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Problèmes de financement, d'accès aux grands marchés, mais aussi de formation et d'accompagnement, les maux de l'agriculture solidaire. Les GIE plus flexible et mieux gérés, mais souffrent de plusieurs maux comme l'informel, la concurrence déloyale…

Plus des deux tiers des 17.500 coopératives que compte le Maroc sont à caractère agricole, suivies de celles de l'artisanat avec 14%. D'où l'importance que les pouvoirs publics accordent à ces structures, dont le nombre a triplé durant la dernière décennie. Elles représentent l'avenir d'une agriculture marocaine qui ambitionne d'améliorer la chaîne de valeur et d'avoir un accès plus facile aux marchés et aux sources de financement. C'est dans cet esprit que l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) au Maroc et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) ont élaboré une étude dont les premiers résultats ont été dévoilés en fin de semaine dernière à Rabat. L'étude sera encore peaufinée pour être livrable dans un mois, selon une source du ministère de l'Agriculture.

En tout cas le document dont Les Inspirations ÉCO détient copie, apporte un éclairage assez intéressant sur les coopératives, unions et Groupements d'intérêt économique (GIE) agricoles. Premier constat, selon la filière, le potentiel de croissance change. Si le potentiel est élevé pour le maraîchage et agrumes et moyen pour l’argan, le lait, les oasis et les olives, il reste faible pour la viande rouge, l’arboriculture et le miel. Mais il faut reconnaître qu'il est très difficile de cerner la réalité des coopératives, géographiquement dispersées et dont le rendement dépend également des spécificités régionales et locales.

L'étude en est venue au fait que si les coopératives dans le maraîchage, les agrumes et le lait sont matures et compétitives, elles sont néanmoins confrontées à un gros problème de pénurie d'eau. Quant à l'arganier, qui n'est pas très consommateur d'eau, quand bien même le potentiel à l'international soit important, les obstacles liés à la compétitivité et aux capacités d'investissement grèvent les coopératives. Dans les oasis et les zones dédiées à l'oliveraie, les problèmes de qualité et de sensibilisation des consommateurs limitent le bénéfice que les coopératives peuvent tirer de la croissance des marchés domestique et international. Ce premier diagnostic vise, primo, à chercher les moyens à même de faire des coopératives un vrai levier de développement de l'agriculture au Maroc. Secundo, à mettre en avant les opportunités d’investissement pour les rendre plus efficaces. Car, les limitations au niveau de l'investissement rendent ces filières pas assez attractives pour l'investisseur étranger. Cela se traduit par une lente formation du capital. Constat positif, l'étude affirme que le cadre légal régissant les coopératives est flexible bien que traditionnel. Il est aligné avec les principes internationaux et qualifié de démocratique et basé sur les services aux membres. Il offre par ailleurs la possibilité d'alliances avec des sociétés de capital privé.

Enfin, l'étude constate que les GIE sont plus flexibles en leur gouvernance et gestion du capital. Toutefois, la situation sur le terrain est moins idyllique comme le confie aux ÉCO, Abdellatif Chaoui, president du GIE, Jnane Ouezzane. Il pointe du doigt la fiscalité (essentiellement la TVA) qui reste imposable, selon lui, aux sociétés membres des GIE. Ceci bien qu'initialement dans la loi, un groupement est exonéré. Chaoui se plaint aussi de la concurrence déloyale de l'informel et de ceux qui ne cherchent que les subventions.

En effet, chaque GIE créé profite d'une subvention de 15 MDH (50% émanant du Millenium Challenge Account, 30% de l'État et 20% du bénéficiaire). Enfin, ajoute notre source, les banques ne suivent pas. Bien que fortement subventionnées, les coopératives peinent à percer dans certaines filières où l'action collective est peu favorisée. Globalement aussi, les coopératives manquent de savoir-faire tandis que l'appui technique disponible est encore limité en temps et en thématiques.


Pilier du Plan Maroc Vert

Presque trois années sont passées depuis le lancement de la feuille de route qui prévoyait la création de plus de 2.000 coopératives par an entre 2014 et 2020. Initiative louable, mais qui reste confrontée à l'éclatement des filières et à la taille très petite des coopératives. Justement, la taille ou masse critique est très importante pour pouvoir négocier avec les acheteurs européens et internationaux. C'est là le point nodal qui mérite réflexion et qui conditionnera à l'avenir l'essor de ces structures agricoles et agroalimentaires organisées. Surtout pour ce qui est des cultures à forte valeur ajoutée comme l'olive, l'argan et les agrumes. La filière céréalière mérite aussi une halte, car les coopératives y sont les moins bien gérées, alors que les cultures céréalières sont le pilier de toute politique de sécurité alimentaire. L'accompagnement pas uniquement au lancement, la formation à la gouvernance et à la gestion ainsi qu'un cadre légal et fiscal clair sont les prérequis pour, et maintenir le cap, et faire des coopératives un pilier du Plan Maroc Vert.

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