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Économie

500.000 touristes chinois à l’horizon 2022 et 1 million au-delà...Voici les ambitions des officiels et professionnels du tourisme marocain. Si la suppression des visas a permis une percée fulgurante des arrivées et des recettes touristiques, il en faudra bien plus pour atteindre ces ambitions. L’obstacle de la langue, une faible présence promotionnelle et l’absence de vols directs sont autant d’entraves à surmonter.

Plus de 42 tour-opérateurs chinois ont fait le déplacement à Casablanca vendredi dernier à l’occasion de la tenue de la 1re rencontre sur le tourisme sino-marocain organisée par le Secrétariat d’État au tourisme en partenariat avec la Confédération nationale du tourisme (CNT), l’Ambassade de la République populaire de Chine et l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Une démarche qui intervient dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions du Mémorandum d’entente en matière de tourisme signé en marge de la visite du roi Mohammed VI en Chine en mai 2016. Une visite royale qui avait d’ailleurs permis de relancer le tourisme avec la Chine grâce à l’annonce de la suppression des visas pour les touristes chinois en visite au royaume. Le séminaire organisé par le département du Tourisme a été accueilli comme du pain béni par les opérateurs de part et d’autre. Et pour cause, les opportunités ne manquent pas et les derniers chiffres de la progression des touristes chinois sont impressionnants. Le nombre des touristes chinois dépassait à peine 3.500 en 2005. Un chiffre qui a timidement progressé entre 2005 et 2015 à un rythme de 600 touristes supplémentaires annuellement. «En dix ans, le nombre de visiteurs avait donc atteint 10.000 clients et n’a pas changé jusqu’en mai 2016 et l’entrée en vigueur de la suppression des visas», explique Said Mouhid, président de l’Observatoire du tourisme. Dès lors, le nombre de touristes a progressé de manière fulgurante, atteignant 43.000 clients soit 33.000 touristes de plus en seulement six mois.

Quantité et qualité
«Aujourd’hui, sur les 9 premiers mois de l’année 2017, nous avons déjà enregistré 78.000 arrivées», affirme Lamia Boutaleb, secrétaire d’État au Tourisme. Il s’agit d’une progression de plus de 250%, ce qui en fait l’un des taux les plus forts au départ de Chine cette année. «Un trend haussier qui génère 125.000 nuitées sur les 8 premiers mois de l’année 2017», explique Mouhid car il s’agit bien de l’une des particularités des touristes chinois, ces derniers passent en moyenne plus de 7 jours dans les différentes villes du royaume. «Une aubaine pour les professionnels car cette durée de séjour nous permet de développer plusieurs produits au profit de cette clientèle», précise Abdellatif Kabbaj, président de la CNT. Les touristes chinois sont d’abord intéressés par des villes comme Casablanca (36% des nuitées), Marrakech et Ouarzazate (14%) ou encore Fès et Chefchaouen (10%). Autre grande particularité du touriste chinois, il s’agit d’un grand fournisseur de recettes touristiques. 69% des Chinois s’installent dans des hôtels de 4 ou 5 étoiles. Ils sont également friands de shopping de luxe (30% du budget global) et sont de grands consommateurs de gastronomie locale et de produits artisanaux. «Il s’agit du touriste le plus dépensier au monde avec un budget d’environ 1.400 dollars en moyenne par rapport à 600 dollars par touriste en Europe», explique Boutaleb. «Selon nos études, les touristes chinois viennent au Maroc à la recherche d’une expérience leur permettant d’améliorer leur perception de la qualité de la vie. Ils cherchent avant tout un dépaysement, du romantisme, de la culture et du shopping», précise Mouhid. «Nous espérons atteindre 1 million de touristes chinois par an pour les années à venir grâce notamment à la mise en place d’un mode de voyage personnalisé selon les TO chinois», explique Kabbaj. En attendant, l’Office national marocain du Tourisme (ONMT) ambitionne d’atteindre les 500.000 voyageurs à l’horizon 2022.

