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Plus de 5 millions de têtes de moutons sont sacrifiées le jour de l'aïd. Une véritable aubaine pour les éleveurs, mais aussi pour d'autres corps de métier comme les tanneurs et les professionnels du cuir. Aujourd'hui, ces derniers demandent un meilleur traitement de ces peaux, dont une grande partie va dans les décharges publiques car non utilisables. Pour changer la donne, la Fédération des industries du cuir (FEDIC) appelle à l'ouverture des abattoirs communaux à des prix abordables. Décryptage.

Les Inspirations ÉCO : Comment le secteur du cuir profite-t-il de la période de l'aïd pour s'approvisionner en peaux de mouton?   
Hamid Ben Rhrido :  Nous avons mené une étude de collecte-dépôt avec le ministère de l'Industrie et les autres partenaires dont l'INDH, le ministère de l'Intérieur et l'ONSSA. L'objectif étant de mieux appréhender cette activité et d'améliorer son rendement. Aujourd'hui nous entamons la phase de sensibilisation auprès des professionnels et des différents acteurs dans le secteur du cuir. À ce propos, je lance un appel aux présidents des conseils de ville à travers le pays pour ouvrir leurs abattoirs mécaniques aux Marocains qui désirent sacrifier leurs bêtes. Il va falloir pratiquer, pour cela, des prix moins prohibitifs que ceux appliqués aujourd'hui, qui oscillent autour de 244 DH.

Pourquoi recourir aux abattoirs quand on peut le faire chez soi?
Lorsque les bêtes sont sacrifiées de manière professionnelle, leurs peaux restent intactes et peuvent être utilisées par les professionnels du cuir. Chaque année, les pertes en peaux avoisinent les 76 MDH, en termes de jours de travail manqués et en qualité. C'est un vrai manque à gagner pour la profession. Il faut que les communes changent d'approche à ce sujet. En effet, elles gagneront également en termes de gestion des déchets en peaux qui pullulent dans les décharges au lendemain de l'aïd. Je profite aussi de l'occasion pour demander aux Marocains d'utiliser deux sachets de sel pour saler les peaux de leurs moutons et autres bêtes de sacrifice et les laisser à l'ombre jusqu'au passage des collecteurs. Si les abattoirs deviennent accessibles et les peaux bien traitées, le secteur du cuir pourra atteindre l'autosuffisance en matière de peaux de mouton.

Que faites-vous alors pour assurer un bon approvisionnement tout au long de l'année?
Les professionnels importent aujourd'hui plus de 50% de leurs besoins en matière première de pays comme la France, l'Espagne, l'Italie ou encore l'Inde. Nous sommes obligés de nous tourner vers l'import car les conditions d'un approvisionnement satisfaisant et respectant les normes ne sont pas encore acquises. 

En février 2016, le secteur a signé des contrats de performances avec le ministère de tutelle. Où en êtes-vous par rapport à l'application des engagements y afférents?
Nous avons d'abord mis en place une Cellule d'animation pour expliquer aux professionnels le contenu de ces contrats de performances ainsi que les modalités d'application. Aujourd'hui, deux entreprises ont été choisies pour jouer le rôle de locomotive et 9 dossiers émanant de PME. Pour la première fois, un dossier a été accordé dans la région de Laayoune-Smara. Par ailleurs, le secteur du cuir est un secteur stable malgré la crise. Il a une bonne résilience et continue de progresser avec un chiffre d'affaires à l'export de 4,5 MMDH et une progression de 2,5% entre 2015 et 2016 dans la filière chaussure et 5% pour la maroquinerie et le vêtement en cuir, toujours durant la même période. Enfin, le secteur joue un rôle social de premier plan avec plus de 21.000 emplois directs, sans compter l'informel.

Qu'en est-il de la modernisation du secteur, qui semble traîner les pieds?
Cela dépend de plusieurs facteurs. Mais les structures d'accueil s'érigent en priorité, pour octroyer au secteur la place qu'il mérite. Je citerai à ce propos la zone industrielle de Aïn Chegag à Fès qui s'étale sur 40 hectares, et dont la convention est aujourd'hui prête. Cette zone est composée de deux tanneries modernes respectant les normes avec notamment une station d'épuration des eaux et une sécurité assurée. Cela fait vingt ans que l'on attend cette zone qui jouera un rôle majeur dans le secteur et modernisera les process de traitement des peaux. Nous voulons donc que le rythme de mise en place de cette zone connaisse une accélération. La deuxième zone industrielle s'appelle Casa City Shoes à Sidi Bernoussi; elle ambitionne de créer 4.500 emplois ainsi que plusieurs entreprises et extensions. Là aussi, il va falloir activer les choses, notamment au niveau de la région qui est devenue un partenaire. Aujourd'hui, le site est viabilisé et pas moins de 50 sociétés sont prêtes à s'y installer. Ce sont des sociétés qui louent actuellement des locaux entre 20.000 et 30.000 DH/mois et qui sont enthousiastes à l'idée de profiter d'une structure qui leur soit dédiée.

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