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20-03-2017 14:49

20-03-2017

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Économie

L’étude publiée, début mars, par le fonds d’investissement Partech Venture montre que sur 367 millions de dollars d’investissements captés par les startups africaines 109 millions de dollars sont allés au Nigeria qui a mené la course contre 980.000 dollars pour le Maroc qui fait son entrée dans ce classement.

En 2016, les startups africaines ont battu un record de levées de fonds qui se sont chiffrées à 367 millions de dollars (environ 3,6 milliards DH), en hausse de 33% par rapport à 2015 où ces dernières ont atteint 276 millions de dollars (environ 2,7 milliards DH). L’information a été rendue publique, début mars, par le fonds d’investissement Partech Ventures, dans le cadre de son analyse annuelle des financements en capital risque opérés sur le continent qu’elle mène depuis 2014 (voir méthodologie ci-dessous).

Selon l’étude, le gros de l’investissement capté par les jeunes pousses du continent continue d’être concentré dans les pays anglophones. En effet, en plus du Nigéria qui a mené la course avec ses 109 millions dollars de financement représentant 29,8% de l’investissement total, suivent juste derrière, respectivement en deuxième et troisième position, l’Afrique du Sud avec 96 millions de dollars US (26,4% du total) et le Kenya avec 92 millions de dollars (25,3% du total). Ces trois principales destinations d'investissement ont absorbé à elles seules 79,4% du financement total. Suivent, loin derrière, les pays d'Afrique francophone par rapport à qui Cyril Collon, Associé général chez Partech Ventures a observé que «cinq pays francophones (Sénégal, Côte d’Ivoire, Rwanda, Tunisie et Maroc ) ont attiré plus de 10% de l’investissement total, soit 37 millions de dollars (environ 3,7 milliards DH) contre seulement 2% en 2015 (6 millions de dollars). "Cela renforce notre conviction que cette partie de l’écosystème africain est appelée à produire elle aussi ses champions dans les années à venir». Le Rwanda, premier de ce groupe est parvenu à lever 16 millions de dollars. Il est suivi dans l’ordre par la Côte d’Ivoire (13 millions de dollars), le Sénégal (6,5 millions de dollars) et le Maroc (980.000 dollars). Un montant encore très faible pour le Royaume où une importante dynamique a été quand même engagée ces cinq dernières années en matière de création de startups.

En 2016, plus d’une cinquantaine de startups ont vu le jour dans le sillage de la COP22. Une année auparavant, cinq fois plus de startups ont été créées comparé à 2012. Le pays compte 250 startups et une vingtaine d’incubateurs et d’accélérateurs ciblant tout un éventail de marchés spécialisés. Parmi eux, on retrouve NUMA, l’accélérateur français associé à l’incubateur marocain Eiréné4Impact pour apporter au pays tout un réseau de mentors internationaux et encourager la collaboration et l’innovation.

Dans cet écosystème, on peut également citer Dare Inc fondé par le Centre marocain de l’innovation et de l’entreprenariat social (MCISE), l’Espace Bidaya développé par l’acteur français le Comptoir de l’innovation et le Cluster solaire spécialiste des technologies vertes. Et selon Samir El Aichaoui, ex-directeur du Centre marocain de l’innovation (MCI) «le Maroc exerce encore une forte attraction en matière de création de startups. Le Royaume offre un grand potentiel en tant que prochain puissant centre de startups dans la région d’Afrique du Nord». À côté de cette dynamique de création, les levées de fonds sont encore très, très timides. Le Maroc numeric fund (MNF), créé par la CDG, en partenariat avec la BCP, BMCE Bank of Africa et Attijariwafabank, est actuellement le seul investisseur en capital-risque présent sur le marché marocain des startups. Créé en 2009 avec une valorisation s’élevant à 100 millions de DH (environ 10 millions de dollars), MNF investit entre 1 et 4 MDH dans les startups informatiques, avec la possibilité d’une enveloppe supplémentaire en échange de prise de positions dans l’actionnariat des sociétés bénéficiaires. En matière d’amorçage, le Réseau marocain entreprendre (REM) octroie des «prêts d’honneur» à hauteur de 10.000 dollars. Tandis que Eiréné4Impact offre des financements allant jusqu’à 150 000 dollars. Parallèlement, le MCISE offre également des prêts et subvention pouvant aller jusqu’à 4 MDH. C’est également le cas de la branche entrepreneuriat de l’OCP qui, via son réseau OCP Entrepreneurship Network, cherche à investir sur le créneau des startups. Quant aux banques, elles ne font rien pour aller vers ce créneau qu’elles jugent très risqués.

En effet, aucune d’entre elles ne s’aventurent dans la création pour accompagner l’amorçage des startups. «Nous ne sommes pas chargés de former et d’accompagner les startups dans leur phase de création. Ce n’est pas notre métier», nous a confié un banquier lors d’une rencontre sur les startups à Rabat. Tous attendent que le porteur commencent effectivement à vendre pour l’accompagner. Même Maroc PME, qui veut lui aussi, créer un programme dédié aux startups ne choisira que celles qui ont dèja des clients.   


Méthodologie de l’enquête

L’enquête a porté sur 77 startups technologiques. Pour cette analyse, Partech Ventures, le fonds d’investissement basé en France, aux États-Unis et en Allemagne, a considéré les données limitées à certains types de transactions et de startups. Les numéros ne comprennent que les transactions supérieures à 200.000 dollars. Les numéros excluent toute opération de subvention ou de dette. Les chiffres excluent également volontairement ce que nous appelons «mégadeals», c'est-à-dire supérieur à 100 millions de dollars. Les nombres englobe les startups africaines définies par l'orientation du marché. Pour les entreprises en démarrage ayant une présence locale dans plus d'un pays africain, seul un pays d'exploitation principal a été identifié et c'est là que l'investissement est comptabilisé. 

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