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Économie

Discrimination sur le marché du travail, accès difficile au financement... Les femmes font face à plusieurs obstacles dans l’accès au monde économique et entrepreneurial. Une discrimination qui se traduit par un manque à gagner en termes de création des richesses et de l’emploi.

Les femmes marocaines continuent à faire face à d’importants obstacles qui entravent leur pleine participation économique. Tel est le constat amer que vient de dresser la Direction des études et de la prévision financière et OCP Policy dans une étude intitulée «Égalité de genre, politiques publiques et croissance économique au Maroc».

Le Maroc est ainsi classé parmi le dernier cinquième des pays en termes de participation féminine au marché du travail, qui demeure caractérisé par une tendance baissière au cours des deux dernières décennies. Cette tendance est essentiellement attribuée aux femmes vivant dans les zones urbaines et est davantage perceptible chez les jeunes femmes.

L’étude indique que d’importantes inégalités d’accès à l’emploi et, dans une moindre mesure, des inégalités salariales affectent les femmes marocaines sur le marché du travail. «L’inégale répartition des emplois en défaveur des femmes pose la question de l’existence d’une discrimination à l’embauche sur le marché du travail», soulève l’étude, qui pointe un constat alarmant: les femmes urbaines sont plus concernées par le chômage et souffrent d’une discrimination apparente à l’embauche, notamment les femmes diplômées de niveau supérieur. Les femmes rurales, quant à elles, souffrent d’une discrimination flagrante en termes d’accès à une rémunération équitable. L’écart entre l’activité des deux sexes est davantage significatif en milieu urbain, où le taux d’activité des hommes est plus de trois fois supérieur à celui des femmes, contre un écart de plus du double en milieu rural.

Discrimination à multiples facettes
Par ailleurs, l’étude précise que selon le niveau scolaire, le profil des femmes actives demeure limité dans deux catégories: les femmes rurales sans niveau scolaire travaillant majoritairement comme aides familiales et les femmes citadines de niveau scolaire supérieur, généralement au chômage et à la recherche d’un premier emploi. Toutefois, la part des femmes dans la population active féminine sans niveau d’instruction a reculé au profit d’une hausse de la proportion des femmes ayant effectué des études supérieures au niveau national et en milieu urbain. L’écart entre les femmes et les hommes actifs selon leur niveau d’instruction est significatif pour le niveau supérieur. Cette situation s’explique par le poids élevé des femmes de niveau supérieur en situation de chômage dans la population active féminine, en particulier en milieu urbain.

En termes d’emploi, l’écart entre les deux sexes est significatif, comme en témoigne l’évolution de la parité homme/femme au niveau de l’emploi indiquant que les hommes sont 3 fois plus nombreux que les femmes à occuper un emploi. L’analyse par milieu de résidence indique que la parité homme/femme est plus inégalitaire en milieu urbain qu’en milieu rural (4 fois en milieu urbain et deux fois en milieu rural). Les femmes sont surtout employées dans les secteurs à faible productivité. Huit femmes sur dix travaillent comme aides familiales en milieu rural et comme salariées en milieu urbain. L’étude note aussi que l’écart de parité homme/femme en milieu rural s’explique beaucoup plus par l’importance de l’inactivité féminine par rapport aux hommes que par les difficultés d’accès à l’emploi. Bien que ces deux phénomènes soient liés, les femmes rurales sont majoritairement analphabètes et inactives. Elles accèdent sans difficulté au marché du travail comme ouvrières et manœuvres agricoles ou comme aides familiales.

Auto-emploi
Par ailleurs, les femmes marocaines ont un accès limité à l’auto-emploi. Selon les conclusions de l’étude, elles se heurtent à des obstacles lorsqu’elles désirent accéder à l’entrepreneuriat, notamment le manque de financement, les pratiques anticoncurrentielles ainsi que les contraintes administratives et foncières liées à la création d’entreprises. Si ces contraintes sont partagées autant par les hommes que par les femmes, le facteur culturel et social demeure important et spécifique pour les femmes. Or «la présence des femmes dans le monde entrepreneurial est jugée primordiale du fait qu’elle favorise le renforcement de la compétitivité, la création d’emplois, l’insertion professionnelle, le renforcement significatif de la création et de la répartition égale de la richesse et la réduction des inégalités», jugent les rédacteurs de l’étude.

En revanche, les femmes marocaines adhèrent de plus en plus aux Initiatives de l’économie sociale et solidaire qui donnent plus d’opportunités à l’implication de la femme dans la vie active par l’exercice d’une activité génératrice de revenus et d’emplois. De plus, les femmes qui ne sont pas employées s’engagent dans le secteur informel et dans des activités de petite production relatives aux secteurs de l’artisanat, du commerce ou des services, afin de disposer d’un complément de revenus, ou d’accéder à une occupation dans l’attente d’un emploi plus stable. Par ailleurs, la situation des hommes dans le secteur informel est comparable à celle des femmes et est en lien avec la baisse du taux de rendement du capital humain pour les deux sexes.

Enfin, l’étude signale que la discrimination à l’égard des femmes peut également être appréhendée par leur taux de chômage élevé, en particulier, celui des citadines diplômées. Le marché de l’emploi reflète ainsi un aspect sélectif en faveur des hommes diplômés de niveau supérieur et moyen. Pis, malgré le recul des disparités salariales entre hommes et femmes, à niveaux académiques et expériences professionnelles égaux, des écarts persistent toujours. Les femmes gagnent environ 17% de moins que les hommes. 

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