Obstacles
Le département du Tourisme en tout cas ne cache pas sa volonté de capter encore plus d’arrivées et de recettes en provenance de l’Empire du milieu. «La Chine est le premier pays émetteur de touristes au monde avec pas moins de 125 millions de touristes annuellement. Il est au cœur de la stratégie de développement de notre secteur», souligne Boutaleb qui affirme que le Maroc est prêt à faire ce qu’il faut pour attirer le touriste chinois. Dans ce sens, des efforts ont été déployés en vue de former et de recruter des guides touristiques parlant mandarin. Le ministère explore également les moyens de développer la signalétique dans les aéroports et lieux publics afin de l’adapter à cette clientèle. «Nous devons réussir un développement durable et faire face aux défis sur le plan civilisationnel. Nous comptons sur les TO marocains pour faciliter l’intégration et créer des conditions plus attirantes pour le touriste chinois», souligne pour sa part Li Li, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République démocratique de Chine. «Nous devons toutefois combler les lacunes qui peuvent ralentir la croissance et activer de nombreuses solutions de nature à booster les arrivées», souligne le président de la CNT. Il s’agira principalement d’adapter les liaisons aériennes et les outils de promotion à l’ambition du royaume et à la réalité du marché chinois. L’ouverture de vols directs entre la Chine et le Maroc est d’ailleurs une demande récurrente. Le Maroc est pratiquement absent du radar à ce niveau. RAM n’assure que des dessertes via des partenariats avec d’autres compagnies, notamment Qatar Airlines avec des billets de bout en bout. «Sur les 12 derniers mois, le Maroc a accueilli 90.000 passagers toutes compagnies confondues. Sur ce total, RAM avec ses partenaires a transporté 25.000 passagers, soit 30% de parts de marché», précise Habiba Laklalech, directrice générale adjointe de RAM. Les dessertes de RAM assurent une fréquence de 12 vols par semaine. «Nous avons l’ambition d’aller encore plus loin», promet Laklalech.

Innover la promotion
La promotion est un autre point central dans la stratégie du royaume. L’Office national marocain du Tourisme (ONMT) devra redoubler d’ingéniosité dans son action vers ce marché. Les canaux de communication traditionnels semblent complètement désuets. Même la communication digitale doit s’adapter aux canaux de la Chine qui dispose de ses propres réseaux sociaux, applications et moyens de communication. Même la création d’un site web traduit en mandarin ne devrait pas être une partie de plaisir, la Chine imposant des pare-feu pour les sites web étrangers. Il faudra créer un site web depuis la Chine afin de créer du trafic. «En attendant, nous avons mené de grandes campagnes publicitaires en invitant des dizaines de médias chinois, journalistes, blogueurs ou chaînes de TV à promouvoir la destination», explique Hatim Gharbi, chargé de mission auprès de la direction de l’ONMT.


Le Maroc concurrencé

Le Maroc n’est pas le seul pays de la région à vouloir capter le potentiel touristique chinois. La Tunisie et l’Égypte, entre autres, sont sur le coup. De nombreux autres pays ont également offert des suppressions, sinon des facilités de visas aux clients chinois. Selon une étude menée par l’Institut chinois sur le tourisme, le Maroc devra présenter d’autres atouts et répondre aux demandes des voyageurs pour espérer en capter plus. Surtout que moins de 10% des Chinois disposent aujourd’hui d’un passeport. Il s’agit notamment de renforcer la dimension shopping et de proposer une ligne aérienne directe. «Les touristes chinois profitent de périodes de fêtes courtes et visent donc à réduire le temps de vol et de voyage nécessaire à profiter de la destination», souligne Minjuan Deng-Westphal, directeur de la recherche au sein de l’Institut chinois sur le tourisme. Cette dernière appelle également à mieux couvrir le territoire chinois et ne pas se concentrer sur Pékin ou Shanghai, mais viser les autres régions économiques qui disposent du profil du touriste idéal pour le Maroc.

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