secteur de l’apiculture poursuit sa restructuration. Le contrat-programme conclu en 2011 avec le gouvernement avait acté une augmentation des investissements avec près de 900 MDH investis dans la création des projets apicoles modernes, la création de nouveaux emplois (environ 40.000) et la réduction des coûts de production du miel et des produits de la ruche de 15 à 20%. La production devait passer de 3.500 tonnes en 2010 à 16.000 tonnes en 2020, soit une production additionnelle de 12.500 tonnes. Près de 6 ans plus tard, le département de l’Agriculture revient à la charge en vue d’assainir le secteur des mauvaises pratiques et mettre le royaume en adéquation avec les normes internationales. Il faut dire que les exportations du Maroc en miel de table demeurent très faibles, dépassant à peine les 3 MDH. Les expéditions marocaines en la matière demeurent notamment limitées par leur faible compétitivité et le non-respect de certaines normes techniques et sanitaires permettant l’accès à certains grands marchés consommateurs, notamment l’Union européenne.

Composition
Pour franchir ces obstacles, le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime vient de mettre en place un projet de décret portant sur la qualité et la sécurité sanitaire du miel et des autres produits de la ruche commercialisés. L’objectif étant de moderniser les règles portant sur le processus de production, d’étiquetage et de commercialisation du miel sur le marché national et international. Selon le texte diffusé aux membres du gouvernement pour validation, le miel commercialisé comme tel ou utilisé comme ingrédient dans un produit alimentaire doit être exempt de matière organique et inorganique étrangère à sa composition et doit répondre aux caractéristiques physico-chimiques du miel fixées par arrêté de l’autorité gouvernementale chargée de l’agriculture. Le même arrêté fixe les caractéristiques physico-chimiques auxquelles doivent répondre les autres produits de la ruche.

Ainsi, parmi les nouvelles règles adoptées, on retrouve l’absence de tout goût étranger, odeur étrangère ou début de fermentation à l’occasion de l’examen organoleptique mené par les services de l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). «Le miel ne doit pas avoir une acidité modifiée artificiellement ni avoir été chauffé de telle sorte que les enzymes naturelles aient été détruites ou considérablement inactivées. Aucun traitement chimique ou biochimique ne doit être utilisé pour influer sur la cristallisation du miel», précise le texte. Celui-ci ajoute qu’aucun pollen ni aucun autre constituant propre au miel ne doit être retiré, sauf si cela est inévitable lors de l’élimination de matières organiques ou inorganiques étrangères. «Lorsque le miel est commercialisé sans rayon ou sans contenir de morceaux de rayon, il doit être filtré après son extraction».

Étiquetage
Ainsi, la teneur en contaminants et en résidus de produits phytosanitaires et de médicaments vétérinaires des produits doit être conforme à la réglementation en vigueur en la matière ou, à défaut, aux normes du «Codex Alimentarius». Il s’agit là de l’un des principaux obstacles à l’export pour la production nationale, notamment vers des pays comme la Grande-Bretagne ou les États-Unis qui demeurent très sensibles à ces questions. «Nous ne sommes parfois même pas autorisés à ramener des échantillons pour des expositions dans de grands salons internationaux dans ces pays, c’est dire la sensibilité de la question», nous explique un producteur national. Dans ce sens, le projet de décret dispose que les produits de miel doivent être conditionnés dans des contenants adaptés et propres composés de matériaux destinés à entrer en contact avec les produits alimentaires.  L’étiquetage connaîtra également des changements majeurs en vue de mieux indiquer l’origine des produits. Selon le projet de décret, l’étiquetage doit expressément indiquer l’origine du miel avec une mention «miel du Maroc» si le miel a été entièrement produit au Maroc, «miel d’importation» si le miel a été reconditionné au Maroc après son importation et la mention «mélange de miel du Maroc et de miels d’importation» dans le cas où le miel marocain, utilisé à plus de 50% serait combiné à d’autres miels importés. Le texte interdit par ailleurs la commercialisation sous l’appellation «miel» de tout produit obtenu grâce à l’ajout au miel ou de tout autre produit alimentaire ou additif alimentaire. 


L’import scruté

Le Maroc a importé près de 49,5 MDH de miel de table à fin 2016. L’Exécutif entend mieux contrôler ce flux. Le texte souligne que les importateurs doivent s’assurer que le miel et les produits de ruche importés doivent veiller au respect des dispositions légales portant sur l’étiquetage et la composition des produits. Ils doivent donc s’assurer que l’étiquetage des produits importés mentionne le pays d’origine ou le lieu de provenance. Le miel importé en vue de son reconditionnement au Maroc doit d’ailleurs être destiné exclusivement aux établissements de transformation ou aux ateliers de conditionnement du miel.

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