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Économie

Le FMI s’inquiète de la lenteur des réformes. À l’issue de sa mission annuelle au Maroc, l’institution de bretton woods ne voit pas d’un bon oeil le non renouvellement de la ligne de précaution et de liquidité et met en garde contre les risques de la suspension de la réforme de change.

Y aurait-il un renouvellement de l’accord de deux ans signé en juillet 2016 entre le Maroc et le FMI au titre de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL)? «Il est encore tôt pour s’exprimer à ce sujet. La balle est dans le camp des autorités», répond Nicolas Blancher, chef de la mission du FMI qui séjournait au Maroc du 25 octobre au 7 novembre dans le cadre des consultations annuelles au titre de l’article IV des statuts du FMI.

La seule LPL au monde est marocaine
Lors d’une conférence organisée récemment par le Mouvement Damir, le gouvernement, par la voix du ministre des Finances, Mohamed Boussaïd, avait exprimé sa volonté d’abandonner la LPL une fois expiré le délai dudit accord, soit le 21 juillet 2018. Il faut dire que le Maroc n’a à aucun moment mobilisé des tirages sur cet accord quoiqu’il verse en contrepartie de ce mécanisme de précaution des frais annuels de l’ordre de 120 MDH, soit un total de 600 MDH depuis la signature du premier accord en 2012. Mais qu’est-ce qui aurait changé, entre-temps, pour pousser le gouvernement à abandonner la LPL? Les craintes qui auraient justifié le renouvellement de l’accord en juillet 2016 se sont-elles estompées en 2017 ? Pas vraiment, rétorque Nicolas Blancher. L’intérêt d’accéder à la LPL, explique-t-il, est déterminé par le niveau des risques extérieurs et celui de la vulnérabilité de l’économie. «Nous pensons que le niveau du risque extérieur reste élevé. Par conséquent, la LPL s’avère encore d’une grande utilité», déduit le chef de la mission du FMI. Après le court épisode de la LPL non renouvelée de la Macédoine, le Maroc est le seul pays au monde lié par un accord de ce genre avec le FMI !

Le FMI critique la lenteur des réformes
Interpellé sur le report sine die de la réforme du régime de change, là encore, le représentant de l’institution de Bretton Woods utilise un langage politiquement correct: «C’est une décision souveraine. La situation actuelle continue d’offrir une fenêtre d’opportunité pour entamer cette transition de manière progressive et ordonnée. Il serait donc approprié d’engager ce processus dès que possible». À la question de savoir quel risque encourt l’économie marocaine si le gouvernement maintient le statu quo et décide d’abandonner le projet de réforme, Blancher évoque deux scénarios. «Nous ne voyons pas venir un risque quelconque à court terme car le niveau du dirham actuel n’est pas éloigné de manière significative de son niveau d’équilibre.

À ce stade, le panier de cotation ne constitue pas un obstacle pour la croissance et la diversification de l’économie marocaine», rassure Blancher. En revanche, à moyen terme, le risque est de deux ordres, poursuit-il. Le premier relève de la difficulté de résister et d’absorber les chocs externes (flambée des prix de pétrole, hausse des taux d’intérêt internationaux) en l’absence de la variable d’ajustement qu’est le change. Le deuxième se rapporte au scénario d’érosion de la compétitivité de l’économie marocaine sous l’effet de la concurrence, laquelle exerce une pression sur les autorités qui seront dans l’obligation de changer de régime sans pouvoir le faire de façon ordonnée et graduelle. Par ailleurs, tout en saluant l’amélioration de la capacité de résilience de l’économie marocaine, les membres de la mission du FMI conviennent qu’il reste encore à faire pour promouvoir une croissance plus élevée (le FMI table sur une croissance de 4,4% en 2017). «Il est nécessaire d’accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles pour accroître les gains de productivité, créer davantage d’emplois et rehausser le potentiel de croissance, en ligne avec les objectifs de moyen terme du gouvernement. Il est notamment essentiel d’améliorer la qualité de l’éducation, le fonctionnement du marché du travail, le taux d’activité des femmes et l’environnement des affaires», souligne le communiqué de fin de mission du FMI. «Nous avons constaté une mise en parenthèse de certaines réformes après les élections d’octobre 2016», note Blancher. Il cite, entre autres, celles en lien avec la compétitivité des PME et l’amélioration du climat des affaires, en particulier la stratégie nationale de lutte contre la corruption dont un premier bilan sera établi d’ici la fin de l’année. La mission du FMI pointe du doigt également le retard pris dans la mise en œuvre de la réforme du Conseil de la concurrence et du nouveau décret des délais de paiement. 


Projets d’investissement  : soutien du FMI

Le FMI salue les efforts fournis par les autorités pour assurer une meilleure coordination de l’action publique, aussi bien à travers la nouvelle cellule créée sous l’autorité directe du chef de gouvernement qu’au niveau de la Loi organique des finances qui a introduit la notion des indicateurs de performance. L’essentiel des dépenses budgétaires étant destiné aux secteurs sociaux et à l’investissement public, la question de la qualité et de l’impact devient de plus en plus un enjeu crucial. «Nous pensons qu’il existe encore un gisement énorme d’économies à réaliser sans avoir besoin de mobiliser de nouvelles ressources budgétaires», estime Blancher. Lors de la préparation du projet de loi de Finances 2018, le FMI avait mené une mission en septembre dernier, apportant une assistance technique au gouvernement en vue d’améliorer l’efficacité de l’investissement public. «Le rapport d’assistance technique a été remis aux autorités et n’est pas encore rendu public. Les recommandations seront publiées dans notre rapport annuel qui sortira début 2018», confie le chef de la mission du FMI au Maroc. 

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