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Dans son rapport de 2016, le conseil revient sur la nécessité pour le Maroc de développer le secteur des énergies renouvelables (ER). S’il se félicite de l’engagement du pays à promouvoir l’efficacité énergétique et de l’accélération du rythme des investissements dans le solaire et l’éolien, il attire toutefois l’attention des acteurs sur la croissance de la demande énergétique et le retard accusé par le pays en matière de sécurité énergétique.

Des avancées notables ont certes été réalisées… mais il faut aller plus vite. Tel est le constat général dressé par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans sont rapport 2016 en matière de promotion des énergies renouvelables (ER). Un constat qui sonne comme un appel à plus d'efforts, en dépit de son caractère encourageant. En effet, le rapport ne manque pas de noter que des efforts importants ont été et sont entrepris par le Maroc. Le CESE revient à ce propos sur l’engagement du pays à porter la part des trois principales sources d’énergie renouvelable (solaire, éolienne et hydraulique) dans la puissance électrique installée à 42% à l’horizon 2020, puis à 52% en 2030, au lieu de 34% en 2015. Un engagement concrétisé en 2016 à la fois sur le plan institutionnel et en termes d’investissement dans le secteur. Il rappelle à ce propos l’adoption, par le Parlement le 2 août 2016, de la loi n°37-16, qui élargit les prérogatives de la Moroccan Agency for Sustainable Energy (MASEN). Rappelons-le, cette dernière est désormais l’acteur central et intégré, en charge du développement de l’ensemble des énergies renouvelables au niveau national.

Inquiétudes
Au niveau des investissements, le CESE revient sur la construction et la mise en service, en février de la même année, de la centrale solaire Noor I, première phase du projet Noor Ouarzazate, qui vise a atteindre une capacité de 580 MW d’ici 2018. Des efforts qui, se réjouit le conseil, ont permis au Maroc de figurer dans le top 5 mondial, d’occuper la première position mondiale selon le critère du volume d’investissement dans les capacités de production électrique solaire thermodynamique et la quatrième place selon le poids des investissements en énergies renouvelables dans le PIB. Le rapport relève en outre que cette transformation devrait permettre au Maroc de réduire ses émissions en gaz à effet de serre, de près de 17% d’ici 2030 (13% hors AFAT), par rapport aux émissions projetées selon le scénario «cours normal des affaires». Entre autres avancées, le rapport revient également sur l’adoption, dans le secteur de la construction, du Règlement thermique de construction, l’instauration par la loi sur l’efficacité énergétique de l’Audit énergétique obligatoire en matière de contrôle de la rationalité de l’utilisation des ressources dans les différents secteurs.

Toutefois, selon le conseil, des inquiétudes demeurent quant à l’avenir énergétique du pays. La première d’entre elles, soulevée dans le rapport, concerne la demande énergétique grandissante du pays. Selon celui-ci, la demande, renforcée par l’urbanisation croissante, le processus d’industrialisation du pays, le développement des transports ne manquent pas d’exercer des pressions sur les équilibres économiques du Maroc, rappelant que le pays importe environ 95% de ses besoins énergétiques.

À ce propos, selon le CESE, les derniers chiffres disponibles indiquent que la consommation d’électricité par habitant a augmenté à un rythme annuel moyen de près de 6% entre 1999 et 2015. Il rappelle en outre le défi qui se pose au-delà de l’impact économique. Le conseil relève à ce sujet que le rythme de progression annuel moyen d'émissions de CO₂ .par habitant, émanant de la combustion de carburants, a été, entre 2000 et 2014, plus rapide au Maroc comparativement à la cadence mondiale, soit 3,2% par an contre 1,2%. En outre, en termes d’intensité en CO₂, le Maroc émet 66,8 tonnes de CO₂ par térajoule d’énergie utilisée, contre une moyenne de 57,5 tonnes pour les pays hors OCDE et 53,7 tonnes pour les pays de l’OCDE. Parallèlement, en matière d’efficience énergétique, le CESE rappelle que le dernier rapport de la Banque mondiale (RISE 2016), analysant les politiques d’énergie durable, place le Maroc en milieu de classement (un score de 42 contre 88, meilleur score réalisé) sur 111 pays, derrière la Tunisie, les Émirats arabes unis, l’Algérie, la Jordanie, l’Afrique du Sud ou le Kenya. Toujours en matière de classements internationaux, le CESE note que selon l’indice World Energy Trilemma 2016, qui évalue les politiques énergétiques des pays en se basant sur trois critères, à savoir la sécurité énergétique, l’équité (accès de la population à l’énergie et à des tarifs abordables) et la durabilité (respect de l’environnement), le royaume occupe la 80e place sur 125 et, sur le volet de la sécurité énergétique, la 111e place sur 123. Des classements qui, selon le conseil, devraient pousser le Maroc à redoubler d’efforts et à accélérer ses programmes en matière d’efficacité et d’efficience énergétiques et ce, dans un souci de renforcement de la durabilité de la stratégie énergétique nationale.

Entre autres recommandations, le conseil suggère qu’une attention particulière soit accordée au caractère inclusif de la transition énergétique au Maroc, ce qui suppose de veiller à ce que les nouvelles énergies développées puissent permettre un accès à l’énergie à un coût abordable pour toutes les catégories sociales et de s’assurer que les zones les plus éloignées, notamment rurales, puissent bénéficier d’un service en adaptation continue à l’évolution de leurs besoins.

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